Miles Teller: avoir du chien

Miles Teller a joué dans un premier long... (Photo fournie par Warner Bros.)

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Miles Teller a joué dans un premier long métrage, Rabbit Hole, en 2010. On l'a vu depuis dans une quinzaine d'autres oeuvres.

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Sonia Sarfati
La Presse

(New York) À la journaliste de l'Esquire qui, pour «faire la conversation», notait que, selon la légende, la coupe de champagne à laquelle elle buvait avait la forme du sein gauche de Marie-Antoinette, Miles Teller avait répliqué du tac au tac que son verre highball était modelé sur sa queue à lui.

Bien envoyé dans le contexte. Mais disons qu'à la lecture, l'entrevue semble avoir pris un virage vers le malaise. Parue il y a un an, elle était titrée: «Miles Teller est jeune, talentueux et n'a rien à foutre de ce que vous pensez». La reporter s'y demandait entre autres si l'acteur était un connard (a dick). Il ne l'a pas pris. Ses pairs et ses fans non plus. Ça a fait des vagues sur les médias sociaux.

Cela pour dire que Miles Teller a non seulement de la répartie, mais aussi du chien. Il peut mordre. Mais il peut également se montrer absolument... bon, on n'ira pas quand même jusqu'à dire obéissant (!) mais, en tout cas, craquant. C'est cette «facette» de sa personnalité que La Presse a vue dimanche à New York, le temps d'une entrevue où le jeune homme de 29 ans a revisité sa vie et sa carrière à travers sa filmographie.

War Dogs (2016)

Dans ce nouveau film de Todd Phillips (The Hangover), il incarne David Packouz, un «poteux» dans la vingtaine qui se la coule douce à Miami en compagnie de son ami Efraim Diveroli (Jonah Hill). Nous sommes en 2007. Les États-Unis sont en guerre contre l'Irak depuis quatre ans quand les deux jeunes hommes ont vent d'un programme qui leur permettrait de répondre, en toute légalité, à des appels d'offres de l'armée américaine. Ils s'improvisent alors marchands d'armes. Leur train de vie monte en flèche. C'est l'ascension. Puis, la débâcle quand ils décrochent un contrat de 300 millions pour armer les forces militaires afghanes. Car c'est gros, trop gros, pour eux. L'histoire est incroyable, mais vraie. Elle a été racontée dans le magazine Rolling Stone, en 2011, par le journaliste Guy Lawson.

Ayant lui aussi pas mal consommé - «Mais j'ai arrêté ça!», assure-t-il -, Miles Teller dit avoir été mis en contact avec ce récit par son père. «Il trouvait que je pouvais comprendre ces deux stoners [rires], il m'a envoyé l'article, soulignant que Todd en avait les droits, et il m'a conseillé de le contacter.» Ce que l'acteur a fait. «Todd était le producteur de Project X, je l'avais rencontré pendant le tournage et j'avais envie de retravailler avec lui.»

Anna Kendrick et Miles Teller dans Get a... (Photo fournie par CBS Films) - image 2.0

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Anna Kendrick et Miles Teller dans Get a Job de Dylan Kidd

Photo fournie par CBS Films

Get a Job (2016)

Dans cette très sympathique comédie de Dylan Kidd malheureusement passée inaperçue, il donne la réplique à Anna Kendrick et se glisse dans la peau d'un jeune diplômé qui a de grandes ambitions pour lui-même... mais ne parvient pas à grand-chose. Avant de pouvoir gagner sa vie comme acteur, a-t-il exercé d'autres métiers? «Bien sûr! J'ai même monté ma propre entreprise quand j'étais à l'école secondaire: des amis et moi réparions des calculatrices et les revendions!»

Fantastic Four (2015)

Il incarne Reed Richards/Mr. Fantastic dans le reboot (raté) de Josh Trank. Dans sa vie, qui seraient les quatre fantastiques? «Mes parents et mes deux soeurs!», répond-il spontanément. Un père ingénieur nucléaire, une mère courtière immobilière et deux soeurs plus âgées que lui. «Mais en fait, des fantastiques, il y en a plus que ça autour de moi. Mes amis, par exemple. J'en connais plusieurs depuis l'adolescence, ils sont formidables et très importants pour moi. D'ailleurs, quelques-uns sont au front, ce qui me donne une vision de la guerre très différente de celle de David et Efraim. Je ne vois pas les conflits armés comme une occasion de tirer son épingle du jeu ou comme un modèle d'affaires. Je n'ai pas une vision globale de la guerre, mais un rapport plus personnel.»

Whiplash (2014)

Il y a plusieurs significations au titre du film de Damien Chazelle qui a reçu son lot de nominations et de lauriers - et qui a mis Miles Teller dans l'oeil du grand public. L'une d'entre elles réfère au fameux coup du lapin, aux dommages cérébraux résultant d'un accident de voiture. Or à 20 ans, l'acteur a failli mourir dans un tel accident, quand il a été éjecté du véhicule conduit par un ami. Il en conserve des cicatrices au visage et au cou. Et d'autres, en lui.

«Beaucoup meurent dans des circonstances semblables. J'ai eu la chance de survivre. Ç'a été comme si quelqu'un avait tiré une sonnette d'alarme, je me suis "réveillé", ç'a été une prise de conscience incroyable et ça m'a permis - ça me permet encore aujourd'hui - de mettre les choses en perspective. Quand quelque chose comme ça vous arrive, vous vous posez énormément de questions, beaucoup plus que les gens de votre âge.» Il savait alors qu'il voulait devenir acteur. Il a pris les moyens pour y parvenir.

Miles Teller et Michael B. Jordan dans Fantastic... (Photo Ben Rothstein, fournie par Twentieth Century Fox) - image 3.0

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Miles Teller et Michael B. Jordan dans Fantastic Four de Josh Trank

Photo Ben Rothstein, fournie par Twentieth Century Fox

The Divergent Series (2014, 2015, 2016)

Inspirée des romans de Veronica Roth, la série se déroule dans un monde postapocalyptique où la population est divisée en cinq factions: les Audacieux, les Sincères, les Altruistes, les Érudits et les Fraternels. Les individus dits «divergents» sont traqués, car ils possèdent plusieurs qualités et dérangent ainsi le nouvel ordre établi. Miles Teller y incarne un Audacieux. Ce qu'il est visiblement. Mais serait-il aussi plus que cela, un Divergent peut-être? «J'espère bien!» L'ultime volet de la saga, a-t-on appris, devrait être tourné pour la télévision et non le cinéma. Y reprendra-t-il son rôle? «Je n'ai pas encore pris de décision. En fait, j'attends encore que le studio me contacte sur le sujet. Pour l'instant, officiellement, je ne sais rien.»

Spectacular Now (2013)

Sa notoriété a grandi avec sa prestation dans cette formidable «dramédie» romantique écrite par Scott Neustadter et Michael H. Weber, le tandem derrière (500) Days of Summer, dans laquelle il donne la réplique à Shailene Woodley. Alors, d'après lui et entre nous, en quoi est-il spectaculaire? «[Rires] On va laisser les gens décider de cela. Enfin, si jamais ça s'applique à moi!»

Rabbit Hole (2010)

Dans ce drame de John Cameron Mitchell, il incarne le jeune conducteur qui tue l'enfant de 4 ans du couple incarné par Nicole Kidman et Aaron Eckhart. Après l'accident qui a failli lui coûter la vie en 2007 et après avoir perdu deux amis proches sur la route, l'année suivante, à cinq semaines d'intervalle, il était prêt pour cette partition. «J'étais à l'hôpital quand on a débranché l'un d'entre eux. Je sais ce que c'est de serrer dans ses bras une mère qui vient de perdre son fils.»

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War Dogs (Chiens de guerre) prend l'affiche le 19 août. 

Les frais de voyage ont été payés par Warner Bros.

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