Pitbulls : À Québec de mordre (2)

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« Le bon sens voudrait que les gros chiens ou ceux potentiellement dangereux portent une muselière en public. Mais ce n'est pas un gage de sécurité, car la réglementation n'est pas toujours respectée », écrit notre éditorialiste.

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Tout indique que la mort de Christiane Vadnais, cette mère de famille attaquée dans son jardin par le pitbull du voisin, fait partie des morts évitables.

Évitable, cela signifie qu'un tel drame n'aurait pas dû survenir. Et ne doit plus se reproduire. Cette prémisse doit guider le gouvernement Couillard, qui a promis d'agir rapidement face aux pitbulls.

Le moyen le plus sûr reste de les bannir. Les autres options - laisse, muselière, cours de dressage - atténuent le risque, sans plus.

Ainsi, quelle que soit sa race, un chien devrait toujours être tenu en laisse en public. Mais ce n'est pas suffisant. Un homme qui sortait récemment d'un magasin a été propulsé vers l'avant quand un pitbull au bout de sa laisse lui a sévèrement mordu le genou.

Le bon sens voudrait aussi que les gros chiens ou ceux potentiellement dangereux portent une muselière en public. Mais ce n'est pas un gage de sécurité, car la réglementation n'est pas toujours respectée. Des données obtenues par La Presse révèlent qu'à Gatineau, où la muselière est obligatoire, les pitbulls ont été responsables du quart des morsures et de 63 % des morsures graves l'an dernier !

Sans compter que dans le cas des récentes attaques survenues à Pointe-aux-Trembles et à Sainte-Adèle, les chiens se trouvaient sur des propriétés privées.

Une question se pose : pourquoi tolérer un chien issu d'un croisement spécifiquement destiné aux combats, dangereux au point de devoir porter une muselière, puissant au point où une laisse ne suffit pas à le retenir, et agressif au point qu'il faille le tuer pour lui faire lâcher prise ?

On pourra brandir toutes les statistiques possibles sur les morsures, le fait est que lorsqu'un pitbull attaque, il ne fait pas « que » mordre. Il déchiquète, il mutile, il défigure. Et il peut tuer.

Il faudrait donner la voix aux médecins qui reçoivent ces enfants défigurés, ces adultes mutilés, aux urgences. Une étude publiée en 2011, portant sur des patients admis en traumatologie après avoir été attaqués par un chien, conclut que les pitbulls sont associés à des taux de morbidité et des coûts d'hospitalisation plus élevés et un risque de décès plus grand.

Après avoir d'abord réagi mollement la semaine dernière, le gouvernement Couillard évoque aujourd'hui « l'urgence d'agir » et promet de passer à l'action d'ici la fin de l'été. Le premier ministre Couillard envisage même d'emboîter le pas à l'Ontario, qui interdit les pitbulls depuis plus de 10 ans. Enfin !

Car c'est à Québec d'agir et d'uniformiser la réglementation sur son territoire. Une cinquantaine de municipalités - Brossard et Québec viennent de s'ajouter - ont banni ces chiens. D'autres ont voté des règlements pour les encadrer, mais elles ont peu ou pas de pouvoirs pour les faire respecter.

Maintenant que le gouvernement semble avoir saisi l'inquiétude légitime des citoyens et l'urgence de prendre des mesures, nous faisons appel à son jugement. La vie humaine doit primer sur celle des pitbulls ou des chiens dangereux.

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