Bollywood rencontre le Canada anglais

Le film Dr Cabbie, de Jean-François Pouliot.... (Photo Films Séville)

Agrandir

Le film Dr Cabbie, de Jean-François Pouliot.

Photo Films Séville

Tourné à New Delhi et à Toronto, Dr. Cabbie, nouveau film de Jean-François Pouliot, emprunte tant à la culture indienne qu'au multiculturalisme du Canada anglais. Tout en essayant de se tenir à l'écart des influences hollywoodiennes.

Pierre Elliott Trudeau serait fier de voir que le multiculturalisme, principe cher à son gouvernement, est en train de sauver le 7e art canadien.

Enfin, c'est une façon de parler. C'est surtout un des principaux éléments qui font du film Dr. Cabbie une oeuvre qui prend ses distances de la recette hollywoodienne, assure le réalisateur Jean-François Pouliot.

«Je trouve que les films canadiens-anglais manquent souvent d'identité, dit Pouliot (La grande séduction) en entrevue. Ils veulent trop ressembler aux films américains. Alors qu'ici, les trois scénaristes du film ont une façon unique de travailler. Ils vivent au Canada anglais, où il y a une grande diversité culturelle, ce qui se reflète dans leur travail. Le même film tourné aux États-Unis n'aurait pas eu la même texture.»

Mettant en vedette Vinay Virmani, l'un des trois scénaristes, Dr. Cabbie nous met en présence de Deepak, un jeune Indien qui, sitôt armé de son diplôme de médecine à New Delhi, saute dans le premier avion et débarque à Toronto dans l'espoir de faire carrière et fortune. Or, la réalité étant ce qu'elle est, il se retrouve chauffeur de taxi.

La vie de ce dernier va toutefois prendre un virage important le jour où il aide Natalie, une cliente, à accoucher dans son taxi. Le tout filmé par son ami Tony (Kunal Nayyar) qui mettra la vidéo en ligne.

Du coup, Deepak deviendra célèbre et fera des consultations dans sa voiture. Une affaire illégale qui finira par lui éclater au visage. Il pourra heureusement compter sur l'aide de Natalie, qui est avocate et dont le méecin-chauffeur deviendra follement amoureux.

Une comédie, donc? Oui, et souvent très premier degré. Mais avec aussi son lot d'accents dramatiques et ses échos aux réalités canadiennes. Au multiculturalisme déjà évoqué, ajoutons des clins d'oeil aux splendeurs de Toronto et... à l'arythmie du système de santé ontarien.

Ah bon! L'herbe n'est pas plus verte chez le voisin? Non, répond Jean-François Pouliot.

«La lenteur du système de santé est aussi une réalité ici, assure-t-il. Je n'ai pas eu à en faire l'expérience parce que je n'ai pas été malade. Mais les gens se reconnaissent là-dedans. De plus, et ça me semble encore plus vrai qu'au Québec, il y a énormément de chauffeurs de taxi diplômés de médecine, génie, droit, etc., dans leur pays. D'ailleurs, j'adore cette réplique du film lorsque le patron de la société de taxi dit qu'il y a plus de doctorats dans son garage qu'à Harvard.»

La touche Bollywood

Prononcez les mots comédie et Inde dans la même phrase, et le nom Bollywood surgit aussitôt.

C'est bien sûr le cas de Dr. Cabbie, avec sa dose de fêtes, de couleurs, de danses, de musiques émaillées au son du sitar. Pouliot s'est visiblement bien amusé avec ce style, qui, dit-il, allège la pression exercée sur le travail de réalisation.

«Si on me demandait de tourner un film purement Bollywood, je dirais oui, lance Pouliot. C'est vraiment du bonbon. Le plus grand stress du réalisateur est de faire passer son histoire. Alors que dans des scènes de Bollywood, c'est l'inverse. L'histoire peut s'arrêter carrément et faire place à 15 ou 20 minutes de fête. Si tu es libéré de la tension dramatique, tu fais le party.»

Le réalisateur n'a pas voulu aller aussi loin, sachant qu'il s'adressait à un public nord-américain. Mais il a pris plaisir à capter des numéros de danse et de fête sous tous les angles. Comme dans une scène particulièrement endiablée où l'on célèbre l'anniversaire de Deepak... jusqu'au moment où des policiers tout ce qu'il y a de plus nord-américain débarquent.

Comme on dit: chassez le multiculturalisme canadien, et il revient au galop!

Dr. Cabbie prend l'affiche, en anglais seulement, le 19 septembre.

FILMOGRAPHIE DU RÉALISATEUR

La grande séduction, comédie (2003)

Le guide de la petite vengeance, comédie dramatique (2006)

Champlain retracé, documentaire (2008)

Dr. Cabbie, comédie dramatique (2014)

La guerre des tuques, animation 3D (2015)




Les plus populaires : Cinéma

Tous les plus populaires de la section Cinéma
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer