Dans le trou, le recyclage?

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Centres de tri en crise

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Centres de tri en crise

Les centre de tri vivent actuellement une crise. Consultez notre dossier sur le sujet. »

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Lorsqu'une crise économique survient, on peut amortir le coup, individuellement, en réduisant nos dépenses, en reportant certains projets, en préférant le cocooning aux sorties. Mais on peut difficilement cesser de produire des déchets.

D'où la grande difficulté des centres de tri à faire face à la situation économique, à l'effondrement du prix des matières et surtout, à la fermeture du marché chinois. Les matières recyclables continuent de rentrer à pleine porte, même si on ne sait qu'en faire.

Pas moins de cinq centres de tri ont ainsi dû fermer leurs portes temporairement. Certains menacent même de mettre définitivement fin à leurs activités. Parmi eux, le plus gros d'entre tous, le centre de tri Saint-Michel, qui accueille l'ensemble des matières recyclables des îles de Montréal et de Laval.

Personne n'ose encore le dire publiquement, de crainte de décourager les citoyens fidèles au bac, mais une telle situation serait pour le moins catastrophique. Pour Montréal. Pour le reste de la province. Et surtout, pour cette habitude fraîchement ancrée dans les moeurs qu'est le recyclage.

Les répercussions qu'auraient une fermeture des installations du Groupe Tiru se feraient en effet sentir aux quatre coins du Québec, un peu comme ce reportage télé, il y a quelques années, qui montrait des camions de collecte sélective vidant leur contenu au dépotoir...

Plus personne ne se souvient précisément où et quand cela a été diffusé, si les informations étaient exactes, ou s'il s'agissait d'un acte isolé. Mais encore aujourd'hui, dans les courriels envoyés à La Presse, ils sont nombreux à s'y référer pour justifier leur refus obstiné de recycler.

Cela dit, le centre de tri de Montréal pourrait bien être racheté par une autre compagnie, qui poursuivrait les activités. Tout dépend de l'ampleur et de la longueur de la crise. Mais cela importe bien peu à court terme, car cela ne diminuerait en rien les effets psychologiques qu'aurait une fermeture, fut-elle temporaire.

Les citoyens, déjà échaudés par ces images récentes d'innombrables ballots de matières recyclables abandonnés aux aléas du climat, sont à un prétexte près de cesser de trier leurs déchets.

Pourquoi, dans ce cas, personne ne vient à la rescousse du centre de tri? Parce que Tiru n'a que lui-même à blâmer. L'entreprise a accepté de plein gré, l'an dernier, de prendre les matières des deux îles tout à fait gratuitement, estimant pouvoir faire des profits en les revendant sur le marché. Ce dernier s'est ensuite effondré. Mais n'est-ce pas le propre d'une entreprise privée que de prévoir des jours plus sombres?

«Pendant un an ou deux, les prix ont été élevés. Les entreprises ont alors engrangé des surplus. Qu'en ont-elles fait, de ces surplus?» s'interrogeait récemment le patron de Cascades, Alain Lemaire, sur les ondes de la radio de Radio-Canada.

Dans ce contexte, on comprend la prudence des autorités face à cette multinationale, filiale du géant français EDF. Le gouvernement Charest refuse de verser un sou des deniers publics à l'entreprise, prétextant l'iniquité d'un tel geste envers le reste des Québécois. Quant à l'Administration Tremblay, elle répète simplement qu'«un contrat est un contrat».

Le problème, c'est qu'en pénalisant Tiru pour sa mauvaise gestion, on risque aussi de se pénaliser collectivement. Et ce, pour bien longtemps.

On sort donc l'entreprise du trou? Ou on y plonge nos matières recyclables?

***

20 000 t.

C'est la quantité actuelle de papier et de carton entreposés à Montréal par le Groupe Tiru. Selon l'organisme Réseau-Environnement , qui regroupe 75 % des centres de tri du Québec, ces matières à l'air libre pourriront avec le temps. Elles pourraient alors prendre le chemin du dépotoir.

Mea culpa!

Écologique, le lave-vaisselle? J'ai eu la mauvaise idée de répondre  par l'affirmative, dans cette page, il y a deux semaines. Me fiant au sceau académique, je me suis fié à une étude de l'Université de Bonn, qui conclut que l'on gaspille plus d'eau en lavant sa vaisselle à la machine qu'à la main. Mathieu Lajoie, un lecteur sceptique, me signale un élément d'importance, qui m'avait échappé : l'étude a été commanditée par quatre fabricants d'électroménagers, dont Electrolux et Bosch. Cela ne discrédite pas complètement l'étude, mais une lecture plus appronfondie de celle-ci laisse planer certains doutes quant à la neutralité des chercheurs. Le meilleur exemple est certainement la quantité d'eau estimée pour un lavage à la main (100 litres d'eau pour 12 couverts comparativement à 15 litres pour un lave-vaisselle). Le débat reste entier.

Toutes mes excuses.

«Nous ne sommes pas assis à attendre le moment magique.»

La présidente du Comité sénatorial sur l'Environnement, Barbara Boxer, a promis cette semaine que les États-Unis adopteront une loi ambitieuse de réduction des émissions de gaz à effet de serre «d'ici quelques semaines, non pas quelques mois». À suivre.

 

 




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