L'étonnant pouvoir d'attraction du Mile-Ex

Rachelle Claveau, PDG de Publicis, et Christian Ayotte, PDG... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Rachelle Claveau, PDG de Publicis, et Christian Ayotte, PDG de Nurun

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Lundi matin, plus de 300 employés de la firme Publicis ont migré dans le Mile-Ex pour occuper deux étages du 6300, avenue du Parc.

Il y a 20 ans, le quartier du Faubourg des Récollets, situé à la frontière du Vieux-Montréal, a connu une revitalisation quasi instantanée avec la création de la Cité du multimédia et les 6000 emplois hautement subventionnés qui s'y sont rattachés. Aujourd'hui, c'est le quartier Mile-Ex, en plein coeur de Montréal, qui exerce une attraction folle auprès des entreprises liées au développement de l'intelligence artificielle.

Lundi matin, mon collègue André Dubuc nous apprenait dans La Presse que c'était au tour de Microsoft de déménager son laboratoire en intelligence artificielle dans un édifice de la rue Waverly, à l'angle de l'avenue Beaumont, dans la partie limitrophe des quartiers Mile End et Parc-Extension.

Ce faisant, les 200 employés du laboratoire de Microsoft vont quitter leurs bureaux du centre-ville pour se rapprocher du hub d'entreprises en intelligence artificielle qui se sont enracinées au 6666, rue Saint-Urbain, là où résident déjà IVADO, l'Institut de valorisation des données, Element AI, et où le Mila - l'Institut québécois de l'intelligence artificielle - aura bientôt pignon sur rue.

Lundi matin également, plus de 300 employés de la firme Publicis ont migré dans le Mile-Ex pour occuper deux étages du 6300, avenue du Parc, un vieil édifice industriel qui a été entièrement rénové et qui abrite notamment les activités de Moment Factory.

L'agence de publicité Publicis, anciennement BCP, a décidé de regrouper toutes ses activités de création publicitaire, de développement de marques, de stratégie et de création numérique, de communications et de relations publiques dans un seul lieu physique dans ce quartier en pleine ébullition.

Les entreprises Nurun, Martel & Cie, MSL, North Strategic, Spark et Zenith, qui sont toutes membres du groupe Publicis et qui étaient dispersées au centre-ville de Montréal, sont maintenant établies sur un même plancher du 5e étage du 6300, avenue du Parc. Les activités de production ont été regroupées au deuxième étage de l'édifice.

« On a décidé en septembre 2017 de regrouper nos différentes divisions dans un seul lieu physique et on a rapidement identifié le Mile-Ex comme le lieu où on voulait s'établir. On voulait participer à la créativité et à l'effervescence uniques de ce quartier », explique Rachelle Claveau, PDG de Publicis.

« Le but de notre regroupement était de casser le moule de l'agence de publicité traditionnelle pour offrir plutôt à nos clients un "pool" d'experts dans tous les domaines de la communication. »

« Notre industrie est en transformation, on a pris le virage numérique et on se rapproche de l'intelligence artificielle et du laboratoire de l'Université de Montréal », poursuit Mme Claveau.

DES SOLUTIONS INTÉGRÉES

Publicis est le troisième groupe publicitaire en importance au monde avec ses 80 000 employés actifs dans une centaine de pays.

Le groupe français s'est établi au Québec en 1996 et a acquis la totalité des actions de BCP en 2014, la même année où l'entreprise a fait l'acquisition de Nurun, une entreprise spécialisée dans le développement de stratégies numériques qui appartenait à Québecor.

« La proximité humaine est importante dans notre domaine. En étant tous regroupés sur un même plancher sans cloisons, on peut offrir à l'ensemble de notre clientèle des solutions intégrées », précise Christian Ayotte, PDG de Nurun.

« Avant, chez Nurun, on développait des sites web pour nos clients, maintenant, on participe à la transformation numérique des organisations. »

- Christian Ayotte

Même si 75 % des revenus de l'agence de publicité Publicis proviennent encore de la création de campagnes traditionnelles pour les grands médias - radio, télé, journaux, affichage -, la publicité et les applications numériques génèrent l'essentiel des revenus des autres divisions du groupe.

« On est dans l'intelligence artificielle. On s'occupe de la gestion des appareils vocaux dans les voitures. On fait aussi beaucoup d'internet des objets », relève Christian Ayotte.

Publicis a même conçu sa propre application en intelligence artificielle qui a été baptisée Marcel, en l'honneur de Marcel Bleustein-Blanchet, le fondateur du groupe, et qui permet de relier les 80 000 employés de l'entreprise à une banque de données unique.

« Pour savoir ce que les talents du groupe ont fait avec un client en particulier, je n'ai qu'à demander à mon téléphone intelligent et automatiquement, j'ai accès à toutes les informations pertinentes sur ce client partout dans le monde », explique Rachelle Claveau.

Au-delà de la simple accumulation de données sur les consommateurs, l'intelligence artificielle va permettre à Publicis de réagir plus rapidement et avec des solutions plus puissantes aux besoins de ses clients.

La créativité et l'innovation vont aussi être appelées à jouer un rôle de plus en plus important, estime Rachelle Claveau, et voilà pourquoi la proximité avec Moment Factory devrait permettre à l'agence de publicité de proposer de nouvelles expériences pour entrer en contact avec les consommateurs.




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