L'année des grands retours

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François Gagnon
La Presse

Un des bons côtés du lock-out qui paralyse la LNH pour la 112e journée ce matin, c'est qu'il permet de renouer avec des petits plaisirs trop souvent négligés.

Sans dresser une liste exhaustive et un brin compromettante de tous ces plaisirs, disons que l'idée de profiter de l'absence de la LNH pour m'écraser sur le divan et suivre le premier week-end des séries éliminatoires dans la NFL occupe une place de choix sur cette liste.

Les duels Vikings-Packers et Bengals-Texans, même si les Bengals ont éliminé les Steelers, me sourient plus que le match que le Canadien devait disputer aux Maple Leafs, ce soir, au Centre Bell.

Et puisqu'il est acquis que Michel Therrien n'annulera pas le congé dominical pour diriger un entraînement punitif au lendemain d'une autre sortie lamentable du Tricolore, je pourrai davantage me faire plaisir demain avec les duels Colts-Ravens et Seahawks-Redskins.

Ça promet!

Le coeur avec Pagano

Plus encore que la course au titre de recrue de l'année que disputent Andrew Luck, Robert Griffin III et Russell Wilson, c'est celle au titre de joueur ayant réalisé le plus beau retour qui impressionne cette année.

S'il n'avait pas troqué son casque protecteur pour des écouteurs à sa sortie des rangs universitaires, Chuck Pagano serait en lice pour ce titre.

Entraîneur-chef des Colts d'Indianapolis, Pagano a repris son poste la semaine dernière après un combat expéditif qu'il a gagné contre une leucémie diagnostiquée en septembre.

L'histoire de Pagano a fait le tour de la planète football. Les photos des joueurs et de meneuses de claque qui se sont rasé la tête en guise de soutien à leur entraîneur aussi.

Pagano ne gagnera pas ce titre. C'est évident. Mais l'ampleur de sa contribution comme source d'inspiration et de motivation pour son équipe, combinée à l'excellence du travail de son coordonnateur à l'attaque Bruce Arians, venu en relève pendant 12 semaines, devrait valoir à ce duo le titre d'entraîneur-chef de l'année.

Manning ou Peterson

Qui héritera du plus beau retour dans la NFL? Deux choix seulement. Mais quels choix, alors que Peyton Manning et Adrian Peterson sont à égalité.

L'histoire de Peterson n'est rien de moins que sensationnelle. Opéré le 30 décembre 2011, le demi offensif des Vikings s'est fait reconstruire l'articulation du genou gauche par le chirurgien James Andrews, le même qui a opéré Andrei Markov du Canadien. Il faut croire que le chirurgien a eu la main plus heureuse avec Peterson qu'avec Markov. Ou que le genou du joueur des Vikings est plus fort que celui du défenseur du Canadien. Car non seulement le genou de Peterson a tenu le coup malgré des changements de direction plus brusques au football qu'au hockey et des coups plus solides que ceux encaissés par Markov, mais le porteur de ballon a récolté 2097 verges au sol cette année. Neuf verges de moins que le record de la NFL détenu par Eric Dickerson.

Le fait que les Vikings comptent sur une attaque aérienne moribonde rend plus grandiose encore cette récolte et ce retour. S'il n'en tenait qu'à mon collègue Miguel Bujold qui vous offre ses projections sur les matchs de demain dans le texte ci-dessus, Peterson serait déjà décoré du titre de joueur le plus utile de la saison 2012.

Mais parce que Peyton Manning est redevenu, à Denver, le grand maître qu'il était à Indianapolis avant de rater toute la saison 2011 en raison d'une blessure à la nuque, le quart des Broncos pourrait bien hériter du titre de MVP. Ses 4659 verges de gains par les airs (moyenne de 1746 cette année dans la NFL), ses 37 passes de touché (moyenne de 10) contre seulement 11 interceptions, augmentent les chances de victoire de Manning aux dépens de Peterson. Et des autres qui joueront un rôle de figurant dans cette course.

Après tout ce qu'il avait réalisé avec les Colts, un Super Bowl, un titre de meilleur joueur de cette classique, 12 présences au Match des étoiles, avec ses quelque 250 millions en gains* - dont 174 millions en salaires -, Manning aurait pu raccrocher ses crampons. Pas question.

Sûr de pouvoir non seulement revenir au jeu, mais exceller sur le terrain, Manning a confondu tous les sceptiques.

Bien que l'argent ne soit pas une source de motivation ou d'inquiétude chez les Manning, le grand Peyton a retrouvé sa place parmi les meilleurs quarts actifs de la NFL. Parmi les meilleurs quarts tout court, justifiant ainsi son salaire de 18 millions cette année, s'il est vraiment possible de justifier un tel salaire.

En terminant la saison régulière sur la liste des joueurs actifs et non sur celle des joueurs blessés, Manning s'est aussi assuré de toucher les 20 millions prévus à son contrat pour chacune des deux prochaines saisons.

Petite prédiction: si le titre de joueur le plus utile de la saison échappe à Peterson, il héritera de celui ayant réalisé le plus beau retour. Si Peterson est désigné MVP, Manning héritera du prix du plus beau retour en guise de consolation. Et il se reprendra l'an prochain pour le titre de joueur par excellence.

Le lock-out dans tout ça?

Parce que je suis aussi tanné que vous de décrire le jeu de fou auquel se livrent la LNH et ses joueurs en lock-out, de tenter de trouver un brin de bon sens dans tout ce cirque qui ne soulève maintenant que du cynisme et de spéculer sur le moment où un éclair de génie foudroiera cette bande de sans-génie qui pourrait bien annuler une deuxième saison complète en huit ans, on attend.

Mais au lieu d'afficher plus d'impatience que ces gâtés pourris par la vie - joueurs comme propriétaires - en attente d'un dénouement, je vais me tourner en fin de semaine vers la NFL, vers la PGA qui fait sa première escale de l'année à Hawaï, vers Toronto où ma fille et ses coéquipières des Pirouettes de Laval comme leurs rivales des Suprêmes de Saint-Léonard tentent de se qualifier en vue des championnats du monde de patinage synchronisé en Finlande, vers des arénas de quartier pour les matchs des Rangers Bantam BB de Laval Est et du National Bantam CC, vers Oufa où seront disputés les derniers matchs du Championnat du monde de hockey junior.

Ça permettra de mettre ce damné lock-out dans la LNH là où il doit être: de côté. Du moins jusqu'à lundi.

* Tous les chiffres des contrats de Peyton Manning sont tirés de la revue spécialisée Forbes.

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