Omar Sy: tirer le meilleur de la vie, toujours

Samba, d'Éric Toledano et Olivier Nakache, est une... (PHOTO FOURNIE PAR FILMS SÉVILLE)

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Samba, d'Éric Toledano et Olivier Nakache, est une comédie dramatique avec Omar Sy et Tahar Rahim (en débardeur orange, entre les deux réalisateurs).

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Pour la première fois de sa carrière, Omar Sy a l'occasion de jouer une histoire d'amour au grand écran, avec Charlotte Gainsbourg. Après le succès historique d'Intouchables, c'est comme un autre cadeau de la vie.

Un succès de l'ampleur de celui qu'a obtenu Intouchables - plus de 19 millions de spectateurs en France - marque les esprits. C'est inévitable. Depuis trois ans, Omar Sy trône pratiquement au sommet de tous les palmarès de popularité dans l'Hexagone. Dire de Samba qu'il était attendu au tournant relève de l'euphémisme. Non seulement l'acteur retrouve-t-il le tandem de réalisateurs qui a su faire d'Intouchables un véritable phénomène social, mais il se glisse aussi dans un personnage beaucoup plus sobre. En tout cas moins extraverti, moins coloré que son prénom - Samba, c'est lui - pourrait le laisser croire. Forcément, le succès de Samba sera mesuré à celui du «film d'avant».

Mais ne comptez pas sur Omar Sy pour s'en plaindre.

«Depuis Intouchables, il y a trois mots que j'entends beaucoup, mais que je refuse d'utiliser, a-t-il confié à La Presse lors de son passage au festival de Toronto, l'an dernier. J'entends beaucoup les mots «pression», «violent» et «difficulté». Mais moi, je fais très attention aux mots. Et j'avoue ne pas avoir envie du tout d'employer ces mots-là pour évoquer ce qui s'est passé avec Intouchables. Un succès comme ça, c'est un cadeau de la vie!

«Sur le plan personnel, poursuit-il, ça fait qu'on reçoit beaucoup d'amour de la part des gens. Et moi, je le prends, car on exerce justement ce métier pour être aimé. Et je bouderais ça? Sur le plan professionnel, ce succès ouvre de grandes portes et fait en sorte que des propositions incroyables s'offrent à vous. En quoi cela peut-il être difficile?»

À sa place

Rappelons que, il y a trois ans, alors que Jean Dujardin collectionnait les trophées partout dans le monde - y compris l'Oscar - grâce à sa performance dans The Artist, Omar Sy était sacré meilleur acteur aux Césars du cinéma français. C'est dire.

Du coup, celui qui fut un jour invité par Jamel Debbouze, un inconnu qui habitait le même quartier, à endosser l'identité d'un invité fictif à la faveur d'une émission de radio pilote, a enfin cru qu'il était vraiment à sa place.

«J'ai eu très tôt envie d'être acteur, mais il m'aura fallu du temps pour me convaincre que j'en suis vraiment un, explique-t-il. J'ai commencé à faire du cinéma avec Éric Toledano et Olivier Nakache il y a longtemps, pourtant. C'était il y a 15 ans, dans un court métrage intitulé Ces jours heureux. Mais il aura fallu attendre Intouchables et le César pour y croire vraiment. C'était comme une validation. Depuis, j'assume totalement.»

Dans Samba, le cinquième long métrage du tandem Toledano-Nakache, Omar Sy se glisse cette fois dans la peau d'un Sénégalais installé depuis 10 ans en France. Samba, qui survit à coups de petits boulots et ne parvient jamais à obtenir ses papiers, est repéré et menacé d'expulsion du territoire. C'est pourtant à la faveur de cette impasse qu'il fait la rencontre d'Alice (Charlotte Gainsbourg). Cadre dans une grande entreprise, elle soigne son épuisement professionnel en faisant du bénévolat dans une association qui vient en aide aux sans-papiers.

Sous des allures de comédie de situation, le film épingle ainsi des thèmes sociaux très délicats.

«On souhaite d'abord divertir le public, indique Omar Sy. Ensuite, si un film comme celui-là peut contribuer à susciter une réflexion en soulevant quelques questions, ce sera ça de gagné. Il y a bien entendu la question de l'immigration, mais aussi, et surtout, celle de la place qu'occupe le travail dans la société et de l'effet qu'il peut avoir dans nos vies. Alice et Samba sont aux deux extrêmes, mais leurs préoccupations sont les mêmes. Dans ma propre histoire, j'ai toujours eu du mal à voir mon métier d'acteur comme un travail. Surtout quand je regarde mon père, qui a trimé dur toute ma vie.» 

Acteur fétiche

À titre d'acteur fétiche, Omar Sy est toujours impliqué dès le départ dans les projets du tandem Toledano-Nakache.

«Ils me font d'abord part de leurs idées et ensuite ils écrivent le scénario de leur côté, explique-t-il. On essaie de toujours faire quelque chose de différent d'un film à l'autre. Samba est un personnage plus timide, plus modeste. Comme il ne maîtrise pas tout à fait bien la langue, son verbe est aussi plus limité. Cela dit, c'est la première fois qu'on me fait vivre une histoire d'amour à l'écran. Je ne sais pas pourquoi on ne m'a jamais confié ça avant!»

Quand il a su que les cinéastes pensaient à Charlotte Gainsbourg pour le personnage d'Alice, Omar Sy a trouvé l'idée aussi surprenante qu'enthousiasmante.

«On se dit tout de suite que c'est une grande chance, fait-il remarquer. Mais avant de sauter de joie, on se demande si ça intéressera Charlotte de jouer ça. Et une fois qu'elle dit oui, là, on se demande si on sera à la hauteur! Mais le plaisir de jouer ensemble s'est vite installé. C'est un bonheur d'avoir une actrice comme Charlotte en face de soi.»

Après Samba, Omar Sy a enchaîné deux productions anglophones: Jurassic World (sortie prévue le 12 juin) et un film encore non titré de John Wells (August: Osage County) dans lequel il donne la réplique à Bradley Cooper et Jamie Dornan. L'acteur, qui était de la distribution de X-Men: Days of Future Past («J'ai vécu plus d'un mois à Montréal!» lance-t-il) tient aussi le rôle-titre dans Chocolat, un film que Roschdy Zem tourne actuellement.

Charlotte Gainsbourg... (Photo: archives AP) - image 2.0

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Charlotte Gainsbourg

Photo: archives AP

Autour d'Omar Sy

Charlotte Gainsbourg : Alice

Après plusieurs films où elle a pu exploiter son talent dramatique et parfois tester ses limites, notamment grâce à Nymphomaniac (Lars von Trier), l'actrice a accueilli la proposition d'Éric Toledano et Olivier Nakache comme une bouffée d'air frais.

«Depuis très longtemps, je souhaitais faire une comédie, explique-t-elle en entrevue. J'avais envie d'un tournage léger, d'un tournage où on s'amuse. C'était important pour moi. Ensuite, il y a là un vrai sujet. C'est ce qui fait la qualité du film. Les situations amènent des éléments de comédie, mais le récit aborde quand même des thèmes très sérieux. On ne peut pas faire semblant que tout va bien. On sent dans l'air une vraie morosité, une vraie agressivité.

«Cela dit, j'estime vivre dans un milieu trop privilégié pour pouvoir donner mon point de vue sur la politique, ou même sur l'actualité. Tout ce que je peux dire, c'est que Samba reste un film. Il n'y a pas ici de volonté de livrer un «message», encore moins l'envie de donner des leçons. Ça reste un divertissement qui peut prétendre faire du bien aux gens. Si, après, on peut se poser un peu plus de questions et être un peu plus à l'écoute des gens en difficulté, tant mieux.»

Tahar Rahim : Walid dit Wilson

Immigré brésilien qui maîtrise parfaitement les règles du système D, Walid, un séducteur, prend Samba sous son aile et lui permet d'obtenir du boulot, notamment à titre de laveur de vitres. Révélé grâce à Jacques Audiard dans son film Un prophète, Tahar Rahim prête son talent à une franche comédie pour la première fois.

«J'ai accepté avant même de savoir quel était le rôle, confie l'acteur au cours d'un entretien accordé à La Presse. Mais Éric et Olivier tenaient à ce que je lise le scénario quand même avant de dire oui! Nous nous connaissions déjà. Ils savent que j'aime me marrer, rigoler, danser. Et ce film reflète vraiment leur personnalité en tant qu'êtres humains. Ils ont une vraie notion de l'amitié, de l'échange, des rencontres.

«Omar est aussi devenu mon grand copain, poursuit-il. On se connaissait avant, mais nous nous sommes vraiment soudés sur ce tournage. Omar est un type bien. J'ai beaucoup d'affection pour lui. Au-delà de ses qualités humaines, ce mec est une Ferrari en tant qu'acteur. Je ne sais pas si j'aurais pu faire ce que j'ai fait dans ce film avec quelqu'un d'autre. Quand tu as en face de toi un partenaire comme lui, tu peux te lâcher sans problème. Tu ne réfléchis pas, tu plonges!»

L'histoire d'un parcours commun

La complicité entre Omar Sy, Éric Toledano et Olivier Nakache remonte à une époque où le tandem de réalisateurs commençait à peine à trouver ses marques. Samba est leur sixième collaboration au grand écran.

«Il y a déjà un esprit de bande entre Éric, Olivier et moi. Cela nous fait gagner du temps parce qu'on peut aller tout de suite à l'essentiel. Ils me proposent toujours des rôles différents d'un film à l'autre. Cela me plaît beaucoup», a dit Omar Sy.

Ces jours heureux (2001)

Dans ce court métrage ayant pour cadre une colonie de vacances, Omar Sy a l'occasion de donner la réplique à Fred Testot. Le duo comique Omar et Fred fera ensuite sa marque sur scène et à la télé, notamment en déridant les téléspectateurs du Grand Journal de Canal Plus avec des capsules humoristiques de service après-vente.

Je préfère qu'on reste amis (2004)

Dans ce premier long métrage du tandem Toledano-Nakache, dont les têtes d'affiche sont Gérard Depardieu et Jean-Paul Rouve, Omar Sy tient un tout petit rôle. Le comédien québécois Yves Jacques fait aussi partie de la distribution.

Nos jours heureux (2006)

Éric Toledano et Olivier Nakache ont conçu l'idée de ce long métrage en s'inspirant du court métrage qu'ils avaient réalisé quelques années auparavant. Omar Sy reprend le même rôle que dans Ces jours heureux. Du coup, l'acteur partage l'affiche du film avec Jean-Paul Rouve et Marilou Berry.

Tellement proches (2009)

Dans cette comédie un peu grinçante, Omar Sy incarne un invité qui, pour la première fois, assiste au dîner hebdomadaire d'une famille.

Intouchables (2011)

Ce film-phénomène fait d'Omar Sy une superstar. L'acteur marque les esprits dans le rôle de Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison qui parvient à établir une complicité avec un aristocrate handicapé.

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