Sara Forestier: enseigner... et aider

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Sara Forestier interprète Florence dans Primaire, un film d'Hélène Angel qui explore l'univers des écoles.

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(PARIS) Elle a souvent joué à l'écran des femmes impétueuses ou de jeunes mères en souffrance. Sans rien perdre de sa fougue habituelle, Sara Forestier se glisse cette fois dans la peau d'une enseignante qui consacre toutes ses énergies à un élève en difficulté, quitte à abandonner tout le reste. Primaire a forcément ramené l'actrice à sa propre enfance.

Révélée grâce à L'esquive, un film d'Abdellatif Kechiche qui, déjà, se déroulait dans un milieu scolaire, Sara Forestier est devenue l'une des actrices les plus appréciées du cinéma français. Dans Suzanne (Katell Quillévéré) et La tête haute (Emmanuelle Bercot), elle incarnait de jeunes femmes paumées qui avaient beaucoup de difficulté à assumer la maternité. Et qui, parfois, devaient aussi en découdre avec la loi.

Dans Primaire, un film d'Hélène Angel (Peau d'homme coeur de bête, Propriété interdite), elle campe un personnage situé à l'opposé. Le tourment intérieur qui habite l'enseignante à qui elle prête ses traits n'en est pourtant pas moins intense.

«J'ai eu envie de jouer dans ce film, car le sujet, au départ, est très fort, a-t-elle expliqué lors d'un entretien accordé à Paris il y a quelques mois. L'école a occupé une place incroyable dans ma vie. J'ai vécu des choses un petit peu difficiles dans mon enfance, et c'est là où j'ai pu me construire une estime personnelle. L'école est un terrain neutre, et je trouve ça magnifique. Ça donne l'occasion de remettre les compteurs à zéro et de repartir sur de nouvelles bases. À mes yeux, il s'agit du dernier rempart contre les injustices sociales et la barbarie du monde.»

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La réalisatrice Hélène Angel dirige Sara Forestier dans Primaire.

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Une femme et ses contradictions

Florence, le personnage qu'elle incarne, fait partie de cette race d'enseignants qui se consacrent entièrement à leur métier. Quand elle rencontre Sacha, un enfant issu d'un milieu difficile, elle met toutes ses énergies à tenter de le sauver, quitte à délaisser tout le reste autour, y compris sa relation avec son propre fils.

«C'est l'une des contradictions qui animent cette femme. Elle incite les enfants à devenir les héros de leur propre vie, mais quand son fils lui fait part de son intention de s'éloigner un moment pour partir en voyage, elle a du mal à l'accepter. Le contact que Florence établit avec ses élèves l'aide à grandir aussi.»

Ayant observé comment se comportent des enseignants du cours primaire en classe, rappelant aussi à sa mémoire ses propres années scolaires, l'actrice estime que le mimétisme est l'un des éléments les plus fondamentaux dans l'apprentissage pendant l'enfance.

«Qu'ils soient en classe ou sur un plateau de cinéma, les enfants tenteront toujours d'imiter les adultes, d'où l'importance, par exemple, de parler le français correctement devant eux. Les professeurs qui m'ont le plus appris quand j'étais enfant sont des gens qui me donnaient envie d'être comme eux!»

Sara Forestier dans Primaire, un film d'Hélène Angel... (Photo AZ Films) - image 3.0

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Sara Forestier dans Primaire, un film d'Hélène Angel

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Aucune prétention sociale

Dès qu'un film a pour cadre le milieu scolaire, il déborde habituellement vers le débat de société. La réalisatrice Hélène Angel n'a toutefois pas souhaité faire un film de cette nature alors que plusieurs autres sont passés par là. On pense notamment à Laurent Cantet et son film Entre les murs.

«Beaucoup de films abordent le sujet parce que l'école publique, laïque, accessible à tous, constitue l'une des grandes valeurs de la République française, fait remarquer Hélène Angel. Or, pour des raisons qui sont les mêmes que partout ailleurs, la figure de l'enseignant n'a plus la même valeur. Nous sommes aussi en retard dans les méthodes pédagogiques et il y a moins de ressources. L'école française est aussi fragilisée par toutes les questions liées à la religion. Cela dit, je ne suis pas partie du tout d'une envie théorique pour élaborer ce film.»

«À travers le personnage de Sara, j'ai voulu faire le portrait d'une femme d'aujourd'hui, qui a une réflexion sur son travail et sa vie de famille.»

Ainsi, Primaire n'a pas de prétention documentaire ou sociale. Les nombreux enfants de l'école jouent d'ailleurs chacun un rôle. La réalisatrice a toutefois tenu à tourner avec deux caméras simultanément, histoire d'aller capter les moments plus spontanés de jeunes comédiens qui, parfois, ne savaient pas que la caméra était sur eux.

«Je trouve ça mieux que de jouer avec des adultes, affirme de son côté Sara Forestier. Les enfants ne trichent jamais. Ils sont plus vrais!» 

L'actrice dit aussi avoir une immense admiration pour les enseignants, dont le travail n'est souvent pas reconnu à sa juste valeur. 

«La bienveillance requise pour exercer ce métier est quand même incroyable, souligne-t-elle. L'amour que ces gens portent à ces enfants est l'un des plus purs qui soient. Ils donnent tout d'eux-mêmes sans rien attendre en retour, et sans trop d'affection non plus, car ils se doivent d'aimer de loin. Mais ils sont exceptionnels, ces gens. C'est dingue!»

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Primaire prendra l'affiche le 12 mai.

Les frais de voyage ont été payés par Unifrance.




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