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Une étude place le Québec au premier rang... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Une étude place le Québec au premier rang des nations industrialisées pour l'activité entrepreneuriale émergente.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

(QUÉBEC) L'éducation et l'entrepreneuriat. Ce sont les deux éléments qui font consensus parmi les économistes comme vecteurs d'accroissement du niveau de vie des Québécois.

Or, bonne nouvelle, une étude place le Québec au premier rang des nations industrialisées pour l'activité entrepreneuriale émergente. Plus de 60 pays ont harmonisé leurs méthodologies à ce sujet et les résultats sont compilés dans ce qu'on appelle le Global Entrepreneurship Monitor (GEM). Ils ont été diffusés par Marc Duhamel, professeur à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), lors d'une conférence du congrès de l'Association des économistes québécois (ASDEQ), à Québec.

D'abord, un petit rappel historique. Longtemps, le Québec a été vu comme une terre de PME, de « patenteux ». Cette image a pâli au fil du temps, si bien que depuis une dizaine d'années, les chercheurs se sont rendu compte que non, le Québec ne créait vraiment plus autant d'entreprises qu'on le croyait.

L'étude de Marc Duhamel a donc été un véritable baume, hier, d'autant que les congressistes s'étaient fait rappeler, la veille, que le Québec est l'une des nations qui ont la plus faible productivité depuis 35 ans, et donc l'une des plus faibles créations de richesse.

Le dynamisme reflété dans les chiffres de l'étude a été corroboré sur le terrain par le très inspirant président d'Anges Québec, François Gilbert. L'étude recèle aussi de moins bonnes nouvelles, mais elle nous donne des éléments sur lesquels on peut bâtir.

Voyons voir. Selon l'étude, le Québec se démarque particulièrement dans l'activité entrepreneuriale émergente, qui se définit par des entrepreneurs qui versent des salaires depuis 42 mois ou moins (donc pas des travailleurs autonomes). Au Québec, 13,3 % de la population âgée de 18 à 64 ans se trouve dans cette catégorie en 2015, comparativement à 13,2 % dans le reste du Canada, mais surtout 11,9 % aux États-Unis, 9,3 % en Irlande, 7,2 % en Suède, 6,9 % au Royaume-Uni et 4,7 % en Allemagne, par exemple.

Pour l'essentiel, les entrepreneurs émergents se lancent en affaires parce qu'ils constatent des occasions, ce qui classe encore le Québec dans les sommets. Une autre part, quatre fois moins importante, le fait encore strictement par nécessité.

Autre bonne nouvelle : environ le quart de ces entrepreneurs émergents cherchent à se développer à l'international et 44 % sont orientés vers le développement de nouveaux produits ou marchés, qui sont des sources importantes de création de richesse. Les entrepreneurs émergents du Québec sont toutefois moins orientés vers les moyennes ou hautes technologies, moins qu'en Suède ou au Royaume-Uni, par exemple, mais davantage qu'au Portugal ou en Italie.

Après les fleurs, le pot. Quand on passe la barre des 42 mois de salaires versés, les comparaisons se dégradent. Ces entreprises dites établies (6,4 % des 18-64 ans), plutôt qu'émergentes, sont passablement moins nombreuses qu'ailleurs au Canada (8,7 %), et surtout, elles sont nettement moins orientées vers les moyennes et hautes technologies qu'ailleurs dans le monde. De fait, elles sont en bas de la liste à ce chapitre.

En somme, c'est comme si les entreprises créées il y a quelques années étaient moins dynamiques, alors que les plus récentes montrent un nouveau visage.

Le PDG d'Anges Québec, François Gilbert, est venu confirmer le dynamisme de la garde montante. « La volonté d'entreprendre est de plus en plus perçue positivement par les jeunes », constate M. Gilbert, dont l'organisation compte 180 anges investisseurs de divers horizons.

Selon l'énergique PDG, il y a un gros apport des immigrés, notamment des Français. « Les jeunes Français sont découragés de leur pays et envahissent l'entrepreneuriat québécois », dit-il.

Cela dit, il tient à souligner que, contrairement à la croyance répandue, il ne faut pas nécessairement avoir une bonne idée pour se lancer en affaires, il faut surtout être un bon entrepreneur. Qui aurait cru que l'achat d'un dépanneur par Alain Bouchard se serait transformé en une multinationale, nommément Alimentation Couche-Tard ? Ou que des amuseurs publics auraient fait le Cirque du Soleil ?

L'entrepreneuriat, c'est avant tout une question de personnes, de capital humain, rappelle de son côté le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval.

Tout compte fait, c'est la capacité d'entreprendre et l'ambition qui font foi de tout.

La veille, justement, le PDG de la Caisse de dépôt et placement, Michael Sabia, avait fait un vibrant plaidoyer à ce sujet. « Je comprends qu'on veuille protéger nos sièges sociaux, mais au Québec, il faut passer à l'attaque. Nous avons besoin d'une stratégie offensive, d'ambitions. Nous avons besoin de développer nos futurs champions, ceux qui seront les fleurons de 2050. »

Alors, quand donc présentez-vous votre plan d'affaires, les jeunes ?




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