LNH: des heures bénéfiques

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François Gagnon
La Presse

Comment illustrer les dernières heures du conflit qui paralyse la LNH depuis 110 jours et les prochaines qui seront à leur image? En imaginant le commissaire Gary Bettman et le directeur général de l'Association des joueurs Donald Fehr accroupis autour d'une bombe à retardement.

À grands coups de propositions et de contre-propositions, Bettman et Fehr tentent de désamorcer cette bombe. Une bombe bien banale lorsqu'elle a été confectionnée l'automne dernier, mais une bombe qu'ils ont sérieusement compliquée au cours des trois derniers mois en ajoutant des fils multicolores pour se piéger l'un et l'autre.

Sans trop savoir combien de temps il reste avant la déflagration, Bettman suggère de couper les fils bleus et blancs pour stopper le décompte. Fehr suggère de s'attarder aux fils jaunes et noirs.

Pas évident!

Et comme ils n'affichent pas la moindre confiance l'un envers l'autre, ils attendent le geste maladroit de leur rival qui pourrait tout faire sauter.

Car oui! Au-delà de l'optimisme qui règne à New York depuis dimanche, il est encore possible que tout éclate avant la date limite (11 janvier) fixée par la LNH et qu'il soit impossible de sauver ce qu'il reste à sauver de la saison 2012-2013.

Affrontements évités

La multiplication de propositions et contre-propositions depuis vendredi a forcé les deux parties à passer beaucoup plus de temps à analyser, réfléchir et rédiger qu'à négocier comme tel.

Contrairement à plusieurs qui associent ces procédures à des pertes de temps, j'ai l'impression que ces heures passées en caucus plutôt qu'à la table de négociations ont été bénéfiques au processus. En réduisant le nombre de rencontres directes, Bettman et Fehr ont minimisé les risques d'explosion dans le cadre des discussions.

Les commentaires et analyses de Bettman et Fehr sont demeurés brefs et polis. D'autres bonnes nouvelles pour ceux et celles qui misent encore sur un règlement du conflit.

Un règlement que les collègues amassés sur le trottoir devant les bureaux de la LNH depuis dimanche considèrent comme imminent. Bien que je sois loin de New York, j'ai tendance à être d'accord avec eux.

Mais il est important de rappeler que le 5 décembre dernier, après une longue journée de négociations, Bill Daly et Steve Fehr, très détendus et encouragés par les pas-de-géant franchis, avaient tenu un point de presse conjoint. Les numéros deux de la LNH et de l'Association des joueurs avaient même accepté de le reprendre pour satisfaire une équipe de télévision qui avait raté le premier.

Moins de 24 heures plus tard, alors que Fehr annonçait de façon précipitée, mais stratégique, que le conflit était pratiquement réglé, Gary Bettman assurait le contraire en retirant de la table tout ce que quatre propriétaires envoyés en guise de Casques bleus avaient déposé quelques heures plus tôt.

D'où l'importance d'afficher un brin de scepticisme.

Bien que Gary Bettman ait fixé au 11 janvier la date limite pour en venir à une entente, je crois qu'il faudra s'entendre quelques jours avant cette date butoir pour permettre l'ouverture des camps d'entraînement.

Car en raison de l'animosité - voire de la haine - qui oppose les deux parties, je suis loin d'être convaincu que la LNH ou les joueurs accepteront de reprendre toute activité sur les seules bases d'une entente de principe. Les avocats des deux parties devront donc rédiger une convention qui sera ensuite ratifiée avant que les portes des vestiaires soient déverrouillées et que les joueurs y mettent les pieds.

Régime de retraite

Dans les coulisses des bureaux de la LNH et de l'hôtel où les joueurs se regroupent entre les rondes de négociation ou d'échange ou encore de réception de propositions et de contre-propositions, il appert que le régime de retraite est redevenu litigieux. C'est surprenant puisqu'une entente sur ce plan semblait acquise depuis bien avant la première neige.

Est-ce un problème majeur?

Pas vraiment. Bien qu'il soit à des lieues du régime de retraite de la NFL ou du baseball majeur, je ne peux croire une seconde que la Ligue ou les joueurs annuleraient la saison sur cette seule question.

De plus, si le régime de retraite occupe toute l'attention depuis deux jours, on peut croire, de façon prudente, que les durées de la convention (10 ans avec l'option accordée aux deux parties d'en sortir après huit ans) et des contrats (six ans maximum, ou sept dans le cas d'un joueur autonome demeurant avec la même équipe), et que la fluctuation maximale de 10% du salaire annuel et le montant de transition (300 millions) pour amortir la chute de 57% à 50% de la portion des revenus de la LNH versée aux joueurs sont réglés.

Ou à peu près...

Reste le plafond salarial, qui serait limité à 60 millionsde dollars dès 2013-2014 selon l'offre déposée vendredi par la LNH. Cette limite a sans doute fait l'objet d'une fluctuation au rythme des propositions et contre-propositions échangées au cours des derniers jours. Mais les chiffres précis sont demeurés secrets.

Ce qui est aussi une bonne nouvelle. Car ce n'est qu'une fois à bout de nerfs et convaincus d'être rendus dans un cul-de-sac que Bettman et Fehr ont ouvert leur jeu et décidé de négocier sur la place publique. Leur mutisme est donc une source d'optimisme pour ceux qui espèrent assister à une saison de 48 matchs plutôt que de voir une deuxième saison entière être annulée en huit ans.

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