Nordiques: et si Bell revenait hanter Quebecor...

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François Gagnon
La Presse

Je ne sais pas si c'est de la jalousie, de l'envie ou un heureux mélange des deux: mais à voir tout ce beau monde qui défile à Sagard, le majestueux domaine de mon grand patron au coeur de Charlevoix, je ne peux m'empêcher de rêver que j'y serai un jour invité moi aussi.

N'ayez crainte boss: je ne vous demanderais pas d'augmentation de salaire. Je me contenterais, et le mot est faible, de disputer une ronde - ou deux - sur votre parcours de golf. L'un des plus beaux du monde si je me fie aux commentaires de tous ceux qui ont eu le plaisir d'y jouer: de Tiger Woods à quelques présidents des États-Unis en passant par le commissaire de la LNH, Gary Bettman.

Tenez, puisqu'on parle de Bettman, est-ce vrai que la Ligue nationale vous intéresse? Je vous demande ça en passant, parce que c'est mon job. Mais aussi parce que ce serait un grand coup de marketing d'être finalement celui qui a orchestré le retour des Nordiques à Québec. Vous feriez bien des heureux.

Vous auriez aussi en main le véhicule parfait pour faire votre entrée à la vitesse grand V sur toutes les nouvelles platesformes de diffusion de l'information. Vous pourriez même profiter de l'occasion pour faire l'acquisition d'un réseau de télé, histoire de boucler la boucle.

Quoi?

Vous avez déjà déclaré par le biais de votre vice-président aux affaires publiques que ni vous, ni les membres de votre famille, ni votre compagnie Power Corporation ne souhaitiez faire le saut dans l'aventure du hockey de la LNH à Québec.

C'est vrai que c'est clair. Je ne vous achalerai donc plus avec ce sujet. Mais pour le golf: on fixe une date quand même ou j'oublie ça?

Le retour de Bell

L'affirmation sans équivoque du grand boss me désole un brin. Car, je croyais qu'on avait enfin identifié le mystérieux deuxième groupe intéressé à ramener le hockey à Québec comme l'avait décrit Bill Daly, le bras droit de Gary Bettman, en décembre dernier.

Qui donc alors se cache derrière ce deuxième groupe?

Un observateur bien au fait de ce qui se trame dans les affaires, petites, moyennes, grosses et très grosses au Québec et au Canada, m'a laissé entendre qu'un seul groupe pouvait rivaliser avec Pierre Karl Péladeau et Quebecor. Ce groupe est Bell.

Comme l'écrivait mon collègue Philipe Cantin il y a tout juste un an, Bell et evenko, le volet spectacle du Canadien de Montréal, se sont liés l'an dernier pour obtenir la gestion du futur Colisée à Québec.

Ils ont perdu. Quebecor a gagné.

Déjà copropriétaire du Canadien, Bell s'est ensuite associée à son rival Rogers pour faire l'acquisition des Maple Leafs de Toronto, des Raptors et de l'Air Canada Centre au début du mois de décembre dernier. Une transaction qui a coûté la bagatelle de 1,32 milliard.

Bell reviendrait maintenant à la charge à Québec?

C'est difficile à croire. Surtout qu'elle devrait commanditer sous peu le nouvel amphithéâtre qui sera construit à Laval pour servir de domicile au club-école du Tricolore et de salle de spectacle.

Ça fait beaucoup non?

«Oui. Mais la seule question qui importe est: est-ce que ce sera rentable? Et la réponse est oui. Pas à court terme, parce que le Colisée actuel ne permet pas de faire assez d'argent avec la vente des billets, mais ça prend une compagnie comme Bell pour être en mesure d'assumer les pertes initiales pendant trois ou quatre ans avant de faire des profits», nous expliquait notre source.

Guerres à prévoir

Tout ça est bien beau. Mais la LNH limite les pourcentages de participation d'une même compagnie au sein de ses équipes. Associée à moins de 30% dans un marché, une société peut l'être aussi à moins de 10% au sein de deux autres équipes. Impossible alors pour Bell d'avoir les deux pieds ancrés dans les vestiaires du Canadien et des Leafs et de rivaliser ensuite avec Quebecor qui a le champ libre à Québec.

«C'est vrai. Mais il y a plusieurs façons de calculer le pourcentage de participation. Si Bell met une part et va en chercher une autre dans le régime de retraite de ses quelque 70 000 employés (stratégie utilisée à Toronto), ça donne le contrôle de l'équipe. Il est facile, ou plus facile ensuite, de trouver d'autres associés et de compléter la transaction», a répliqué notre source.

Il manquerait quand même un ou deux partenaires. Quebecor qui détient les droits de gestions du nouveau Colisée pourrait-elle s'associer alors à Bell comme Bell et Rogers l'ont fait à Toronto?

«Jamais! Bell et Quebecor sont non seulement des ennemies, mais elles sont en guerre. Et le marché du Québec n'est pas assez grand pour que les deux géants se le partagent et fassent leurs frais. Avec les Leafs et les Raptors, Bell et Rogers frappent à la grandeur du pays. Les Nordiques serviront de plateforme provinciale. Mais c'est une très belle plateforme pour l'entreprise qui rapatriera le hockey à Québec.»

Il reste encore deux os. Des gros. Les gens de Québec accepteraient-ils que le propriétaire des Nordiques soit aussi propriétaire des ennemis jurés de Montréal et des Anglais de Toronto?

Pas évident!

Disons aussi que Bell obtienne les Coyotes et que la LNH autorise leur déménagement. Comment Bell et Quebecor cohabiteraient-elles dans un Colisée géré par Pierre Karl Péladeau?

«Ce n'est pas évident. Il y aurait un grand jeu de négociations. Mais avec le retour possible des Nordiques, aucune entreprise ne pourrait prendre le risque de porter la responsabilité de l'avortement de la transaction. Elles seraient condamnées à s'entendre.»

Plus facile à dire et à écrire qu'à faire...

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