Mikaël Roskam et Matthias Schoenaerts: deux Belges entre Oscar et Hollywood

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L'acteur belge Matthias Schoenaerts

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Sonia Sarfati
La Presse

(Toronto) Les Belges Mikaël Roskam et Matthias Schoenaerts ont attiré l'attention de Hollywood avec Bullhead, écrit et réalisé par le premier et mettant le second en vedette. En 2012, ce drame puissant a été en nomination pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

«Ça a été party après party, et un an et demi plus tard, j'étais prêt à recommencer à travailler, mais je n'avais rien écrit, racontait le cinéaste en rencontre de presse tenue au TIFF. Hollywood n'était pas mon but dans la vie, mais Hollywood en tant qu'idée, en tant que conséquence d'une idée formidable, ça me plaisait. Après tout, le cinéma américain m'a fortement influencé et je dirais que 60 à 70 % de mes films préférés sont américains.»

C'est alors que l'idée formidable, justement, lui a été offerte. Réaliser The Drop, adaptation cinématographique, par Dennis Lehane, de sa propre nouvelle, Animal Rescue. Mikaël Roskam a aimé, beaucoup, le ton film noir et les personnages texturés/torturés du scénario de l'auteur qui, pour la télévision, a écrit des épisodes de The Wire et de Boardwalk Empire, mais qui faisait ses premières armes, ici, pour le grand écran. «En fait, ce qui m'a convaincu d'accepter le projet, c'est que j'aurais aimé avoir écrit ce scénario», poursuit celui qui n'a pas tardé à penser à son complice Matthias Schoenaerts pour incarner l'instable Eric Deeds.

«Il est inhabituel qu'un acteur aussi important soit engagé pour un rôle secondaire, mais en même temps, il n'y aurait pas d'histoire sans Eric», souligne le réalisateur qui a fait lire le scénario à Schoenaerts avant de lui dire: «Tu sais, ce type, là...» Oui, c'était Deeds. Et l'acteur a réagi au quart de tour: «Sûr, je me souviens! Je veux le faire!»

«En fait, j'aurais été vexé si Mikaël m'avait oublié pour son premier film américain. Eh, je suis ton frère depuis des années et là, tu pars pour l'Amérique et tu me laisses derrière?!», rigole l'acteur qui s'est ainsi glissé dans la peau d'un psychopathe, d'un agresseur, d'un sale type, quoi. «Heu, non, pas vraiment, corrige-t-il. Je ne le vois pas comme ça. Oui, il est toujours un pas derrière lui-même, mais il aime Nadia (Noomi Rapace) plus que tout et le fait qu'elle s'intéresse à Bob (Tom Hardy) attise sa folie. Quand on le rencontre dans le film, il est au pire moment de sa vie.» Et il agit en conséquence.

«Bien sûr, poursuit l'acteur, je ne peux pas défendre le gars qui bat femme et chiots, je dois trouver une autre «porte d'entrée» en lui et cette porte, dans ce cas-là, est celle d'un homme qui a perdu l'amour de sa vie. Il n'est pas le plus brillant ni le plus fort, et il fait la seule chose qu'il sait faire lorsque plus rien ne fonctionne, lorsque tout s'effondre autour de lui. Il cogne. Il détruit.»

Au lieu de créer un monstre, Matthias Schoenaerts a fabriqué «un être dérangé, fragile, compliqué, en quête d'attention et d'amour». Un personnage s'harmonisant avec la noirceur et le côté granuleux du monde mis en mots par Dennis Lehane et en images par Mikaël Roskam.




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