Le 5 ¢ de Loblaw est-il éthique?

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Le groupe Loblaw a frappé un grand coup cette semaine en annonçant que ses clients devront dorénavant payer 5 ¢ pour chaque sac en plastique exigé. Cette mesure s'appliquera dans tous les magasins de la chaîne, tant chez Loblaws que Provigo et Maxi.

Le géant de l'alimentation est d'autant plus fier de cette décision qu'elle s'accompagne d'un objectif ambitieux : réduire d'un milliard la quantité de sacs acheminés au dépotoir d'ici la fin de l'année 2009...

Et pourtant, des voix s'élèvent, dans le milieu environnemental, pour critiquer cette décision. On applaudit la volonté de réduire les déchets à la source, mais on remet en question l'intention de Loblaw qui, dit-on, profite de la crise environnementale pour gonfler ses profits.

On déplore en effet que l'entreprise se contente de verser à WWF-Canada un « don corporatif » ainsi qu'une « partie des profits » provenant de la vente des sacs en plastique, pour un total de 3 millions de dollars, plutôt que de réinvestir en environnement l'entièreté des sommes, que l'on devine substantielles.

« L'argent économisé grâce à la réduction des sacs distribués ainsi que l'argent récolté par la vente des sacs devraient être versés, en totalité, à des groupes ou à des projets environnementaux, estime Pierre Lussier, directeur du Jour de la Terre. Sinon, Loblaw ne peut présenter ce geste comme un geste pour la planète. »

Le débat est intéressant. Une entreprise qui fait un geste pour l'environnement et, surtout, qui le présente comme tel peut-elle en tirer un profit financier ? Un geste responsable l'est-il moins lorsqu'il s'accompagne de dividendes ?

À ce jour, la plupart des compagnies ayant fait des gestes similaires à celui de Loblaw ont décidé de tout verser dans des projets verts. La SAQ a envoyé les 5 ¢ accumulés à la Maison du développement durable ainsi qu'à un regroupement écologiste. Archambault accorde l'argent au développement de corridors verts. Tandis que Rona et IGA versent le tout dans des fonds visant à financer des projets de développement durable.

Leur 5 ¢ est-il plus éthique que le 5 ¢ de Loblaw ?

« Pour que l'augmentation du coût d'un produit soit légitime, elle doit être justifiée, souligne Michel Séguin, professeur en éthique des affaires à l'UQAM. Dans le cas des sacs, on met de l'avant l'environnement et non les profits. Pour être jugée éthique, cette décision doit donc profiter entièrement à l'environnement. »

Pour Marie-France Turcotte, professeure associée à la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable de l'UQAM, la réduction des sacs bénéficient à l'environnement ET à l'économie.

« Verser 3 millions à un organisme environnemental est donc un bon point, note-t-elle. Mais pour agir de façon éthique, l'entreprise devrait à tout le moins investir le reste des fonds dans son processus d'amélioration continue afin de le rendre plus environnemental. »

Du côté du Centre de recherche en éthique de l'Université de Montréal, le directeur adjoint, Martin Blanchard, va plus loin encore. Non seulement considère-t-il que le geste de Loblaw est « déraisonnablement du côté du profit », il croit aussi qu'il manque la cible.

« Quel est, précisément, le problème que l'on tente de régler ? Les sacs de plastique. Une entreprise qui dit agir pour le bien de l'environnement doit donc les éliminer. Point. »

C'est d'ailleurs ce qu'a fait la SAQ, ce que fera Ikea et ce que compte faire Rona. Loblaw suivra-t-il ?

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Pylône design

Pourquoi les pylônes électriques sont-ils laids ? Ne trouvant aucune réponse à cette question, l'Islande a décidé de lancer un concours de design auquel l'architecte allemand Dietmar Koering a participé. Malheureusement, le concours n'aura pas de suite, pour cause de faillite... du pays.

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Photo: AFP

Écolos 1, phoques 0

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