Embellie sur le marché du travail

Au Québec, les 12 700 emplois de plus... (Photo Martin Chamberland, Archives La Presse)

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Au Québec, les 12 700 emplois de plus en décembre sont à temps partiel et le fruit d'initiatives indépendantes.

Photo Martin Chamberland, Archives La Presse

Rudy Le Cours
La Presse

Comme une fin heureuse de film américain, le marché du travail canadien a connu une note positive, le mois dernier, à première vue du moins.

Les données de l'Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada font état de 22 800 emplois de plus en décembre qu'un mois plus tôt. Cela porte à 158 100 l'addition d'emplois depuis décembre 2014, ou de 144 400, si on fait le compte selon les moyennes mensuelles de 2014 et de 2015. D'un océan à l'autre, le taux de chômage se situe en moyenne à 7,1 %, soit quatre dixièmes de plus qu'un an plus tôt.

Il s'agit néanmoins de la création d'emplois la plus forte en trois ans. Cela a de quoi surprendre, puisque l'économie canadienne a traversé une récession technique au premier semestre et que les indicateurs économiques publiés jusqu'ici pointent vers une stagnation durant l'automne.

Il faut rappeler cependant que l'emploi est un indicateur retardé : le marché du travail s'ajuste aux aléas de la croissance et non l'inverse. On doit s'attendre à ce que le rythme d'embauches augmente désormais plus lentement, du moins en début d'année, à moins qu'il ne recule, comme cela est le cas dans les provinces productrices de pétrole.

En fait, la mutation est déjà commencée, quand on y regarde de plus près. Même si le gros des emplois créés en 2015 était à temps plein, ceux de décembre étaient à temps partiel.

En outre, tant les entreprises que les administrations publiques ont réduit leurs effectifs. Les nouveaux emplois sont l'initiative de travailleurs indépendants.

En 2015, le travail autonome est responsable de l'ajout de 91 500 emplois, alors que les entreprises ont réalisé 25 900 embauches nettes seulement.

Au Québec, les 12 700 emplois de plus en décembre sont à temps partiel et le fruit d'initiatives indépendantes. Cela contraste avec l'année tout entière où le travail indépendant, qui regroupe à la fois des personnes acculées à la débrouillardise pour gagner leur vie et celles désireuses de devenir leur propre employeur, n'a pas eu la cote. On compte seulement 12 600 travailleurs autonomes de plus en un an parmi les 48 800 travailleurs de plus depuis décembre 2014.

En Ontario, où l'industrie automobile tourne à plein régime, 50 500 emplois sur les 80 700 de plus sont quand même le fruit du travail autonome.

Peut-être faut-il trouver l'explication de ce grand écart dans l'industrie de la construction, dont l'effectif a grossi de 28 000 personnes alors qu'il a diminué de 43 600 personnes au Québec.

Même si le marché du travail s'est amélioré quelque peu au Québec, le taux de chômage est en hausse de trois dixièmes, à 7,8 %. Cela s'explique par une augmentation plus forte de la population active que la capacité d'absorption du marché du travail.

La situation est à l'opposé de celle qui a prévalu en Ontario où, à 6,7 %, le taux de chômage a reculé de trois dixièmes.

L'Ontario enregistre aussi un taux d'emploi de 60,9 %, soit un point plus élevé que celui du Québec. Le taux d'emploi a quand même augmenté de quatre dixièmes au Québec, contre un seulement en Ontario.

Au Canada, le taux d'emploi de 61,2 % est en baisse d'un dixième en un an. Le taux d'emploi reflète la proportion de la population de 15 ans et plus payée pour travailler.

Selon la méthodologie américaine, qui fixe à 16 ans le seuil d'entrée dans la population active, le taux d'emploi canadien s'établit à 61,8 % et le taux de chômage, à 6,2 %.

Les taux américains sont respectivement de 59,5 % et de 5 %.

Le mois dernier, le nombre de salariés non agricoles a augmenté de 292 000 chez nos voisins, couronnant une année très créatrice d'emplois.

On observe encore peu de pression sur les salaires. Cela reflète peut-être qu'un grand nombre d'Américains n'a toujours pas regagné les rangs de la population active qu'ils ont quittés durant la Grande Récession.




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