Dan Stevens: dans le ventre de la Bête

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Sonia Sarfati
La Presse

(LOS ANGELES) Il a joué dans Downton Abbey pour sa mère, fait-il en souriant. Il a quitté Downton Abbey en s'attirant les foudres de toutes les mères. Cinq ans plus tard, Dan Stevens admet qu'il doit encore régulièrement s'excuser d'avoir «provoqué» la mort de Matthew Crawley.

Mais il avait besoin de passer à autre chose. Au grand écran - où on l'a vu dans The Fifth Estate et le très intéressant The Guest. Et, de nouveau au petit, dans la nouvelle et formidable série Legion, où il tient le rôle-titre, celui d'un mutant diagnostiqué schizophrène qui, selon mythologie des X-Men, serait le fils du Professeur Xavier. Rien de moins.

«C'est un show complètement fou, un personnage dément et un immense bonheur à tourner. La première saison est dans la boîte, on attend maintenant de savoir si l'émission sera renouvelée. Je croise les doigts», indiquait-il lors de l'entrevue qu'il a accordée à La Presse.

Une courte entrevue où il était impressionnant de gentillesse. À mille lieues, donc, de la Bête qu'il incarne, habite, a participé à créer dans Beauty and the Beast de Bill Condon, où il fait face à Emma Watson (Belle), Luke Evans (Gaston), Josh Gad (LeFou) et une distribution tout étoiles pour donner voix aux objets inanimés qui ont ici une âme: Ewan McGregor (Lumière), Ian McKellen (Cogsworth), Emma Thompson (Mrs. Pott), etc.

Dans cette transposition en prises de vue réelles du film d'animation sorti en 1991, l'acteur britannique n'apparaît que quelques minutes en tant que lui. Mais il est de presque toutes les scènes dans la peau de la Bête. Dans son ventre, littéralement.

«Je portais un muscle suit de lycra gris et je me déplaçais sur des échasses de 25 cm. Disons que je n'avais pas l'air de ce que vous voyez à l'écran... et que j'étais la chose la moins attirante du plateau!», rigole-t-il avant d'évoquer la magnificence des décors, accessoires, costumes du long métrage.

Manipuler la bête

Ainsi attifé, jouant les «marionnettistes» de l'intérieur de son costume, il a dû valser, chanter, se déplacer avec naturel. «C'était beaucoup, beaucoup de travail. Et ce n'était que la moitié du boulot.» Toutes les deux semaines, il se rendait dans une cabine d'enregistrement spécialement conçue pour lui, où il rejouait toutes les scènes, cette fois, des crocs dans la bouche et le visage couvert de capteurs.

Ce sont ensuite des magiciens des effets spéciaux qui ont «amalgamé» ses deux performances en capture de mouvements et les ont insufflées au personnage en images de synthèse. «Ils ont réalisé des choses qui n'ont jamais été faites auparavant», poursuit l'acteur dont la Bête, une fois créée et animée, ne conserve que le regard plus bleu que bleu. 

«Ses yeux sont le dernier reflet d'humanité en lui, et c'est ainsi que Belle le reconnaît à la fin, quand il redevient le prince.»

Dan Stevens n'en revient pas encore du résultat final, qu'il a découvert tout récemment lors de la première londonienne du film. «C'est le genre de choses dont on ne rêve pas, car on ne sait pas que ça existe ! À 10 ans, quand je disais que je voulais être acteur, je pouvais m'imaginer dans des films d'action ou autres, mais ça? Jamais», poursuit celui qui dit aimer depuis toujours les contes de fées, qui a toujours eu un faible pour La Belle et la Bête - «Parce que la Bête est un personnage formidable, une montagne de contradictions» et qui avait, comme des millions de personnes, succombé au film d'animation dont ce long métrage est la «relecture» en chair, en os et en pixels.

Panique à bord

Quand il a obtenu le rôle, Dan Stevens a toutefois été frappé d'une certaine insécurité, tant l'expérience était différente de tout ce qu'il avait vécu avant. Il s'est tourné vers ceux qui savaient: son compatriote Andy Serkis, que l'on connaît (!) sous les traits de Gollum, de King Kong et que l'on découvrira bientôt sous ceux de Baloo dans la version de The Jungle Book qu'il réalise, et Mark Ruffalo, qui devient vert de rage quand il incarne The Hulk.

«Je paniquais complètement à cause de ce monde inconnu dans lequel je m'apprêtais à poser le pied. Andy m'a rassuré. Il n'a pas travaillé avec la même technique que moi, mais il connaît le principe, il est un peu le parrain de ce genre de performances. Il m'a rappelé qu'au bout du compte, ce n'est pas si différent d'un exercice de jeu. Il m'a rappelé combien ce que nous faisons est chouette. Et quand j'ai plongé, ça m'a ramené au pourquoi j'ai voulu faire ce métier.»

Et Mark Ruffalo? Dan Stevens éclate de rire. «Il m'a dit que c'était impossible. Je pense bien qu'on va lui prouver combien il se trompait», conclut l'acteur qui, après sa mère et toutes les mères (avec Downton Abbey) et après les geeks (avec Legion), va maintenant conquérir les familles avec Beauty and the Beast.

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Beauty and the Beast (La Belle et la Bête) prendra l'affiche le 17 mars.

Les frais de voyage ont été payés par Walt Disney Studios.




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