Gareth Edwards: ses amis les monstres

Godzilla détruit tout sur son passage au Japon... (Photo: fournie par Warner Bros.)

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Godzilla détruit tout sur son passage au Japon avant de mettre le cap sur l'Ouest américain.

Photo: fournie par Warner Bros.

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Sonia Sarfati
La Presse

(New York) Quand il était enfant, Gareth Edwards passait pas mal de temps chez son grand-père, dans la campagne anglaise. Où il y avait bien peu à faire pour un gamin de 3 ans.

«Pour m'occuper, ma mère me mettait des écouteurs sur les oreilles et, pendant deux heures, j'écoutais - en regardant l'album illustré - l'adaptation musicale de The War of the Worlds par Jeff Wayne», a raconté le cinéaste et spécialiste en effets spéciaux en entrevue avec La Presse.

Et, de fil en aiguille, il s'amusait à imaginer que les pylônes électriques s'élevant à l'horizon prenaient vie et devenaient les tripodes martiens imaginés par H.G. Wells. Développant l'amour des monstres qui le porte encore aujourd'hui, à 38 ans.

«C'est pour ça que quand j'ai eu l'occasion de faire un film, pour moi, ça s'est imposé: ce serait un film de monstres... parce que je ne pensais jamais en faire un autre après.» Ainsi est né Monsters, film indépendant à très petit budget, qu'il a écrit, réalisé et dont il a signé les effets spéciaux - de façon quasi artisanale, sur son ordinateur.

Une réussite. Qui a impressionné le producteur Thomas Tull. Gareth Edwards, c'est son choix.

«Quand il m'a contacté pour m'offrir Godzilla, d'abord, je n'y ai pas cru. Puis, je me suis senti coincé entre la peur de le faire et celle de ne pas le faire. Mais au bout du compte, j'étais plus terrifié à l'idée de refuser. Je savais que ce serait la chose la plus difficile que j'aie jamais faite, mais je ne voulais pas être, un jour, un vieil homme qui se dirait qu'il avait eu peur de prendre ce risque.»

Son amour des monstres en bandoulière, il s'est donc attelé à la tâche. Teintant le projet de ses propres influences. Mettant par exemple de l'avant la technique de Spielberg dans Jaws et de Ridley Scott dans Alien: «Présenter des gens ordinaires, attachants, crédibles et les plonger dans des situations extrêmes. Ne pas avoir peur de prendre le temps qu'il faut avant de présenter le monstre.»

Miser sur le crescendo

Bref, équilibrer l'humain et le (s) monstres. Ici, les M.U.T.O. - Massive Unidentified Terrestrial Organism - dont le design est inspiré des Arachnids de Starship Troopers et de l'extra-terrestre d'Alien; et le mythique Godzilla, amené là avec le soutien et l'approbation de Toho (la compagnie de production japonaise qui a donné naissance au roi des monstres, en 1954, et aux 27 autres films le mettant en scène).

Côté hommes et femmes: un savant japonais (Ken Watanabe) qui croit en l'existence de monstres nés de l'arrogance scientifique; un physicien nucléaire (Bryan Cranston) qui a perdu sa femme dans un accident survenu 15 ans plus tôt dans une centrale; son fils qui fait maintenant partie de la US Navy (Aaron Taylor-Johnson), la femme de ce dernier, infirmière à San Francisco (Elizabeth Olsen) et leur petit garçon. Père et fils sont devenus étrangers l'un pour l'autre. Mais ils vont faire front lorsque s'éveille une menace monstrueuse qui détruit tout sur son passage au Japon avant de mettre le cap sur l'Ouest américain.

C'est avec leur histoire que, selon la volonté de Gareth Edwards, s'amorce Godzilla. Tourné dans l'île hawaiienne d'Oahu, à Las Vegas, Vancouver, San Diego et Tokyo, le film prend en effet le temps d'installer les humains et leurs drames, leur présent et leur passé (de plus ou moins loin lié à celui des monstres) avant de laisser l'action s'emballer. «Il y a beaucoup de superproductions où ça se bat du début à la fin, au point où les spectateurs sont engourdies quand arrive le troisième acte», note le producteur Thomas Tull.

«Nous avons donc volontairement fait quelque chose de différent. Une intrigue qui «brûle» lentement pour que, quand on vous donne ce que vous êtes venu chercher, c'est aussi fort et puissant que ça peut l'être. Ce n'est pas un de ces carnages constants qui, je trouve, plafonnent vite», conclut Gareth Edwards qui termine ainsi l'année la plus occupée de sa vie. Celle où le gamin qui aimait les monstres s'est amusé avec le plus célèbre d'entre eux.

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Godzilla (Godzilla) prend l'affiche le 16 mai. Les frais de voyage ont été payés par Warner Bros.




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