Bon Cop, Bad Cop 2: grosse production, grandes attentes

Patrick Huard, Sarah-Jeanne Labrosse, Colm Feore et Lucie... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Patrick Huard, Sarah-Jeanne Labrosse, Colm Feore et Lucie Laurier

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Dix ans après avoir créé le plus grand succès de l'histoire du box-office canadien, Patrick Huard et Colm Feore reprennent leurs rôles dans la suite très attendue de Bon Cop, Bad Cop. Répéteront-ils leur exploit? En tout cas, tous les ingrédients d'une recette gagnante y sont.

La veille de cette interview, Patrick Huard et Colm Feore avaient reçu les premières réactions d'un public d'un millier de personnes lors d'une avant-première spécialement réservée aux fans de Bon Cop, Bad Cop. Fébriles, ils multiplient les anecdotes.

Quand une jeune fille du nord de l'Ontario leur a dit qu'elle a choisi de s'installer au Québec après avoir vu le premier film. Comment un homme voulait faire la route Toronto-Montréal en camion-remorque pour participer à la projection avec son fils. «On a fait à peu près 4 millions de selfies», lance Patrick Huard. «C'était vraiment cool, incroyable. Énorme comme un rallye de Trump, mais pour vrai», poursuit Colm Feore.

Si on voit bien que Colm Feore profite avec enthousiasme de toute cette effervescence, on sent chez Patrick Huard une pression supplémentaire. Bon Cop, Bad Cop, c'est son bébé. Il a mis des années à écrire le scénario, il joue dedans, il est coproducteur, sa conjointe Anik Jean signe la bande sonore et, selon le réalisateur Alain DesRochers, «il était là jusqu'aux derniers jours de montage à trouver les bons timings comme dans un show d'humour».

La pression est énorme. Gros budget et grosses attentes pour la suite d'un film qui a connu un succès monstre (12 millions au box-office) et qui a pratiquement inventé le buddy movie à la canadienne. Il y a une obligation de résultat. 

«Il faut refuser cette pression quand on est en création, explique Huard. J'ai commencé à la ressentir la semaine passée. Là, on va porter le film aux gens, j'ai envie que ça marche, qu'ils tripent. Tout le monde a des attentes, les propriétaires de salles, même les restaurants à côté des cinémas!»

«Je fais des choses pour le public, et ça n'a rien à voir avec un manque d'intégrité. Pour moi, l'art n'existe pas s'il n'y a pas quelqu'un qui le regarde.»

«Faire des choses pour le monde, c'est ma passion, mais tu as les culottes baissées tout le temps. Si c'est un flop après avoir passé des années de ma vie à faire le meilleur que je pouvais, j'ai l'air d'un cave. Mais ça vient avec. Il faut que les gens comprennent que la démarche est sincère. Et ce qui est particulier au Québec et au Canada, c'est que c'est déjà leur film, c'est leur argent, alors je veux qu'ils viennent le voir!»

Action, humour et «bromance»

Le public retrouvera donc le tandem Ward-Bouchard, que Huard voit comme un seul personnage depuis le début. Dix ans ont passé, dans la vraie vie comme dans l'histoire du film. Les rapports de force ont changé, de même que la vie personnelle des personnages. Ward, maintenant à la Gendarmerie royale du Canada (GRC), est le supérieur de Bouchard, impliqué dans une mission undercover au sein d'un réseau de vols de voiture dont les ramifications vont bien au-delà du petit banditisme. 

Mais si Bouchard s'est un peu assagi (sa vie de famille va comme sur des roulettes), Ward connaît plusieurs drames intimes. Ces deux-là vont solidement s'épauler, dans un feu roulant d'action, d'humour et de «bromance» touchante dans les coups durs.

«Je voulais une relation entre deux gars qui s'aiment vraiment et les voir triompher ensemble. Assumer complètement le buddy movie», affirme Patrick Huard.

«David devient un peu plus Martin, et Martin devient un peu plus David», note Feore, qui avoue avoir été un peu inquiet au début par le mélange d'humour et d'émotions exigé par son personnage. 

«J'avais envie de donner à Colm un personnage avec beaucoup de viande, dans un mélange des genres pas si simple à jouer, parce que je savais qu'il pouvait le faire et parce que j'avais envie de le regarder faire ça», précise Huard en ricanant. «C'est cruel, ajoute Feore, pince-sans-rire, mais t'as eu raison!»

Un film fédérateur

Tout l'humour du premier BCBC reposait sur les différences anglos-francos des deux policiers. Sans révéler aucun punch, disons que dans cette suite, ces différences s'unissent contre l'arrogance états-unienne. De toute évidence, BCBC 2 n'est pas destiné au marché américain - et c'est quelque chose dont ils sont très fiers, d'autant plus que le timing est parfait avec l'élection de Trump.

«On n'a besoin de personne hors de nos frontières. Ça m'est égal, c'est un film pour nous!», croit Colm Feore.

C'est l'une des plus grandes réussites de Bon Cop, Bad Cop: réunir les deux solitudes, dans une production authentiquement bilingue sous-titrée en français ou en anglais selon les publics. Mieux que ne le fait, disons, la série historique très anglocentrée The Story of Us, qui a été critiquée de partout. «Oh! mon Dieu, j'ai fait partie de ça, s'excuse presque Colm Feore. Bon Cop, Bad Cop est un exemple qui marche bien mieux. Organiquement, c'est nous. C'est enraciné ici, à Montréal. Et ça va réussir by our standards, for us, c'est tout, that's it, that's all

Est-ce que quelque chose a changé entre les francophones et les anglophones au cours des 10 ans qui séparent les deux films, selon eux? «Je crois maintenant que le film fait partie de la discussion», affirme Colm Feore, encore étonné qu'on lui parle de BCBC jusque dans l'Ouest canadien. 

«L'antagonisme a changé, croit Patrick Huard. Je pense que ça a évolué. Forcément, l'ouverture sur le monde fait que tu ne peux pas ne pas être ouvert aussi à la province à côté de toi. Le seul danger que je crains dans cette ouverture, c'est qu'elle ne soit pas véritable, mais plutôt une tentative de globalisation. C'est pour ça qu'on n'en a rien à cirer que le film fonctionne aux États-Unis. Ce n'est pas le noyau de l'univers, et je pense que pour être international, il faut que tu sois local, sinon tu n'as pas de saveur, tu es un morceau de tofu nord-américain.

«J'avais le goût de raconter une histoire qui nous représente, poursuit Patrick Huard. C'est très particulier, parce que j'ai toujours été un nationaliste, un protecteur de la langue française et de la culture francophone, mais j'ai fait le film le plus canadien jamais fait, et je suis fier de ça. Ce n'était pas l'objectif, mais je pense que ça a brassé et rapproché les gens. Ils se sont dit que, finalement, ils sont cool, les francos. Ils sont drôles, les anglos. Ça fait 10 ans qu'on me dit ça dans la rue.»

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Bon Cop, Bad Cop 2 prend l'affiche le 12 mai.




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