Guy Ritchie et Charlie Hunnam: quand le film s'impose...

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Sonia Sarfati
La Presse

(TORONTO) «En résumé, c'est The Lord of the Rings qui rencontre Snatch.» Ainsi Charlie Hunnam (Pacific RimSons of Anarchy) a-t-il décrit King Arthur: Legend of the Sword, de Guy Ritchie, lors de l'entrevue qu'il a accordée à La Presse en compagnie du réalisateur de Sherlock Holmes, de The Man from U.N.C.L.E... et de Snatch.

Il est vrai que cette nouvelle adaptation de la légende arthurienne, dans laquelle il campe le rôle-titre, se joue des genres. En plus, si on y retrouve les éléments familiers du mythe, les cartes ont été distribuées de façon différente. Merlin est quasi absent. Arthur a grandi dans un bordel de Londres après que son père, Uther Pendragon (Eric Bana), a été assassiné par son frère, Vortigern (Jude Law). Ainsi de suite.

Visuellement et «acoustiquement», le long métrage porte, partout, la signature de Guy Ritchie: les accélérations et les ralentis dans les scènes d'action, le son qui s'assourdit soudain, les élaborations de plans qui s'intercalent avec leur exécution, la trame sonore (de Daniel Pemberton) volontairement teintée d'anachronisme...

Ce qui s'ajoute ici à la filmographie du réalisateur britannique, c'est l'élément fantasy. «J'ai toujours beaucoup aimé l'Excalibur de John Boorman, mais il l'a réalisé en 1981, donc avec un coffre à outils beaucoup plus petit que celui qui est à notre disposition aujourd'hui. Les effets spéciaux qui sont à notre portée nous ont permis d'aller plus loin dans le fantastique que les adaptations précédentes de la légende», note Guy Ritchie.

Pour porter ladite légende, devant la caméra: Charlie Hunnam. «Un réalisateur dont j'aime le travail et un personnage que je comprends: ça tombait sous le sens que je veuille être de la partie.» D'autant que, souligne le réalisateur, «d'une certaine manière, le parcours de Charlie ressemble à celui de l'Arthur de ce film-ci».

Le parcours du combattant

L'acteur anglais abonde dans le même sens. «J'ai grandi dans un contexte de grandes difficultés économiques. Si bien que, très jeune, à 5 ou 6 ans, j'ai commencé à être préoccupé par la réalité des gens qui m'entouraient. Ils étaient en mode survie... et j'en étais conscient. Ils ne pouvaient pas avancer sur le "chemin du héros", ils ne faisaient que se battre pour survivre. J'ai été foudroyé par la tragédie qu'il y a dans cet état de fait.»

C'est pour cela que, très tôt, Charlie Hunnam a décidé qu'il aurait, lui, une vie différente. «Je voulais me bâtir un destin, accéder au meilleur de moi-même.»

«On est souvent restreint, retenu, emprisonné par son environnement. Il faut d'abord et avant tout en changer pour pouvoir aller vers la liberté et, ainsi, avoir la possibilité de faire des choix. C'est ce qu'a fait Charlie, et c'est ce dont traite ce film», explique Guy Ritchie.

Arthur, de sang royal, arraché à ses parents et à son destin, qui grandit comme un voyou dans un milieu dur où il aurait pu rester, (sur)vivre. Mais qui se trouvera un jour devant l'épée dans le roc. Qu'il va libérer de la gangue de pierre. Et le destin de prendre une nouvelle direction.

Guy Ritchie (au centre) et Charlie Hunnam (à droite)... (Photo fournie par le studio Warner Bros.) - image 2.0

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Guy Ritchie (au centre) et Charlie Hunnam (à droite) pendant le tournage de King Arthur : Legend of the Sword

Photo fournie par le studio Warner Bros.

Trouver le ton

Sérieux, King Arthur: Legend of the Sword? Disons «ritchiennement» sérieux. Donc, avec une juste dose d'humour dans un récit qui avance tambour battant. Une dose qui a été trouvée chemin faisant.

«Il y avait, au début du tournage, une incertitude quant au ton juste. Jusqu'à un certain point, c'est vrai pour tous les films, mais c'était particulièrement le cas pour celui-ci, affirme Charlie Hunnam. Il y avait davantage d'ambiguïté parce qu'on allait créer un monde immense et que, dans ce monde, on pouvait prendre bien des directions différentes.»

Il y a eu beaucoup de discussions entre le réalisateur et lui. L'important étant que tous, au moment venu, «soient sur la même longueur d'onde», poursuit l'acteur. 

«Parce qu'à un moment donné, le film dicte lui-même ce qu'il veut être. Nous devons donc tous être à l'écoute et assez malléables pour aller, ensemble, dans le sens qu'il nous impose.»

Un peu comme un romancier qui, en cours d'écriture, se met à «entendre» ses personnages? Un peu. Le cas d'Àstrid Bergès-Frisbey est, dans ce contexte, très intéressant. Il avait été annoncé que l'actrice franco-espagnole camperait le rôle de Guenièvre. Or elle incarne le Mage.

«À l'origine, elle devait en effet jouer Guenièvre et il y avait une romance entre elle et Arthur. Mais tranquillement, il n'y a plus eu de place pour cela. Cette relation paraissait soudain cliché, donnait l'impression que nous remplissions une commande faite par le studio. Nous avons fait ce que le film nous dictait, elle est devenue le guide plutôt que le prétexte à une histoire d'amour. Au bout du compte, nous avons une Àstrid très cool», explique Guy Ritchie.

Le réalisateur a aussi eu à jouer avec la présence ou l'absence de Merlin.

«Il était là dans certaines versions, pas dans d'autres. Puis, il a trouvé sa place... et elle est dans un film subséquent.» Une suite, donc? Ou un antépisode? Mystère. Le film ne s'est pas encore prononcé.

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King Arthur: Legend of the Sword (Le roi Arthur: La légende d'Excalibur) prend l'affiche le 12 mai.

Les frais de voyage ont été payés par Warner Bros.




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