François Girard: retour aux sources

Pour un artiste qui se définit comme cinéaste avant tout, une absence de sept... (Photo: Yan Doublet, Le Soleil)

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Pour un artiste qui se définit comme cinéaste avant tout, une absence de sept ans est beaucoup trop longue. François Girard compte maintenant être plus présent au cinéma. À la condition d'avoir quelque chose à dire.

Quand il a rencontré la productrice américaine Judy Cairo pour discuter d'un projet, François Girard s'est alors fait proposer la réalisation d'une grande production. Dans l'esprit de celle qui compte Crazy Heart dans son CV, un film qui a valu un Oscar à Jeff Bridges, le cinéaste québécois doit sa réputation à des mises en scène ambitieuses au cinéma, à l'opéra, au Cirque du Soleil. Comment diable celui qui a mis en scène l'immense Parsifal de Wagner au Metropolitan Opera de New York pourrait-il être seulement intéressé par une production modeste à caractère intimiste?

«Elle pensait probablement que je ne voulais faire que des productions épiques, explique François Girard lors d'un entretien accordé à La Presse. J'ai pourtant toujours pris plaisir à mettre en scène autant les grandes productions que des spectacles archidépouillés. Il s'adonne qu'on m'a donné de grandes choses à faire, sans que je sache vraiment pourquoi. Ça s'est fait comme ça. À mes yeux, l'échelle d'une oeuvre n'a strictement aucune importance. Il s'agit toujours d'un même geste créatif.»

Bonne entente avec Dustin Hoffman

Peu intéressé par le projet proposé, le cinéaste québécois a quand même eu la curiosité de s'enquérir auprès de la productrice de l'autre scénario qu'elle avait apporté. Une histoire d'enfant difficile, doué pour le chant et la musique, qui fréquente une institution dans laquelle officie un maître de chorale rigoureux. Dustin Hoffman étant déjà lié à ce projet, l'intérêt de François Girard fut d'autant plus grand.

«J'ai lu le scénario de Boychoir chez moi, un samedi midi, dit-il. J'ai vraiment été touché à la lecture. J'en ai même sangloté!»

Hoffman et Girard se tournaient autour depuis déjà un bon moment. Admiratif du Violon rouge, l'acteur avait d'ailleurs sollicité une rencontre avec le metteur en scène il y a une douzaine d'années.

«Cela devait être une rencontre d'affaires d'une durée de 50 minutes, a raconté le cinéaste au moment de la première de Boychoir au festival de Toronto. Finalement, je suis resté chez lui 36 heures! Nous nous sommes tout de suite bien entendus. Et nous avons travaillé à l'époque sur un projet qui ne s'est malheureusement jamais concrétisé.»

Boychoir leur a donné l'occasion de reprendre là où ils avaient laissé. Aux yeux du cinéaste, qui agit aussi à titre de producteur musical, Hoffman fait partie de ces rares comédiens dotés d'une autorité naturelle assez forte pour se glisser avec grâce dans la peau d'un tel personnage.

«Il fallait un acteur qui peut avoir l'air très sévère, mais dont on sent aussi l'humanité derrière la dureté, indique le réalisateur. Peu d'acteurs peuvent traduire cela avec autant d'aisance que Dustin.»

En état de manque

Très sollicité à titre de metteur en scène de grands spectacles et d'opéras partout sur la planète, François Girard n'avait rien tourné pour le cinéma depuis Soie, en 2007. Il dit avoir été en état de manque pendant tout ce temps. Se définissant avant tout comme cinéaste, le réalisateur de 32 films brefs sur Glenn Gould, le film qui l'a imposé sur la scène internationale, compte bien augmenter son rythme de tournage.

«Le cinéma est mon habitat naturel, fait-il remarquer. Après Soie, j'ai tout de suite eu envie de m'y remettre, mais j'ai été appelé ailleurs. J'essaie maintenant d'organiser mon travail de telle sorte que je puisse m'accorder le temps de tourner un film ou deux au cours des cinq prochaines années. En même temps, je ne veux pas tourner pour tourner. Je me dis souvent que si je n'ai rien à dire, il vaut mieux se taire. Quand on a quelque chose de beau à partager, il vaut aussi la peine de prendre le temps de réfléchir à ce qu'on fait. Cela dit, si on pousse ça à l'extrême, ça donne qu'on ne tourne pas plus souvent que Stanley Kubrick ou Terrence Malick. Je soupçonne pourtant Malick d'avoir eu la même réflexion que moi, car il s'est mis à produire à un rythme beaucoup plus soutenu depuis quelques années!»

Tourner au Québec

S'il est en discussion présentement pour trois projets de longs métrages, aux États-Unis et en Europe, François Girard travaille aussi à l'écriture de deux scénarios qu'il compterait faire produire au Québec.

«C'est quand même étrange, fait-il remarquer. Je n'ai pratiquement jamais montré à l'écran la ville dans laquelle je vis, mis à part un petit passage dans Le violon rouge. Les deux scénarios sur lesquels je travaille sont écrits en français, mais plusieurs langues s'y entremêlent. L'un d'entre eux évoque tout ce qui s'est passé au fil des siècles sur le territoire que nous habitons.»

Si son programme de mises en scène est déjà établi pour les cinq prochaines années, il en est tout autrement sur le plan de la réalisation.

«Il est difficile de faire concrétiser un projet de cinéma, souligne-t-il. C'est parfois très compliqué. Je peux vous dire exactement la date et l'heure de la première présentation du Vaisseau fantôme de Wagner en 2020, que je vais monter au Met, mais dans le domaine du cinéma, on ne peut pratiquement jamais rien prévoir!»

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