Mia Wasikowska: peste et vampire

Mia Wasikowska et Anton Yelchin dans une scène... (Photo: Sony Pictures Classics)

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Mia Wasikowska et Anton Yelchin dans une scène d'Only Lovers Left Alive.

Photo: Sony Pictures Classics

(Le Soleil) Les vampires ont beau avoir tout leur temps, il aura fallu un an après sa présentation en compétition au Festival de Cannes pour qu'Only Lovers Left Alive (Les derniers amants) atterrisse enfin sur nos écrans.

Cela faisait déjà quelques années que Mia Wasikowska était liée au projet de Jarmusch - il a fallu sept ans au cinéaste pour obtenir du financement. Mais comme celui-ci l'a révélé en conférence de presse de Cannes, ses producteurs ne voulaient pas que ce film soit associé aux Twilight de ce monde.

Le réalisateur de Mystery Train n'a d'ailleurs vu aucun des films commerciaux du genre. Ses créatures sophistiquées et romantiques prennent racine dans la littérature anglaise (John Polidori, Bram Stoker). Il y est question d'amour, d'engagement, de solitude, de maladie, de marginaux, de musique...

Dans Only Lovers Left Alive, Jarmusch suggère donc que le couple originel, Adam (Tom Hiddleston) et Ève (Tilda Swinton), soit composé de vampires! Puisqu'on est chez Jarmusch, il s'agit d'un prétexte. «J'ai l'impression que Jim fait des films de vampires depuis des années», a lancé Tilda Swinton à Cannes en soulignant l'attachement du cinéaste à s'attarder à des gens qui sont invisibles pour une majorité, mais qui existent.

«On voulait explorer l'amour dans un contexte d'immortalité, a ajouté Tom Hiddleston. Est-ce une bénédiction ou une malédiction? Et les répercussions que ça a sur l'engagement.»

Car comme d'habitude, Jarmusch aborde son sujet de façon décalée et iconoclaste. Ses vampires s'apparentent à des toxicomanes, qui doivent obtenir de revendeurs des doses propres provenant de banques de sang, de peur d'attraper une maladie... Évidemment, l'humour est noir et l'atmosphère, sombre.

Ravie de jouer une peste

Sur la terrasse au sommet d'un hôtel du centre-ville de Toronto, Mia Wasikowska grignote une salade de fruits. Ses réponses sont courtes, précises, d'une spontanéité charmante. Son image de jeune femme saine et posée est singulièrement opposée à celle de la turbulente Ava. La soeur d'Adam vient troubler la quiétude du couple lorsqu'elle le rejoint à Detroit.

«J'étais ravie de jouer une peste parce que c'est habituellement quelque chose qu'on tente de supprimer dans la vraie vie», dit Wasikowska. Le fait de commencer sa carrière très jeune ne l'a pas empêchée de faire quelques conneries, mais on n'en saura pas plus.

Depuis ses débuts, Mia Wasikowska est très demandée. Et pas par n'importe qui. Elle a déjà défilé devant la caméra de Tim Burton (Alice au pays des merveilles), Gus Van Sant (Restless) et Park Chan-wook (Stoker)! Elle était pourtant ravie de jouer pour Jarmusch. «Il est un de ces rares réalisateurs qui ont une perspective et un style uniques. J'adore ça. Il prend vraiment soin de ses acteurs.»

Il y a un acteur important dans Only Lovers Left Alive, qui n'a aucune réplique, mais qui contribue de façon importante à l'atmosphère du long métrage: Detroit.

«On dirait une ville fantôme, comme si New York était inhabité, explique Mia. C'était un sentiment étrange, car je me suis prise à aimer son aspect décadent. C'est fascinant. On ne voit habituellement pas ça. D'un autre côté, cette tranquillité, cet immobilisme s'avèrent perturbants.»

Culture

Jarmusch, qui aime les marginaux, les créateurs originaux et les rockeurs, a aussi puisé dans l'immense culture musicale de la ville - Adam, musicien et scientifique, est clairement inspiré de Jack White. Squirrel, le groupe du réalisateur, a aussi contribué à la trame sonore. «La musique est superbe», croit Mia.

L'actrice a un rôle secondaire dans Only Lovers Left Alive. Sa présence n'en est pas moins marquante. Il y a une fraîcheur, un naturel dans le jeu, qui prend probablement sa source dans le fait qu'elle n'a pas fréquenté le conservatoire ou une école de jeu. «J'apprends en regardant les autres. Je me trouve chanceuse.»

Elle a eu tout le loisir d'observer deux des meilleures actrices du monde: Tilda Swinton et Nicole Kidman (elle jouait sa mère dans Stoker). Mia Wasikowska a d'ailleurs le charisme de la première et la grâce de la seconde. «Ce que j'aime, c'est qu'il y a un bon équilibre entre le travail et leur vie privée. Elles essaient constamment d'apprendre quelque chose de nouveau. Je les adore.»

Si elle continue sur cette lancée, elle atteindra certainement un jour le statut de ces deux icônes cinématographiques. D'autant plus que la jeune femme tourne à un rythme infernal - trois ou quatre films par année. «Je ne garderai pas ce rythme très longtemps. J'ai une maison à Sydney que j'adore et je veux y passer plus de temps.»




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