Astérix - Le domaine des dieux: choc des civilisations

Astérix et Obélix dans Le domaine des dieux.... (Image fournie par Métropole Films)

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Astérix et Obélix dans Le domaine des dieux.

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(PARIS) De l'avis général, le premier film d'Astérix en images de synthèse est une belle réussite. Pour Alexandre Astier, créateur de la série culte Kaamelott, il s'agit d'une toute première incursion dans le monde du dessin animé.

Il aura fallu quatre années de travail pour voir naître le premier film d'animation en images de synthèse tiré d'une aventure d'Astérix. Entre le moment où m6 Studio a pris la décision d'aller de l'avant avec le projet et celui où il a pris l'affiche dans les salles, un autre film, «en vrai» celui-là, a aussi été offert au public. Bien qu'Astérix et Obélix: Au service de Sa Majesté ait reçu un meilleur accueil critique que le précédent (Astérix aux Jeux olympiques), les spectateurs se sont déplacés en moins grand nombre que d'habitude.

Alexandre Astier, qui a écrit le scénario d'Astérix - Le domaine des dieux en plus d'en cosigner la réalisation, a bien eu vent du phénomène. Il n'a pu éviter d'entendre les rumeurs de «lassitude du public» mises de l'avant par les experts pour expliquer la performance «décevante» du film de Laurent Tirard. Il a quand même essayé d'en faire fi.

«Il est certain que lorsque vous êtes en train de fabriquer votre propre film et que vous entendez parler de l'autre qui ne marche pas, ça déstabilise un peu, a reconnu le réalisateur lors d'un entretien accordé à La Presse

«J'ai eu envie d'aller voir moi-même de quoi il retournait, mais je me suis retenu. Je tenais à ce que ma vision ne soit altérée d'aucune façon. Est-ce que le public est vraiment lassé de voir Astérix au cinéma? Honnêtement, je n'en sais rien. Rien n'est plus difficile que d'analyser un échec ou un succès.»

L'un des meilleurs de la série

Surtout connu pour avoir créé la série culte Kaamelott, où il tenait le rôle du roi Arthur, Astier fut le premier choix des producteurs au moment où la mise en chantier d'un film d'animation en images de synthèse a obtenu le feu vert. Question de style d'écriture, de ton, de communauté d'esprit.

«Au départ, les producteurs souhaitaient une adaptation de l'album Astérix en Hispanie, révèle le cinéaste. Mais j'ai insisté pour changer. Le domaine des dieux est à mes yeux l'un des meilleurs de la série. Il est aussi potentiellement plus riche sur le plan cinématographique. Cette histoire garde toute sa modernité. Goscinny a plongé ses personnages dans un pétrin contre lequel la potion ne peut plus rien.»

«Comme je n'y connais strictement rien en animation, nous avons monté une équipe autour de Louis Clichy, que je ne connaissais pas du tout. On nous a mis dans une boîte, on nous a secoués, et on a attendu de voir ce qui en sortirait!»

Ayant travaillé à titre d'animateur au studio Pixar, Louis Clichy avait déjà réalisé des courts métrages d'animation, dont quelques-uns en 3D. Il signe ici son premier long métrage.

«Mon expérience chez Pixar a d'évidence été très formatrice, indique-t-il. Les productions de ce genre sont tellement énormes qu'il faut souvent plus d'une personne à la réalisation. Les répartitions sont très précises. Alexandre est le créateur du film et il a dirigé les acteurs en studio. De mon côté, j'ai pris en charge tout le volet animation. Le tout s'est très bien déroulé.»

Néophyte en matière de dessin animé, sauf pour avoir parfois prêté sa voix à des personnages dans des courts métrages d'animation, Alexandre Astier fut le premier étonné d'apprendre qu'une production de cette envergure était réalisable en France.

«Avec mes enfants, j'ai évidemment beaucoup vu de productions américaines, notamment les films de Pixar, indique-t-il. Quand on m'a contacté pour Astérix, on m'a dit que le but du jeu était de produire quelque chose de cette qualité-là, avec la même facture visuelle. Déjà, j'étais surpris qu'on sache le faire. Le projet était aussi de laisser la part belle aux acteurs puisque, du coup, on allait reprendre la méthode américaine. C'est-à-dire que nous allions enregistrer les partitions vocales des acteurs d'abord, et faire l'animation ensuite. C'était une proposition en or!»

Le sceau d'Albert Uderzo

Toutes les adaptations des albums d'Astérix doivent, bien entendu, obtenir l'approbation d'Albert Uderzo. Le célèbre dessinateur, qui a créé les personnages des irréductibles Gaulois en 1959 avec le regretté René Goscinny, a suivi de près les principales étapes de la production.

«La présence de monsieur Uderzo a été fort utile, reconnaît Louis Clichy. Il est venu nous voir régulièrement au début, surtout pour travailler sur la forme. Je crois que ça lui plaisait bien d'être là, car il avait fondé un studio d'animation dans les années 70 - le studio Idéfix - qui n'a malheureusement pas survécu. Il a une grande admiration pour l'animation et les animateurs.»

«Pour ce qui est du fond, poursuit Alexandre Astier, des règles implicites se sont installées à propos de ce qu'on peut ou ne peut pas faire. Il a fallu défendre nos idées parfois. On reste fidèle à l'album, bien sûr, mais les personnages ne vivent quand même pas sous cloche ni dans un musée.»

Astier rit quand il rappelle le premier commentaire qu'a formulé le dessinateur après avoir vu le film.

«Uderzo a dit: "C'est le film le plus réussi, en vrai et en animation confondus." Alors, je ne vois pas pourquoi on ne le citerait pas! Plus sérieusement, ce sceau d'approbation a mis du temps à venir parce que la version finale a été longue à mettre au point. L'animation est un travail très ingrat. Mais nous sommes très fiers du résultat!»

Les frais de voyage ont été payés par Métropole Films.

Une distribution dominée par Roger Carel

Pour tous ceux qui ont grandi avec les dessins animés d'Astérix, la voix de Roger Carel est déjà très familière. La voix de l'acteur fut en vedette dans les huit longs métrages d'animation produits jusqu'à maintenant, soit depuis Astérix le Gaulois en 1967. Les concepteurs d'Astérix - Le domaine des dieux n'osaient même pas rêver à une neuvième participation du légendaire comédien. Tout simplement parce que ce dernier avait déjà annoncé officiellement avoir pris sa retraite il y a quelques années.

«Quand il a su que le projet était mis sur pied, monsieur Carel nous a fait savoir qu'il était prêt à sortir de sa retraite pour l'occasion. Ce fut véritablement providentiel pour nous!», fait remarquer le coréalisateur Alexandre Astier.

Dans les notes de production, le vénérable acteur, aujourd'hui âgé de 87 ans, explique ainsi son retour.

«Pour moi, Astérix est un vieux compagnon. La première fois que je l'ai interprété, c'était il y a plus de 45 ans, pour la radio. René Goscinny et Albert Uderzo souhaitaient faire des feuilletons et cherchaient des voix. Le personnage, bien que sympathique, était toujours un peu en train de râler! Le type même du petit Français vu par les étrangers! Mais il est aussi honnête et juste et il se définit également par son amitié avec Obélix. Chacun est le faire-valoir de l'autre.

«Au fil du temps, poursuit-il, j'ai vu Astérix évoluer. Dans ce film, je le trouve plus tendre, plus sensible, plus ému qu'il ne l'a été même dans les bandes dessinées. C'est une nouvelle facette chez lui.»

Plusieurs vedettes

Autour de Roger Carel, Alexandre Astier a réuni plusieurs vedettes, de même que des acteurs à qui il avait déjà fait appel pour Kaamelott

C'est notamment le cas de Guillaume Briat, qui prête sa voix à Obélix. Lorànt Deutsch (Anglaigus), Laurent Lafitte (Duplicatha), Alain Chabat (sénateur Prospectus), Elie Semoun (Cubitus), Lionnel Astier (Cetautomatix), François Morel (Ordralfabétix) et Florence Foresti (Bonemine) font également partie de la distribution.

Le piège de César

Publié en 1971, Le domaine des dieux est le 17e album de la série Astérix. Le petit village d'Armorique, peuplé d'irréductibles Gaulois, résiste encore et toujours à l'envahisseur. Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de tactique: puisque ses armées sont incapables de s'imposer par la force, c'est la civilisation romaine elle-même qui saura séduire ces barbares gaulois. Il fait donc construire à côté du village un domaine résidentiel luxueux destiné à des propriétaires romains en mal d'exotisme: le domaine des dieux.

«Le domaine des dieux est probablement l'un des albums les plus réussis de mon père, a déclaré Anne Goscinny, aujourd'hui gardienne de l'oeuvre de son illustre paternel. Cet album vient prendre à partie les enjeux qui font tourner le monde!»

Pour Alexandre Astier, qui a délibérément choisi de porter cet album à l'écran, Le domaine des dieux le ramène inévitablement vers son enfance. «Astérix est directement lié à ma petite enfance et aux vacances, car les albums étaient chez ma grand-mère. À l'époque, Le domaine des dieux m'avait particulièrement frappé parce que les Gaulois prenaient un vrai risque. On sentait que César jouait sur leurs fragilités: le manque de cohésion et la cupidité. Je me souviens que j'avais été angoissé en voyant ces hommes réputés invincibles et soudés être menacés par l'appât du gain et le style de vie «bourgeois» imposé par les Romains.»

Produite au coût d'environ 35 millions d'euros (49 millions de dollars canadiens), l'adaptation du Domaine des dieux en dessin animé a jusqu'à maintenant attiré plus de 3 millions de spectateurs en Europe.

Astérix - Le domaine des dieux

Cote La Presse

Pour en finir avec les irréductibles Gaulois, qui continuent à lui résister grâce à la potion magique du druide Panoramix, Jules César entreprend de...
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