Toujours la faute du coach!

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François Gagnon
La Presse

Avis à tous ceux, et ils sont nombreux, qui réclament sa tête: Jacques Martin sera congédié. Il le sait depuis le moment où il a signé le contrat de quatre ans que Marcel Aubut a négocié pour lui avec Pierre Boivin et Bob Gainey, alors président et directeur général du Canadien.

Il ne reste qu'à décider la date de ce congédiement.

Parce que le Tricolore patine dans le sable, parce que Jacques Martin est associé à un style éteignoir, que son équipe ne marque pas, ou pas assez, et qu'il n'est pas le plus flamboyant des coachs à avoir défilé derrière le banc à Montréal, plusieurs partisans déçus voudraient qu'il soit remplacé. Et le plus vite serait le mieux.

Ils chantent même en choeur les noms de ceux qu'ils voudraient voir hériter du job. À défaut de pouvoir rapatrier Guy Boucher de Tampa Bay, les amateurs francophones se rangent derrière Patrick Roy, qui dirige les Remparts de Québec, et Bob Hartley, présentement à la barre des Lions de Zurich, en Suisse. Quant aux Anglos, ils ne jurent que par Kirk Muller. L'ancien capitaine a quitté son poste d'adjoint avec le Canadien le printemps dernier pour accepter le poste d'entraîneur-chef des Admirals de Milwaukee, le club-école des Predators de Nashville.

Les doléances des partisans et les sorties fracassantes des observateurs qui épient le Canadien ne dicteront toutefois pas la date de cet éventuel congédiement. Elles ne pourront même pas accélérer ce congédiement qui serait de toute façon bien inutile.

Oui, Jacques Martin est méthodique. Oui, il est stoïque. Oui, il est rarement comique. Avouons même qu'il l'est très rarement!

Mais qu'a-t-il sous la main? Trois défenseurs de la Ligue américaine en Yannick Weber, Raphael Diaz et Alexei Emelin. P.K. Subban qui, malgré sa saison d'expérience et tout son talent, est actuellement le pire défenseur du Canadien. Un quatrième trio qui ne casserait rien dans la Ligue américaine. Sans oublier les absences pour cause de blessures du quart-arrière de l'équipe, Andrei Markov, et de Chris Campoli, embauché pour partiellement colmater la brèche créée par la réadaptation interminable du défenseur russe.

Dans ces circonstances, le Canadien a justement bien plus besoin d'un entraîneur cartésien que d'une meneuse de claque émotive derrière le banc.

Confiance fragile

Alors que les partisans en colère souhaitaient une séance de torture pour ramener ce club de fainéants dans le droit chemin, Martin les a plutôt réunis.

Non, il ne les a pas félicités pour leur «excellente» soirée de travail de jeudi à Pittsburgh. Mais il s'est assuré de raviver le niveau de confiance dans le vestiaire de son équipe, qui fluctue dangereusement vers le bas en ce moment.

Sortir le fouet aurait satisfait la galerie. Mais au prix de quoi? Au prix de la perte de respect des joueurs à son endroit. Un respect essentiel sans lequel un coach ne peut survivre dans la LNH. Tour à tour sacrifiés depuis la dernière conquête de la Coupe Stanley en 1993, Jacques Demers, Mario Tremblay, Alain Vigneault, Michel Therrien, Claude Julien et Guy Carbonneau l'ont appris à leurs dépens.

Les joueurs qui les avaient abandonnés étaient pourtant souvent, pour ne pas dire toujours, bien plus fautifs qu'eux.

Comme les Gomez, Cole, Gionta, Plekanec, Subban et Price sont en très grande partie responsables du fait que le Canadien n'affiche qu'une victoire après six matchs.

Martin en sursis?

Cela ne signifie pas que Jacques Martin soit blanc comme neige. C'est lui qui est responsable d'obtenir le meilleur des joueurs qu'il a sous la main. N'en déplaise au propriétaire du Tricolore Geoff Molson qui croit le contraire, son équipe, même en santé, est encore loin de pouvoir aspirer à la Coupe Stanley. Mais le Tricolore, miné par les blessures comme il l'est actuellement, est néanmoins bien meilleur que les Jets de Winnipeg avec qui il partage pourtant la cave du classement dans l'Est.

D'où l'importance du match de ce soir contre les Maple Leafs de Toronto. Un match crucial, que le Canadien doit gagner pour étouffer un peu la grogne à défaut de pouvoir la faire taire complètement.

Si le Canadien gagne, et s'il gagne de nouveau lundi face à José Théodore et aux Panthers de la Floride, Martin aura traversé sa première tempête de l'année. Il sera bien préparé pour les autres. Car oui, il y en aura d'autres.

Mais s'il perd ce soir? Si en plus son équipe perd lundi avec, droit devant, le spectre d'un duel contre les Flyers de Philadelphie et deux consécutifs face aux Bruins de Boston?

Il faudra analyser la façon dont le Canadien aura perdu.

Mais s'ils s'effondrent ce soir contre les Leafs comme ils se sont effondrés à Pittsburgh, jeudi, et qu'ils ne donnent pas signe de vie non plus contre les Panthers lundi, les joueurs signaleront à la direction qu'ils ont abandonné. Et là, l'avenir de Jacques Martin à la barre du Canadien sera sérieusement menacé.

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