À quoi sert l'Union européenne ?

Philippe Couillard, le premier ministre français Manuel Valls... (PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, REUTERS)

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Philippe Couillard, le premier ministre français Manuel Valls et Justin Trudeau se sont rencontrés jeudi à Montréal.

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C'est Justin Trudeau qui a le mieux résumé l'impatience qui se fait sentir de ce côté-ci de l'Atlantique au sujet de l'accord de libre-échange avec l'Union européenne (UE).

« Si l'Europe est incapable de signer une entente commerciale progressiste avec un pays comme le Canada, avec qui pense-t-elle faire affaire dans les années à venir ? »

La question, posée lors de sa rencontre avec les premiers ministres Couillard et Valls à Montréal, est pertinente au moment où l'accord est soumis à l'adoption de l'Union et de ses membres, en vue d'une ratification dans 12 jours à peine lors du sommet Canada-UE.

Une ratification qui achoppe malheureusement en raison de l'opposition du Parlement d'une région d'un des 28 membres de l'UE...

Ottawa savait que ce n'était pas gagné dans un contexte protectionniste, au moment où l'on évoque un « Brexit hard », une sortie de la Grande-Bretagne sans compromis. Il savait que les pays de l'Union n'allaient pas livrer simplement l'entente sur un plateau d'argent, en évitant d'utiliser leur droit de veto.

C'est pourquoi le fédéral a mis le paquet ces derniers mois pour que l'entente soit ratifiée. La ministre du Commerce international Chrystia Freeland a rencontré ses homologues, elle a intensifié les pressions, elle a embauché l'ancien ministre Pierre Pettigrew pour faire la promotion de l'accord dans les grandes capitales européennes.

C'est pourquoi le Québec a aussi contribué en participant pleinement aux négociations de cet accord de commerce international, une première. On reproche souvent à Philippe Couillard son détachement, mais voilà un sujet qui le passionne manifestement et pour lequel il s'est impliqué avec ardeur et enthousiasme, en multipliant les rencontres avec des consuls, des ambassadeurs et des chefs d'État.

Mais voilà, pour différentes raisons politiques, l'accord se bute à l'intransigeance d'un des Parlements de la Belgique, celui de la Wallonie. Une intransigeance qui fait sourciller ici, mais aussi là-bas. Certains élus belges accusent la « République soviétique de Wallonie » de mettre en péril l'accord avec le Canada, d'autres craignent que la région devienne le « Cuba de l'Europe » en s'isolant dans son coin.

Certes, le Québec peut avoir une oreille compatissante pour une entité francophone qui fait valoir sa présence au sein d'un ensemble fédéral. Le Canada peut lui aussi comprendre les tiraillements inhérents à une fédération.

Mais au point de prendre en otage un accord qui pèse des milliards de dollars et concerne une vingtaine de pays et des centaines de millions de personnes ?

Au point de menacer une entente longuement négociée comprenant des engagements visant à apaiser les craintes exprimées (tribunaux d'arbitrage États-multinationales, principe de précaution, protection des services publics, etc.) ?

C'est à la Wallonie, à la Belgique, mais aussi à l'Union européenne de répondre à cette question. C'est à l'Europe de jouer maintenant, à elle de prouver que ses frontières sont encore ouvertes.

Comme a dit Justin Trudeau, le moment est venu « pour l'Europe de décider à quoi sert l'Union européenne ».

«Si l'Europe est incapable de signer une entente progressiste avec le Canada, avec qui pense-t-elle faire affaire ?»


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