Scarlett Johansson: chercher la femme

Les franchises - où les films de superhéros se taillent la part du lion - sont... (Photo: fournie par Marvel)

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Sonia Sarfati
La Presse

(Los Angeles) Les franchises - où les films de superhéros se taillent la part du lion - sont accusées de tous les maux (pas toujours à tort, mais avec, parfois, une certaine mauvaise foi) par l'intelligentsia du septième art. Les actrices seraient d'ailleurs parmi les victimes collatérales de la popularité, de la multiplication et de l'hégémonie des surhommes au box-office.

«Surhomme» est le mot. Homme. Batman. Iron Man. Spider-Man. Thor. Captain America. Alouette (mâle, s'entend). D'où l'agréable surprise que Scarlett Johansson a eue à la lecture du scénario de The Winter Soldier, où son personnage, Natasha Romanoff/Black Widow, passe du second plan qu'il a occupé dans Iron Man 2 et - un peu moins quand même - dans The Avengers, pour faire du coude à coude, si on calcule en temps d'écran, avec Steve Rogers/Captain America.

Un petit pas pour la femme, un grand pas pour... Pour on verra quoi. Questionné en conférence de presse sur la possibilité d'un vol solo de l'énigmatique héroïne, le président de Marvel Studios, Kevin Feige, s'est avancé avec prudence sur un terrain où il n'est pas le plus à l'aise. «Je pense que ce serait une idée formidable. Nous avons quelques pistes et synopsis, mais bon... Black Widow est très importante dans The Winter Soldier et elle est la clé d'une grosse partie de l'intrigue dans Age of Ultron. La problématique est donc maintenant de trouver le moment propice pour l'extraire de l'ensemble et la faire aller en solo.»

Reste que, dans l'entrevue qu'elle a accordée à La Presse, Scarlett Johansson n'était pas fermée à cette idée. «Il y a encore beaucoup à explorer dans le passé de ce personnage. Elle demeure mystérieuse, elle est une héroïne malgré elle... Oui, il y a du potentiel. Surtout si on ne fait pas un film dans lequel l'héroïne fait plus que saisir chaque occasion pour s'arrêter et poser en costume», fait l'actrice avec un rire dans la voix.

Clin d'oeil - ou flèche - en direction du piètre Catwoman de Pitof, mettant Halle Berry en vedette? «Le problème n'est généralement pas le personnage, mais le point de vue sur le personnage», précise-t-elle, affichant une certaine assurance quant au traitement qui serait fait à sa «veuve noire», maintenant bien installée dans la franchise et le coeur du public. «J'imagine très bien explorer sa relation passée avec le KGB, entourée des personnages qu'elle côtoie en ce moment. Et puis, comme elle ne possède pas de pouvoirs, il serait imaginable d'arriver avec une série dans le genre des Bourne.» En effet. Si la demande est là puisque, comme elle souligne, Marvel est très à l'écoute des désirs de ses fans.

Et qui sait si, par ricochet, tel long métrage n'ouvrirait pas vraiment le cercueil de Wonder Woman (héroïne de l'autre écurie, DC), projet autrefois mené par Joss Whedon - qui en avait été renvoyé. Il n'était toutefois pas alors l'homme derrière The Avengers. «Comme Woody Allen, Joss, à sa manière, est un champion de la cause féminine», ajoute ici l'actrice. Ne lui doit-on pas, à la télévision, les filles fortes peuplant Buffy, Firefly, Dollhouse?

Et si Scarlett Johansson est un oiseau rare sur la planète des superhéros, d'autres franchises populaires - Hunger Games, Twilight, Divergent - misent sur les femmes. À l'écran et dans les salles de cinéma. Consolation? Seulement un constat. En attendant qu'il s'en fasse davantage. Peut-être même en compagnie de celle qui, depuis 20 ans, varie les plaisirs et déjoue le typecasting. Celle qui, bien qu'enceinte - sujet absolument interdit d'aborder en entrevue: elle protège sa vie privée comme une lionne -, commence le mois prochain, et jusqu'en août, le tournage de The Avengers: Age of Ultron. Celle qui passera au printemps 2015 derrière la caméra pour réaliser un projet qu'elle couve depuis longtemps, l'adaptation - moult fois reportée - de Summer Crossing de Truman Capote.

Sa manière à elle d'explorer une autre facette d'un métier où elle a trouvé sa place il y a 20 ans alors qu'elle n'en avait pas 10. Depuis, elle lit des scénarios. Se demande si elle peut interpréter le personnage qu'on lui offre d'incarner. Se dit que oui. Se demande alors si elle sait comment. Se dit que non. «À partir de là, je pense aux différents angles d'abordage, je cherche ce qui me rend mal à l'aise dans ce personnage, ce qui m'embarrasse, où est le défi. Ensuite, je vis avec cet «autre» pendant des mois. J'y pense sous la douche, en conduisant. Il glisse ainsi sous ma peau.»

Ainsi est-elle devenue Black Widow pour Joss Whedon, la voix de Samantha pour Spike Jonze, Cristina pour Woody Allen. Alouette (oui, cette fois, au féminin).




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