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SLR, 10 mythes à déboulonner

1 Le SLR est un projet du Parti québécois.

Le ministre Robert Poëti prétend que le système léger sur rail (SLR) est un projet du PQ et de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), ce qui lui permet de mieux s'y opposer. C'est oublier que c'est Julie Boulet, Sam Hamad et Pierre Moreau qui ont qualifié le projet de «prioritaire» (2007), demandé à l'AMT d'actualiser ses études (2011) et lancé le Bureau des partenaires (2011). Ah oui! Les libéraux ont voté une motion pour le SLR... en novembre dernier.

2 Une décision doit être prise d'ici la fin juin.

Selon le gouvernement Couillard, Ottawa veut savoir quel projet privilégie Québec avant la fin du mois de juin. Faux. Le choix a déjà été fait et communiqué, officiellement. Le Québec a en effet opté l'an dernier pour le train léger, conformément au souhait unanime du Bureau des partenaires ET des députés libéraux. Un choix transmis au fédéral avant la date butoir de juin... 2013.

3 Le SLR va favoriser le développement de la banlieue.

Curieux. Ceux qui s'opposent au SLR sous prétexte qu'il favoriserait le développement du DIX30 n'ont rien dit lors du prolongement des autoroutes 25, 30 et 19, dont l'impact sur l'étalement urbain est évident. Disons-le, Brossard n'a pas attendu le train pour se développer. Un lotissement qui s'arrêtera dans 10 ans, car tous les terrains vacants (hors de la zone agricole, protégée) seront alors occupés. Avec ou sans SLR.

4 Le SLR coûterait cher, pas le bus.

Il passe un bus aux 25 secondes sur le pont Champlain. Chaque matin, 450 bus font la queue dans Griffintown pour entrer dans un terminus à surcapacité. Impossible d'y ajouter un bus de plus... même si la Rive-Sud connaît un boom démographique qui fera bondir la demande en transports collectifs. Y répondre par un service de (900!) bus coûtera donc, au bas mot, 1 milliard, une facture qui ne sera pas plus à l'abri des dépassements de coût que celle du SLR...

5 On n'a qu'à envoyer les bus dans différents terminus plutôt qu'au centre-ville.

Il suffirait de multiplier les points de chute des autobus à Montréal pour éviter la construction coûteuse d'un autre terminus au centre-ville, entend-on. Or pas moins de 66% des usagers du bus marchent vers leur destination une fois au terminus. Il serait donc difficile de déplacer ne serait-ce qu'un seul circuit vers Berri ou Lionel-Groulx sans provoquer une levée de boucliers... ou une baisse de l'affluence des transports en commun.

6 Les frais d'exploitation d'un SLR vont dépasser 1 milliard.

Selon le ministre Poëti, l'étude d'AECOM ne précise pas le coût d'exploitation d'un SLR, lequel serait très élevé. «Chaque année, a-t-il dit, on n'est pas loin du milliard. Et je ne parle pas de l'achat, je parle juste de l'exploitation.» Faux. Le rapport évalue le coût d'exploitation des services de bus et de train «avec un taux d'actualisation à 6%, en dollars de 2012». Facture: 22,5 millions par année pour le bus, 55 millions pour le SLR! Mieux, selon une étude, le coût du train serait deux fois moins cher que le bus par passager transporté...

7 Le PQ n'a «pas prévu une cenne» pour le SLR.

Selon le ministre, le gouvernement Marois n'a pas prévu «un seul sou pour le SLR» dans le Plan québécois des infrastructures (PQI). Vrai qu'il n'y a rien dans le PQI de son ministère, mais M. Poëti omet de dire qu'il existe aussi un PQI pour tout le gouvernement. Et celui-ci contient une «réserve» de 1,8 milliard pour... un SLR.

8 On n'a qu'à faire un service rapide par bus (SRB), puis un SLR.

Je ne serais pas étonné qu'on s'apprête à nous refaire le coup des navettes ferroviaires prévues... mais jamais construites, comme celles de Mirabel et de Dorval. Surtout que l'étude d'AECOM soutient que les contraintes d'un «étapisme» du bus vers le train seraient énormes et que les exemples étrangers le confirment. La transformation en cours d'un SRB en SLR à Ottawa est ruineuse, en plus d'être d'une complexité inouïe.

9 Le SLR est en concurrence avec bien des projets.

Montréal travaille sur trois projets à venir, le SRB Pie-IX, le prolongement de la ligne bleue et le SLR. En deux mois, le ministre Poëti a ajouté à la liste le train de l'Ouest et un autre prolongement de la ligne orange vers Laval... pour ensuite se désoler qu'il y a trop de projets prévus! Pourquoi le SLR à 2 milliards est-il soudainement de trop, mais pas le train de l'Ouest... à 2 milliards?

10 Sans SLR, il y aura plus d'argent pour les autres projets de transports en commun.

L'abandon du projet de SLR, dit-on, libérerait une somme d'argent qui pourrait servir à d'autres projets de transports en commun. Or, rappelons que le PQ avait prévu financer ce train grâce au Fonds Chantier Canada. Un fonds que le précédent gouvernement libéral avait choisi d'engloutir jusqu'à la dernière cenne dans des projets routiers, non pas des projets de transports collectifs. Quelqu'un a-t-il dit que ce serait différent, cette fois?




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