Opinions partagées sur les combats extrêmes

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François Gagnon
La Presse

J'aurais dû défendre le golf à titre de plus grand sport jamais pratiqué; la pétanque à titre de sport le plus exigeant sur le plan cardiovasculaire; les fers à titre de sport le plus stratégique qui soit.

Le feu nourri de critiques et d'insultes serait venu d'une seule et même direction. Il aurait été plus facile à parer, voire à ignorer.

Mais non!

En ouvrant la porte aux réalités positives des combats extrêmes et en convenant des succès retentissants et de la popularité exponentielle de l'UFC, j'ai eu droit à un lynchage féroce curieusement mené par des apôtres de la non-violence. C'est du moins ce qu'ils prétendent.

Heureusement que René et son ouverture d'esprit, qui outrepasse le dégoût qu'il affiche pour les combats extrêmes, m'a permis d'avoir un échange raisonnable autour de la table de C'est bien meilleur le matin, hier.

Sur l'autre front, ce n'était guère mieux.

En insistant sur ce que les combats extrêmes ont de moins beau, de laid et de très laid, j'ai eu droit au même traitement de la part de purs et durs, qui soulignent le fait que l'UFC n'est pas un repère pour les mauviettes.

Ah bon!

Au milieu de tout ça, un bon mot de Geneviève Blouin, elle-même adepte des arts martiaux mixtes, qui a aimé les nuances. Ça soulage. Parce que de toute évidence, combats extrêmes et nuances sont loin de faire bon ménage.

Passionné de l'UFC

Parmi les quelque 17 000 personnes entassées dans le Centre Bell samedi, plusieurs milliers étaient là pour Georges St-Pierre. D'autres y étaient par simple curiosité.

Ce n'était pas le cas de Mathieu Dandenault. L'ancien défenseur du Canadien et des Red Wings de Detroit, maintenant à TVA Sports, est appelé à parler de hockey. Quand il y en a...

Sa passion sportive est toutefois l'UFC.

«C'est le 154e gala ce soir. J'étais au troisième présenté à Detroit. J'ai suivi tous les autres. Je connais tous les combattants. Il ne se passe pas une journée sans que je consulte un des nombreux sites internet consacrés exclusivement à l'UFC pour savoir ce qui s'en vient», a raconté Dandenault entre les deuxième et troisième combats.

Sanguinaire, l'ancien défenseur? Pas vraiment, non. En 13 saisons dans la LNH, il a laissé tomber les gants 10 fois. Peut-être 11. Sans jamais obtenir beaucoup de succès.

Ce que Dandenault aime de l'UFC?

«La force des gars, leur forme physique, la stratégie, les prises multipliées sur le tapis pour fatiguer et dominer l'adversaire au point de le pousser à la soumission. Parce qu'il y a du sang, parce que presque tous les coups sont permis, ceux qui détestent ce sport ne voient que ça. Mais un combat extrême, c'est aussi un combat d'échecs.»

Cela dit, Mathieu Dandenault n'aime pas tout de l'UFC. À commencer par les octogones, qui devraient être repensés. «C'est ce que je déteste le plus. La cage ne rend pas justice au sport et aux combattants.»

C'est bon de savoir que je ne suis pas seul dans ce clan.

Le Torontois David Wolfe a assisté au gala... (Photo: Bernard Brault, La Presse) - image 2.0

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Le Torontois David Wolfe a assisté au gala de l'UFC, samedi au Centre Bell, avec son fils Brandon.

Photo: Bernard Brault, La Presse

Soirée père-fils

Aperçus dans les gradins du Centre Bell, samedi, de nombreux hommes, dans la jeune trentaine en moyenne. Beaucoup de couples aussi. Les dames, en tenues de soirée bien plus qu'en jeans, semblaient aimer le spectacle - ou les abdos des combattants.

Venu de Toronto, David Wolfe, assis en contrebas de l'octogone, à deux enjambées de ma place de travail, attirait l'attention. Pas juste parce que Lucian Bute était assis à trois sièges sur sa droite. Mais surtout parce que son fils Brandon, 12 ou 13 ans tout au plus, tranchait avec les autres adeptes assis au parterre.

Mince comme un clou, Brandon Wolfe n'a pas la moindre intention de suivre ses idoles dans l'octogone. Il m'a même assuré - son père n'écoutait pas - ne s'être encore jamais battu dans la cour d'école ou ailleurs.

Pourquoi alors être à 10 pieds de l'arène? Pour se rincer l'oeil et croiser le sourire - entre autres - de Brittney Palmer, l'une des deux spectaculaires «ring girls» dépêchées à Montréal pour l'UFC 154?

«Pas du tout, je suis ici parce que ces combattants sont mes idoles et parce que je veux garnir mon carnet d'autographes», a plaidé le jeune ado, qui est reparti heureux.

En effet, tous les combattants qui ont défilé devant lui, tous ceux qui l'ont vu, qu'ils soient gagnants ou perdants, se sont arrêtés pour ajouter leur signature à sa collection. Pour celle de Brittney, il pourra se reprendre dans quelques années...

Quand j'ai demandé à David Wolfe s'il était conscient que sa décision de traîner un si jeune ado à l'UFC 154 ouvrait la porte à des questions, des critiques, voire des condamnations, il a reconnu que cette sortie père-fils n'avait rien d'orthodoxe.

«J'aime mieux qu'il soit témoin de la réalité plutôt que cloué à un jeu vidéo. Qu'il soit conscient de ce que ces combattants vivent, dans la victoire comme dans la défaite. Qu'il soit à même de comprendre que contrairement au monde virtuel, tu dois composer avec des conséquences pas toujours plaisantes dans la vraie vie.»

On est loin de la Vieille maison du spaghetti, où mon père me conduisait quand il avait des leçons de vie à me transmettre. Autres temps, autres moeurs, autres nuances, il faut croire...

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