Denis Villeneuve parle de ses rêves et de Hollywood

Denis Villeneuve sur le tapis rouge de Sicario... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Denis Villeneuve sur le tapis rouge de Sicario au Festival de Toronto.

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Cassandra Szklarski
La Presse Canadienne
Toronto

Denis Villeneuve est en demande. Le réalisateur québécois enfile les projets, parcourant la planète pour les besoins de tournages ou d'activités promotionnelles. Il estime qu'il devrait avoir le temps de dormir quelque part en 2018.

Il se concentre actuellement sur la promotion de Sicario, qui met en vedette Emily Blunt dans la peau d'une agente du FBI idéaliste et Benicio Del Toro dans celui d'un assassin énigmatique. Le film prend l'affiche vendredi au Canada.

Il est également en plein montage pour Story of Your Life, qui mettra en vedette Amy Adams et Jeremy Renner, et amorcera ensuite la préproduction de la très attendue suite de Blade Runner avec Harrison Ford et Ryan Gosling. Il ne s'attend cependant pas à pouvoir commencer à tourner avant la fin de 2016.

La Presse Canadienne s'est entretenu avec le cinéaste par téléphone pour discuter de suites et de rêves hollywoodiens.

La Presse Canadienne: Sicario n'a pas encore pris l'affiche qu'il est déjà question d'une suite.

Denis Villeneuve: Les personnages sont très forts et le scénario de Taylor Sheridan (...) était très puissant. Lionsgate est très fier du film et avant sa sortie, ils ont commencé à se dire «Peut-être?» Je ne suis pas fermé à l'idée, je crois qu'il faudra voir si Taylor sera capable d'écrire quelque chose d'aussi bon que le premier. Je crois aux suites si elles sont meilleures. Je ne ferai pas quelque chose seulement pour surfer sur le succès du premier.

PC: Évidemment. Sinon, pourquoi faire une suite à Blade Runner?

DV: C'est vrai. D'une certaine façon, je crois que le scénario (de Blade Runner) que j'ai lu, écrit par Hampton Fancher, Ridley Scott et Michael Green, est un scénario très fort, et je crois qu'il y a un bon film qui peut être fait à partir de ce scénario. C'est pourquoi j'ai accepté de le faire.

PC: Et il arrive immédiatement après un autre projet de science-fiction avec Amy Adams.

DV: Je rêvais de faire de la science-fiction depuis que j'avais 10 ans. Ça faisait longtemps que je cherchais un projet qui me permettrait de toucher à ce genre. Mais Story of Your Life est un projet très différent de Prisoners ou Sicario - il traite plus de la lumière que de l'ombre. Après avoir tourné cinq films consécutifs qui allaient dans l'ombre, j'avais besoin d'une pause.

PC: Vous tournez à un rythme effréné...

DV: C'est une affaire de circonstances. C'est que les films ont obtenu le feu vert très rapidement. C'est généralement plus lent (...) Après Blade Runner, si les choses vont comme prévu, je prendrai une pause. J'aurai besoin d'une pause par la suite pour pouvoir réfléchir et rêver un peu plus. Et pour dormir.

PC : C'est sans doute difficile de dire non quand Hollywood frappe à votre porte.

DV : Quand j'ai accepté de faire Prisoners (...), j'avais peur de le faire, parce que je craignais d'être écrasé, de perdre mon identité comme cinéaste dans ce système. Mais le contraire s'est produit. Le producteur du studio derrière le projet m'a protégé et avait ma vision à coeur, donc ce fut une belle expérience et j'ai décidé de continuer.

Ce qui m'excite, c'est qu'on me donne l'occasion de travailler avec des artistes que j'admire beaucoup, avec qui j'apprends beaucoup. Il y a aussi des choses que je peux faire qui ne seraient pas possibles ici. Par exemple, dans Sicario, la bataille sur le pont est plus coûteuse qu'un long métrage tourné ici, vous savez. Il y a des choses qu'il impossible de faire chez moi, en tant que cinéaste. J'ai des rêves que je suis capable d'essayer de réaliser là-bas, donc c'est un défi. C'est très, très excitant. Je ne peux pas dire non.

PC : L'attention portée aux cinéastes québécois n'a jamais été aussi grande, de vous à Jean-Marc Vallée en passant par Philippe Falardeau et Xavier Dolan.

DV : Vous savez ce qui est différent maintenant? L'idée que c'est possible (...) Nous avons toujours eu l'impression, d'une certaine façon, que la barrière de la langue était quelque chose d'important. Je n'aurais jamais pensé que je réaliserais un jour des films à Hollywood, honnêtement. J'avais l'impression que la seule porte qui me serait ouverte aurait été de réaliser Legally Blonde 7 et que je deviendrais un réalisateur à louer. Ce n'est pas quelque chose qui m'aurait intéressé du tout.

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