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Savoir lire

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Alain Dubuc
La Presse

La semaine dernière, on apprenait que les jeunes Québécois ne se classaient pas très bien dans une vaste enquête internationale sur les compétences en lecture d'enfants de quatrième année. Ils se retrouvent au 21e rang sur un groupe de 45 pays, et en avant-dernière position au sein des provinces canadiennes.

Ces résultats du Programme international de recherche en lecture scolaire, le PIRLS, ne feront pas de vagues. Peut-être parce que les gens se méfient des palmarès internationaux, depuis le «plus meilleur pays du monde». Peut-être aussi parce qu'on ne veut pas traiter l'éducation comme une discipline olympique.

Mais ces enquêtes sont essentielles. Pour savoir si notre système d'éducation fait bien son travail, il faut être capable d'évaluer ses résultats et de les comparer. En découvrant, par exemple, que les aptitudes de lecture des petits Ontariens ou des petits Finlandais sont significativement supérieures à celles des petits Québécois, on se pose des questions. On se demande si l'enseignement est adéquat ou s'il y a d'autres causes à ces retards sur lesquelles il faudrait travailler.

Encore là, il y a des gens qui se demanderont pourquoi il faudrait essayer d'être parmi les meilleurs. Pas pour le plaisir de battre les autres, mais parce que la lecture est essentielle. La maîtrise de la lecture est à la base de la réussite scolaire. Elle est au coeur des efforts pour sortir les enfants de la pauvreté, leur donner des chances, les préparer à un travail gratifiant. Elle est incontournable pour une économie dont le succès repose sur le savoir. Elle est indispensable pour la démocratie et pour la vie culturelle. Et au Québec, le français ne s'épanouira pas si les gens ne lisent pas.

Et pourtant, selon les résultats du PIRLS, le Québec a du retard. Dans cette enquête, réalisée tous les cinq ans, qui mesure la compréhension de l'écrit d'enfants de dix ans, c'est Hong Kong qui mène, avec une note de 571, suivi de la Russie, de la Finlande, de Singapour, de l'Irlande du Nord et des États-Unis. Le Canada, avec 548, est au 12e rang.

Mais le Québec, avec 538, se retrouve au 21e rang. Au sein du Canada, il est 8e sur 9 - l'Île-du-Prince-Édouard est absente. Cet écart décrit aussi une division linguistique parce que les jeunes francophones du Québec, avec 537, font moins bien que les Anglo-Québécois, qui obtiennent 545.

Comment interpréter cela? Les résultats québécois sont similaires à ceux de 2001 et 2006. La réforme pédagogique n'y est donc pour rien. Par ailleurs, une autre grande enquête, le PISA, qui porte sur les élèves de 4e secondaire, classe le Québec au sixième rang mondial, ce qui laisse croire qu'on réussit à rattraper le terrain perdu au fil des ans.

On peut aussi noter que le Québec mène chez les francophones, bien devant la France, au 29e rang, et la Belgique, au 33e. Cela suggère peut-être qu'en raison de la complexité du français, il faut plus de temps pour maîtriser la langue.

Mais cette enquête établit un lien entre les résultats aux tests et l'environnement social et culturel. Il y a moins de livres dans les maisons des enfants québécois qu'en Ontario. Leurs parents aiment moins lire que les parents ontariens. Ce qui laisse croire que le retard culturel d'avant la Révolution tranquille n'est pas complètement compensé. Et donc, qu'il faut encore travailler fort pour changer les choses.

C'est dans cet esprit que la Fondation André et Lucie Chagnon, qui a pour mission de lutter contre la pauvreté, diffuse pendant les Fêtes une publicité télévisée pour inciter les parents à lire des livres à leurs enfants, même aux tout petits de moins de deux ans. Espérons que le père Noël l'a vue...




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