Notre sécurité à nous

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Des fois, je lis le journal en me disant que le débat part tout croche, que la polarisation pousse tout le monde aux extrêmes, loin des nuances, du gris. Là où se terre la vérité.

Et d'autres fois, comme mardi en prenant connaissance des positions des maires canadiens, je me dis que tout le monde a (un peu) raison. À sa façon.

Régis Labeaume, qui exige une pause pour s'assurer que l'accueil des Syriens se fasse en sécurité. Denis Coderre, qui demande d'étaler le processus dans le temps pour bien faire les choses. Et John Tory, qui croit qu'il faut garder le cap pour répondre à l'urgence de la situation.

Trois positions qui se défendent... quand on les analyse sous le coup de l'émotion, avec Paris en tête.

Mais dans pareille situation, c'est bon d'éviter les réflexes, de s'arrêter pour se rappeler ce dont il est question. Car à l'origine, ce n'est pas notre sécurité qui est en cause, c'est la leur. Celle des réfugiés.

On n'ouvre pas nos portes à de simples immigrants qui attendent patiemment chez eux, avec ce que ça permet de procédures qui s'étirent. On s'apprête plutôt à faire un geste humanitaire. Dans l'urgence. Pour soulager une population qui fuit un danger réel.

Peut-on vraiment mettre ça sur un pied d'égalité avec le danger que représentent les réfugiés pour nous ? Un danger qui n'est que potentiel.

Soyons honnêtes, s'il y a menace à la sécurité, ce n'est pas celle que représentent les réfugiés. C'est celle à laquelle on doit les soustraire.

Les trois quarts des réfugiés sont des femmes et des enfants. Et tous font l'objet de contrôles de sécurité rigoureux. Ils doivent être recommandés par le HCR, qui ne choisit qu'une infime partie des réfugiés enregistrés, habituellement les plus vulnérables. Et si leur dossier soulève le moindre doute, leur examen est reporté le temps d'un contrôle de sécurité approfondi, notamment par le SCRS.

Ça n'a pas changé depuis les attentats de Paris.

Et pour l'organisation, les villes se disaient déjà prêtes à accueillir des milliers de réfugiés avant les attaques. Régis Labeaume était même impatient. Et aujourd'hui, il met en doute l'état d'avancement des préparatifs, il parle d'argent, il évoque même l'hiver, qui rend l'accueil plus difficile.

Or, ça non plus, ça n'a pas changé. L'hiver était déjà prévu ici... et là-bas aussi, d'ailleurs, dans les camps de réfugiés.

De toute façon, le Canada est déjà passé par là, le Québec aussi. On sait donc à quoi pourrait ressembler la suite, qui sera discutée demain à Montréal lors d'une importante rencontre, puis qui sera détaillée dans le plan fédéral.

Une fois que les réfugiés auront été accueillis dans des bases militaires ou ailleurs, la Santé publique pourrait bien s'occuper de leurs conditions médicales, par exemple.

La Ville ou la Croix-Rouge pourrait coordonner un appel public aux dons, comme ça s'est fait pour les Kosovars en 1999.

Le fédéral pourrait mettre sur pied un programme d'aide financière au logement tandis que l'Office municipal d'habitation trouverait de l'hébergement.

Les commissions scolaires pourraient libérer des locaux pour tenir des classes spéciales et d'autres activités.

Et les groupes d'aide pourraient faire le suivi sur le terrain, grâce à un apport financier des gouvernements.

Rien qui soit au-delà de nos capacités collectives. Comme l'ont dit hier les premiers ministres du Québec et de l'Ontario.

On peut bien débattre sur les frappes contre l'EI, en se demandant ce qui est plus « canadien » : être solidaire avec nos alliés ou se désengager du combat. Mais il ne fait aucun doute que l'accueil de réfugiés fait partie de nos valeurs. Au moment où le besoin se présente, pas au moment qu'on choisit.

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