Yanic Truesdale, l'acteur sans frontière

Depuis l'automne dernier, le succès des quatre nouveaux... (Photo Suzanne Hanover, La Presse canadienne)

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Depuis l'automne dernier, le succès des quatre nouveaux épisodes de Gilmore Girls ne se dément pas. «C'est un engouement extraordinaire qui est un peu difficile à saisir, dit l'acteur montréalais Yanic Truesdale. C'est rendu bigger than us

Photo Suzanne Hanover, La Presse canadienne

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Hugo Pilon-Larose
La Presse

Yanic Truesdale, qui interprète le rôle du majordome Michel Gérard de l'hôtel Dragonfly Inn des aventures de Gilmore Girls, est de passage ce week-end au Comiccon de Montréal. Alors que quatre nouveaux épisodes de la série mythique sont sortis l'automne dernier sur Netflix, La Presse en a profité pour faire le point sur la carrière du Montréalais qui peut se vanter d'être l'un des meilleurs amis de Melissa McCarthy.

Depuis l'automne dernier, le succès des quatre nouveaux épisodes de Gilmore Girls ne se dément pas. Comment avez-vous vécu cela, entre acteurs?

C'est un engouement extraordinaire qui est un peu difficile à saisir. C'est rendu bigger than us. C'est enlevant, mais aussi surprenant. Nous, quand on a repris nos personnages, on a fait notre travail d'acteurs, on a fait du mieux que l'on pouvait. [...] On ne se met pas trop de pression. La pression, elle est davantage au niveau de l'auteure, qui doit vraiment donner le ton à l'histoire. Nous, on a joué nos rôles pendant huit ans. Le premier jour où je suis revenu sur le plateau, c'était fou. Mon personnage de Michel m'est revenu automatiquement. Le corps se souvient. 

Ça fait plus de 20 ans que tu fais carrière aux États-Unis, mais on t'a souvent vu ces dernières années également dans des séries au Québec. Or, ce retour de Gilmore Girls te remet-il «sur la mappe» au sud de la frontière? Prévois-tu y consacrer maintenant 100 % de ton énergie?

Je mets mon énergie là où on me le demande. Comme acteur, à moins d'être une mégastar, tu te pointes où le travail se trouve. Pour ma part, j'ai toujours voulu continuer de travailler à Montréal. J'ai accepté plusieurs projets québécois au cours des 15 dernières années. On pense peut-être moins à moi parce que je n'habite pas la ville, mais j'ai toujours une maison ici. Si les gens pensaient plus à moi, je viendrais. Il y a d'ailleurs en ce moment un projet en cours d'écriture de quelqu'un qui est très connu au Québec et qui m'a demandé de jouer dans sa série. J'ai dit oui, mais rien n'est encore annoncé. Ça s'en vient.

Depuis 1989, année où tu es sorti de l'École nationale de théâtre du Canada, la télé a beaucoup changé. Dans une récente entrevue, tu disais être parti à l'époque du Québec parce que tu voyais bien les limites du milieu quant à l'ouverture faite aux gens issus des divers milieux ethniques. Ce débat sur la diversité en ondes et au théâtre, nous l'avons eu à quelques reprises ces dernières années, alors que le milieu se mobilise pour changer la donne. Trouves-tu que la situation a changé?

N'étant pas souvent physiquement ici, j'avoue que c'est difficile de me prononcer, parce que je vois très peu de télé québécoise. Le peu que j'en consomme, par contre, je ne vois pas vraiment plus d'acteurs issus de différentes ethnies. Est-ce que parce que le milieu ne veut pas le mettre à la télé, ou bien parce qu'il n'y en a tout simplement pas [qui sortent des écoles]? Je ne sais pas... Mes amis auteurs qui écrivent des séries pour Radio-Canada me disent que c'est souvent difficile à trouver.

Tu as eu ce printemps un rôle dans la série The Catch, sur ABC, qui n'a malheureusement pas été renouvelée après deux saisons. Le processus de casting est-il différent aux États-Unis de ce qu'il est au Québec?

Le processus de casting, aux États-Unis, c'est beaucoup de travail non rémunéré et beaucoup de stress. Tu dois projeter ta vision du personnage basée sur quelques scènes, sans avoir une vue d'ensemble. C'est un mélange d'instinct, de travail et de chance qui nous connecte à l'énergie et à la vision du créateur. Mais ça, c'est pareil partout dans le monde. Par contre, au Québec, quand je fais des projets, je ne suis pas demandé en audition. On m'offre les rôles. Ça doit faire 15 ans que je n'ai pas passé d'auditions. Sinon, le processus reste le même. La seule différence, c'est qu'aux États-Unis, ceux qui se présentent à la dernière étape d'audition, qu'on appelle le test, leur contrat est déjà signé pour six ans. Ce n'est qu'après que tu sais si tu l'as ou pas.

Aux États-Unis, on semble aussi annuler des émissions qui fonctionnent bien assez rapidement, quand les attentes en termes d'audimat ne sont pas remplies. C'était le cas notamment pour The Catch. Trouves-tu que la situation est pire qu'avant?

Ce n'était pas comme ça avant... Quand Gilmore Girls a commencé, on n'avait pas de grosses cotes d'écoute. Les critiques étaient dithyrambiques, c'était donc un show prestigieux pour le network, mais sa cote d'écoute s'est construite très lentement. Les diffuseurs avaient à l'époque la patience de laisser les émissions décoller. Laisser aux gens le temps de découvrir les shows. C'était la même chose avec Seinfeld. Je pense que certaines émissions pourraient avoir une vie extraordinaire, mais on tire la plogue trop vite.

Dans ce nouvel écosystème de la télévision américaine, penses-tu que Gilmore Girls aurait survécu et qu'elle deviendrait la série mythique qu'elle est aujourd'hui?

Je n'en suis vraiment pas sûr...




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