Timothée Chalamet, nouvelle étoile du cinéma mondial

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Il y a à peine un an, il nous était inconnu, ou presque. Puis sa composition dans Call Me by Your Name, où il tient brillamment le rôle d'Elio, un jeune homme qui connaîtra les joies et les peines d'un premier amour, pourrait le conduire jusqu'à la prochaine soirée des Oscars. Dans une entrevue accordée à La Presse, exclusive au Québec, Timothée Chalamet se raconte.

Oui, son nom est français. Dans Call Me by Your Name, dont l'intrigue est campée dans la campagne italienne, il s'exprime parfois dans la langue de Molière sans aucun accent. On ne pourrait pourtant pas faire plus new-yorkais que Timothée Chalamet. Né à Manhattan (dans le quartier Hell's Kitchen) d'un père français et d'une mère américaine, l'acteur commence cet entretien en français, mais passe rapidement à l'anglais, histoire de s'exprimer plus librement.

«Pardonnez-moi, dit-il. Mais maintenant, j'ai besoin de passer quelques jours dans un environnement francophone avant de retrouver la parfaite maîtrise de la langue. Là, je cherche trop mes mots.»

Une famille en France

Chez les Chalamet, le père, Marc, s'adressait à ses enfants en français, mais Timothée lui répondait en anglais. L'esprit très européen de Call Me by Your Name lui était toutefois déjà très familier. Chaque été, Timothée est allé rendre visite à sa parenté paternelle au Chambon-sur-Lignon, commune située en Haute-Loire.

«Les membres de ma famille ont particulièrement aimé les scènes du petit-déjeuner dans le film parce que ça ressemblait en tous points à ce que nous vivions en France. Les journaux, le pain, la confiture, le Nutella. Ce temps passé là-bas a été très formateur, même s'il est aussi à l'origine d'un phénomène un peu étrange.

«Une fois sur place, je devenais la version française de moi-même, poursuit-il. J'étais complètement imprégné de la culture et je rêvais même en français. Puis je rentrais ensuite chez moi, à New York, et c'est comme si j'étais alors pris d'une espèce d'ambiguïté identitaire. Cela dit, cela m'a donné une formidable liberté créatrice, dans la mesure où être familiarisé avec une autre culture me donne des outils supplémentaires pour exercer mon métier. Même si Elio vit en Italie, j'ai l'impression que, grâce à mes racines françaises, j'ai pu me glisser plus facilement dans sa peau.»

Une vocation artistique

La fibre artistique a cependant été héritée davantage du côté maternel. Sa mère, Nicole Flender, fut danseuse à Broadway. Grand-père, oncle et tante ont aussi fait carrière dans le domaine de la télévision. Timothée a trouvé sa vocation très jeune, et personne n'en fut surpris. À 13 ans, il fut accepté au Fiorello H. LaGuardia High School, cette célèbre école secondaire publique vouée entièrement à l'enseignement des arts de la scène, qui a servi de modèle au film Fame.

«Ce fut une révélation, dit-il. C'est là que j'ai su que j'étais fait pour ce métier. Deux ans plus tard, j'ai décroché un rôle dans la pièce The Talls [Anna Kerrigan], montée off Broadway. Je savais déjà que plus j'allais travailler, plus j'allais m'améliorer, plus ça allait devenir difficile. Mais j'accueillais cela avec enthousiasme parce que j'avais le sentiment d'avoir trouvé ma place. C'est à ce moment que j'ai dit à mon agent - j'allais bientôt avoir 16 ans - que je voulais vraiment y aller à fond.»

Tout s'est ensuite enchaîné rapidement. Il y a d'abord eu cette participation récurrente dans la série dramatique Royal Pains, puis on lui a confié le rôle du fils rebelle du vice-président dans Homeland. Au cinéma, on le remarque notamment dans Interstellar, de Christopher Nolan, dans lequel il joue le fils de Matthew McConaughey.

Le premier amour

Aujourd'hui âgé de 21 ans (il célébrera son anniversaire dans quelques jours), Timothée Chalamet a été la véritable révélation de 2017 dans le monde du cinéma. Non seulement il a été vu cette année dans Lady Bird, de Greta Gerwig, mais sa composition dans Call Me by Your Name, une adaptation du livre d'André Aciman, lui vaut la consécration. Dans ce film de Luca Guadagnino (I am Love), l'acteur évoque avec grâce et subtilité les tourments d'un premier amour inattendu que son personnage, Elio, partage avec Oliver (Armie Hammer), un étudiant américain venu faire un stage de six semaines auprès du père d'Elio (Michael Stuhlbarg), universitaire spécialisé dans l'art gréco-romain.

Aux côtés d'Armie Hammer dans Call Me by Your... (AFP PHOTO/CHRIS DELMAS) - image 2.0

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Aux côtés d'Armie Hammer dans Call Me by Your Name.

AFP PHOTO/CHRIS DELMAS

«Quand j'ai entendu parler du projet de film la première fois, il n'y avait pas encore de scénario, explique l'acteur. Je suis allé à la bibliothèque, j'ai lu le bouquin, et j'ai eu le sentiment que jamais une première histoire d'amour n'avait été racontée de façon aussi juste. À part, peut-être, il est vrai, The Perks of Being a Wallflower [Stephen Chbosky]. Mais ça reste inhabituel. J'ai rencontré James Ivory, qui allait écrire le script, et Luca. Quand j'ai appris que nous allions enfin entrer en production, après trois ans d'attente, j'étais comme un petit gars dans un magasin de bonbons.» 

«Des rôles de cette nature se font plutôt rares pour les jeunes acteurs.»

Ce qui lui arrive maintenant est surréaliste à ses yeux. Même si Call Me by Your Name fut très bien accueilli au festival de Sundance au tout début de l'année, il était alors difficile pour Timothée Chalamet d'imaginer ce qui allait l'attendre.

«Je dirais que les quatre derniers mois, et particulièrement les trois dernières semaines, ont été incroyables. Je suis évidemment très reconnaissant et je remercie la vie pour tout ce qui m'arrive, mais je comprends aussi que la carrière d'un acteur est faite de hauts et de bas. Je ne veux pas me bercer d'illusions et je ne tiens certainement rien pour acquis. Faire partie d'un film comme Call Me by Your Name est déjà un privilège. Mon ambition est de trouver des rôles intéressants, voire difficiles. Et il n'est certainement pas question de dormir sur mes lauriers, si tant est qu'ils existent!»

Ça se poursuit

En 2018, nous verrons Timothée Chalamet dans Beautiful Boy, un film de Félix Van Groeningen (The Broken Circle Breakdown) dans lequel il joue un jeune homme dont la dépendance aux méthamphétamines est vue à travers les yeux de son père, incarné par Steve Carell. L'acteur vient aussi de boucler le tournage du prochain film de Woody Allen, A Rainy Day in New York, dans lequel il tient le rôle principal, entouré d'Elle Fanning, Jude Law et Selena Gomez.

«Beautiful Boy, c'est le plus grand défi d'acteur que j'ai eu à relever jusqu'à présent, celui qui a le plus exigé de moi-même en tant qu'être humain. J'ai d'ailleurs perdu 20 lb pour faire écho à la descente aux enfers du personnage. Quant au film de Woody Allen, vous connaissez la consigne aussi bien que moi : je n'ai pas le droit d'en parler! Je peux cependant vous dire que tous les films auxquels j'ai eu le plaisir de participer au cours des dernières années sont tous fabriqués par des gens à qui ces oeuvres tiennent à coeur. Labor of love, dit-on en anglais. J'aime ce sentiment de travailler sur quelque chose de spécial. J'espère poursuivre dans cette veine.» 

Rappelons que Timothée Chalamet est en lice pour le prix du meilleur acteur aux Golden Globes et, surtout, aux Screen Actors Guild Awards, un indicatif déterminant pour la prochaine course aux Oscars.

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Call Me by Your Name (Appelle-moi par ton nom en version originale sous-titrée en français) prendra l'affiche le 22 décembre.




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