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Printemps de l'emploi au Canada, toujours l'hiver au Québec

Alors que 40 600 emplois ont été créés... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

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Alors que 40 600 emplois ont été créés au Canada en mars, une perte de 11 200 a été observée au Québec.

Photo André Pichette, Archives La Presse

Rudy Le Cours
La Presse

S'il est vrai que la croissance économique a retrouvé du tonus à compter d'octobre, sa concrétisation sur le marché du travail tardait jusqu'ici.

Les données de mars de l'Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada publiées hier confirment que bien des entreprises choisissent d'augmenter leurs effectifs.

Avec pour résultat général que l'emploi augmente. Cela est vrai dans la plupart des provinces, à l'exception notable du Québec.

D'un océan à l'autre, on comptait 40 600 emplois de plus en mars qu'en février. C'est un bond considérable, si on se rappelle que l'économie canadienne avait créé moins de 30 000 emplois au cours des six mois précédents. Cela a permis d'augmenter le taux d'emploi d'un dixième à 61,2 % et de faire reculer le taux de chômage de deux dixièmes à 7,1 %.

Au Québec, la situation est tout autre : on observe plutôt la perte de 11 200 emplois. Ce chiffre est, statistiquement parlant, peu significatif à première vue. Il se situe en deçà de l'erreur type moyenne de 15 900 dans l'échantillon de l'EPA. Autrement dit, le chiffre réel se trouve entre - 27 900 et 4700.

Même dans le meilleur des cas, il n'y a pas de quoi pavoiser. Ces 11 200 emplois sont le résultat net de la création de 11 300 postes à temps partiel et de la disparition de 22 600 emplois à temps plein, ce qui est un chiffre, hélas !, très significatif.

UN EMPLOI PAR JOUR

Depuis 12 mois maintenant, il se crée moins d'un emploi par jour au Québec. Même si les entreprises embauchent encore, le gonflement de leurs effectifs est neutralisé par les coupes dans le secteur public et par les gens qui renoncent à se lancer en affaires.

Mince consolation, le nombre total d'emplois à temps plein est légèrement à la hausse depuis un an.

Malgré tout, le taux de chômage diminue d'un dixième à 7,5 %. Ça n'a toutefois rien d'encourageant. Cela est dû au fait que la population active, celle qui détient ou cherche un emploi, diminue. Elle a baissé de 17 300 personnes en mars, de 29 700 cette année.

Deux calamités se conjuguent ici : le vieillissement de la population, comme on peut l'observer par la diminution de 22 400 personnes dans la cohorte des 15-24 ans, et le découragement dans les rangs des autres qui les amènent à renoncer à se chercher activement du travail.

En mars, on observe des reculs dans tous les segments susceptibles de soutenir le commerce extérieur, désormais principal levier sur lequel peut compter le Québec pour soutenir sa croissance : fabrication (- 8700), foresterie, pêche, mines et exploitation en carrière (- 1200), transport en entreposage (- 2600), finances, assurances (- 7200), services professionnels, scientifiques et techniques (- 1400). Seule exception, l'hébergement et la restauration qui dépendent en partie du tourisme ont ajouté 5600 emplois.

Le ralentissement observé depuis quelque temps dans la construction domiciliaire mord dans les rangs de l'industrie : 8500 postes en moins le mois dernier et 12 300 depuis un an alors que l'effectif canadien a légèrement augmenté.

Le marché du travail québécois contraste avec celui des deux autres grandes provinces non pétrolières. L'Ontario a ajouté 85 600 emplois depuis un an, mais plus de 125 000 à temps plein. La Colombie-Britannique en compte 72 100 de plus.

À l'échelle canadienne, toute l'augmentation du nombre d'emplois est l'initiative du secteur privé dont l'effectif salarié s'est gonflé de 62 600. La catégorie des travailleurs autonomes a perdu 22 000 éléments tandis que les administrations publiques ont stabilisé leurs ressources humaines.

Comme chaque mois, les données volatiles de l'EPA comportent quelques éléments difficiles à expliquer. Ainsi en est-il cette fois-ci de la poussée de 18 900 emplois en Alberta, toujours secouée pourtant par le choc pétrolier. Cela limite à 5600 l'hémorragie depuis un an. Les données détaillées indiquent clairement cependant que les ressources naturelles et la fabrication (qui lui est largement tributaire) continuent de supprimer des emplois. Cette situation devrait perdurer.

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Ils ont dit...

« Je suis déçu moi aussi des chiffres du mois. Avec les cibles que je voyais, les indicateurs, je pensais qu'on aurait déjà une augmentation plus rapide de l'emploi. Mais je ne me décourage pas. Je pense qu'on est sur la bonne piste. » - Philippe Couillard, premier ministre du Québec

« L'emploi stagne au Québec. Il y a même moins d'emplois en ce moment qu'il y en avait il y a 11 mois. Depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux, il y a deux ans, il ne s'est créé que 34 900 emplois. C'est seulement le tiers des emplois promis en campagne électorale. » - Pierre Karl Péladeau, chef de l'opposition officielle

« L'Ontario creuse davantage son écart avec le Québec. Pendant que le Québec crée 300 emplois dans la dernière année, l'Ontario en crée 85 600 ! Il faut se rendre à l'évidence : l'économie est en panne sous le leadership de Philippe Couillard et du Parti libéral du Québec. »  - François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

(Propos recueillis par Tommy Chouinard et Rudy Le Cours)




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