Niels Schneider: la belle lancée

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Les projets au cinéma s'enfilent pour Niels Schneider, qui s'est établi en France il y a quelques années.

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(PARIS) Dans Polina, danser sa vie, il incarne un danseur. Dans Dalida, il prête ses traits à l'un des amoureux de la célèbre diva. C'est pourtant Diamant noir, un film encore inédit au Québec, qui a changé le statut de l'acteur franco-québécois dans l'Hexagone.

Sa tête est un peu différente. Les cheveux sont très courts, plus foncés. Les traits du visage sont un peu plus prononcés. Comme s'ils voulaient traduire une nette volonté d'incarner des personnages plus complexes, parfois plus sombres. L'image de Niels Schneider n'est plus celle de l'éphèbe aux boucles blondes des Amours imaginaires, le film de Xavier Dolan qui l'a révélé au monde il y a sept ans.

Celui qui atteindra la trentaine au cours des prochains mois ne cesse désormais de tourner en France. En alternant les genres et les rôles. 

Réinstallé depuis quelques années dans son pays d'origine, qu'il avait quitté en 1995 avec sa famille venue s'établir au Québec, l'acteur franco-québécois fait désormais partie là-bas des acteurs à qui l'on confie des rôles principaux. Diamant noir, un premier long métrage d'Arthur Harari, a suscité l'enthousiasme de la critique française et lui vaut une citation à la prochaine cérémonie des César dans la catégorie du jeune espoir masculin. C'est le premier long métrage français dont il est vraiment la tête d'affiche. Ironiquement, ce film est encore orphelin de distributeur au Québec. L'acteur estime pourtant que ce sombre drame, dans lequel il incarne un petit truand qui retourne par vengeance sur les pas de son histoire familiale, constitue un tournant dans sa carrière.

«J'avoue avoir du mal à comprendre pourquoi le film ne parvient pas à se rendre au Québec, confie-t-il au cours d'un entretien accordé à La Presse dans le cadre des Rendez-vous du cinéma français d'Unifrance, tenus à Paris. Est-ce le fait que le Festival de Cannes soit passé à côté? Peut-être. Nous étions d'ailleurs extrêmement déçus de ne pas être choisis. On a été sauvés par la presse française, à vrai dire. Comme quoi la critique peut être utile!»

Un enchaînement de projets

Même si Niels Schneider est redevenu Parisien, des relents d'accent québécois se font encore entendre au fil de la conversation. «Quand je suis arrivé au Québec à l'âge de 8 ans, j'ai vite appris le vocabulaire et l'accent, parce que je ne voulais plus me faire traiter de ‟maudit Français".»

Depuis qu'il a regagné la Ville Lumière, les projets s'enchaînent, donnant presque une impression de vertige au simple regard de sa feuille de route. Aux nombreux longs métrages inscrits dans sa filmographie, il faut aussi ajouter des séries télévisées et des passages au théâtre. Sur les planches, il a notamment été le Roméo de Shakespeare, aux côtés d'une Juliette incarnée par Ana Girardot.

«Il est vrai que j'ai beaucoup travaillé, mais à mes yeux, les choses se sont quand même faites progressivement. La télévision, le théâtre, ça te garde les pieds sur terre. Je n'ai jamais eu l'impression qu'un buzz s'est créé autour de moi et que tout a décollé d'un coup. Je me sens extrêmement privilégié, cela dit.»

Il rêve d'une carrière internationale, à la condition qu'elle lui permette de travailler avec des cinéastes intéressants, peu importe où ils se trouvent et dans quelle économie ils évoluent.

«Petit, j'adorais voir les acrobates au cirque, explique-t-il. Qui étaient souvent maquillés. Quand on les voyait sortir ensuite par la porte des artistes, on ne les reconnaissait pas. J'aime beaucoup cette humilité. Quand j'entends des acteurs dire qu'ils sont victimes de la starification, j'ai du mal à les croire. Parce que ça relève d'un choix. Marc-André Grondin aurait facilement pu miser là-dessus, mais il a choisi de ne pas le faire. Personnellement, je ne vois pas la starification comme une tare, mais elle ne constitue pas une envie non plus.

«À mon avis, poursuit-il, la nature même de la starification est paradoxale. Les cinéastes vivent cela différemment. Xavier [Dolan] est une star et ça lui sert énormément. Pour un acteur, je me pose la question. L'accès aux plus beaux projets dépend souvent de ta notoriété, mais en même temps, la star risque de prendre le pas sur l'acteur dans la tête du spectateur.»

Niels Schneider dit avoir pris goût à la... (PHOTO FOURNIE PAR GC DISTRIBUTION) - image 2.0

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Niels Schneider dit avoir pris goût à la danse en se préparant pour le tournage du film Polina, danser sa vie. 

PHOTO FOURNIE PAR GC DISTRIBUTION

Dans la peau d'un danseur

Dans Polina, danser sa vie, le premier long métrage du chorégraphe Angelin Preljocaj, Niels Schneider se glisse dans la peau d'un danseur français en tournée en Russie qui, là-bas, rencontre une danseuse classique (Anastasia Shevtsova) qui décide de tenter sa chance auprès d'une troupe de danse contemporaine française. Pour l'occasion, l'acteur a dû se mettre à une discipline qu'a déjà pratiquée son père à l'Opéra de Paris avant qu'une blessure ne force ce dernier à réorienter sa carrière.

«J'ai pratiquement passé toute l'année dernière avec Angelin Preljocaj, dit-il. J'ai fait partie d'un spectacle qui a été présenté à la cour d'honneur au Festival d'Avignon, que nous avons repris à Chaillot [un théâtre parisien] plus tard. Dans ce spectacle, intitulé Retour à Berratham, nous étions 3 comédiens et 14 danseurs. Le tournage de Polina, danser sa vie s'est fait simultanément.»

C'est dire qu'après la représentation, le soir, la troupe retournait à Aix-en-Provence dans la nuit afin d'être en mesure de tourner le lendemain matin. 

«Et à 15 h, on repartait, poursuit l'acteur. C'était fatigant sur le plan physique, mais très stimulant sur le plan moral. J'ai d'ailleurs suivi des cours pendant plus de trois mois, au beau milieu de danseurs professionnels.» 

«C'était très gênant. Agréable, mais très gênant. Tous les matins, tu te places à la barre et tu prends une leçon d'humilité et d'humiliation. Ce fut une sorte de révélation aussi. J'y ai pris goût!»

Niels Schneider révèle en outre être sorti différent de l'expérience, dans la mesure où le rapport qu'il entretient avec son corps en tant qu'acteur n'est plus le même. 

«C'est comme une autre conscience, une nouvelle façon de se mouvoir dans l'espace, sans les mots. L'expression du corps est parfois beaucoup plus puissante que celle de la parole. Et puis, le mélange entre des danseurs qui n'avaient jamais joué et des acteurs qui n'avaient jamais dansé était particulièrement intéressant.» 

Intérêts artistiques plutôt que géographiques

Pour l'instant, celui qui s'est d'abord fait remarquer dans Tout est parfait, excellent film d'Yves Christian Fournier, n'a aucun projet au Québec. 

«Enfin, si, corrige-t-il. Peut-être l'été prochain. Mais je ne peux pas en révéler davantage pour le moment. Cela dit, que le plateau soit au Québec ou ailleurs, je m'en fous. Je vais au Québec à titre personnel au moins deux fois par an. Ma famille est là. Je m'y sens chez moi. C'est chez moi. Mais je ne ressens pas le besoin d'y retourner pour travailler, à moins qu'un projet intéressant se pointe. Si Kim Nguyen m'appelle, ou Denis Villeneuve, ou Jean-Marc Vallée, ou peu importe, c'est certain que ça va m'intéresser!» 

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Polina, danser sa vie prendra l'affiche le 10 février. Les frais de voyage ont été payés par Unifrance.




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