Des pointures pour le nouveau film de Kim Nguyen

Jesse Eisenberg et Alexander Skarsgård dans The Hummingbird Project,... (Photo fournie par Item 7)

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Jesse Eisenberg et Alexander Skarsgård dans The Hummingbird Project, de Kim Nguyen

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Le cinéaste québécois boucle ces jours-ci le tournage de The Hummingbird Project, un film dont les têtes d'affiche sont Jesse Eisenberg, Alexander Skarsgård et Salma Hayek. La Presse a eu l'occasion d'aller visiter le plateau.

Réglons d'abord une chose: oui, le crâne partiellement rasé qu'a arboré publiquement, pour la première fois, Alexander Skarsgård sur un tapis rouge new-yorkais le mois dernier - pour lequel les médias américains se sont enflammés - est au service d'un personnage.

Kim Nguyen raconte en riant qu'il est même en grande partie responsable de cette métamorphose, qui, aux yeux de plusieurs fans (du moins, ceux qui s'expriment sur les réseaux sociaux), diminue sensiblement le sex appeal d'un acteur qui, habituellement, n'en manque pas.

«En fait, quand est venu le moment de discuter de l'allure physique du personnage, Alexander m'a dit qu'il souhaitait se transformer pour le rôle, raconte le cinéaste. Spontanément, je lui ai montré la photo d'un trader chauve et il s'est complètement emballé pour cette image.»

«Disons qu'en haut lieu - c'est quand même une production importante -, on était moins chaud à cette idée, mais Alexander était complètement conquis. La première chose qu'il a demandée en arrivant ici est qu'on lui rase le dessus du crâne!»

L'acteur suédois, qui a triomphé dans la série Big Little Lies, réalisée par Jean-Marc Vallée («Mais qu'y a-t-il donc dans l'eau ici pour générer autant de talents?», demande-t-il), explique de son côté avoir tout de suite adoré le rôle que lui a offert Kim Nguyen.

«Je n'avais encore jamais eu l'occasion de jouer ce genre de personnage, très replié sur lui-même, un peu asocial, toujours dans sa bulle et qui n'est jamais aussi heureux que lorsqu'il se retrouve devant son ordinateur à analyser des algorithmes. Le seul être avec qui il est extrêmement lié est son cousin Vincent, que campe Jesse Eisenberg, avec qui j'ai beaucoup de plaisir à jouer. Le scénario qu'a écrit Kim est remarquable. Et j'avais adoré Rebelle

Un film ambitieux

Produit par la société Item 7, avec laquelle Kim Nguyen a déjà réalisé Rebelle et Eye on Juliet (dont la sortie est prévue au printemps), The Hummingbird Project est doté d'un budget de 16 millions de dollars. Une société belge, Belga Films, agit à titre de coproducteur, et la firme américaine Automatik est aussi impliquée. 

Les deux dirigeants de cette entreprise, Brian Kavanaugh-Jones (Loving) et Fred Berger (La La Land), sont producteurs exécutifs. Le tournage a commencé le 15 octobre et prend fin au cours des prochains jours.

Jeudi, l'équipe était entassée dans un petit restaurant chinois du boulevard Saint-Laurent afin de mettre en boîte l'une des séquences se situant au début du récit, alors que les deux cousins, Vincent (Jesse Eisenberg) et Anton (Alexander Skarsgård), rencontrent un partenaire potentiel (Michael Mando), qui pourrait les aider à réaliser un projet aussi fou que téméraire.

«Ces deux cousins veulent battre le système en construisant un câble de fibre optique du Kansas au New Jersey, ce qui leur permettrait de devancer le marché boursier de quelques nanosecondes et d'empocher des millions, explique le cinéaste entre deux prises. On se rend compte que ce projet évoque toute l'absurdité de ce système. Ça emprunte les allures d'un road movie et il y a de l'humour. C'est mon film le plus ambitieux en tout cas!»

Entièrement tourné au Québec ou presque...

Bien que l'action se déroule principalement en Pennsylvanie et à New York, The Hummingbird Project, mis à part les derniers jours du tournage ayant lieu à Toronto, est entièrement tourné au Québec, surtout à Thetford Mines et à Montréal. 

Pour les besoins de la cause, la portion de la rue Clark située entre René-Lévesque et De La Gauchetière revêtait jeudi les allures du quartier Chinatown de la Grosse Pomme. La présence de pointures hollywoodiennes ne change en rien le bon déroulement d'une production qui, bien que disposant d'un bon budget, n'a pas l'envergure d'une superproduction.

«Une fois que les acteurs sont là, tout se passe très bien. Alexander et Jesse travaillent très fort, ils arrivent archipréparés et ils s'investissent à fond dans leur rôle.»

«Mais il est certain qu'avant le tournage, c'est plus compliqué, car on doit alors négocier avec plusieurs intermédiaires, souligne le cinéaste. Salma Hayek vient d'un autre univers. Elle dispose d'un gros entourage et elle a dû s'adapter à un environnement plus inhabituel pour elle. Mais elle est une grande travailleuse elle aussi et il arrivait qu'elle m'appelle en pleine nuit pour me poser des questions sur son personnage.»

Ravis de Montréal

Accompagné du directeur photo Nicolas Bolduc, qui a signé les images de Rebelle et Two Lovers and a Bear, Kim Nguyen dirige un plateau où, même si le film est tourné en anglais, les communications entre les artisans se déroulent essentiellement dans la langue de Molière.

«C'est très drôle, car je ne comprends pas ce que les gens disent autour de moi la moitié du temps!», fait remarquer Jesse Eisenberg. Qui profite en outre de la présence de deux journalistes francophones sur le plateau pour s'enquérir de la situation politique et sociale du Québec, notamment sur le plan linguistique.

«Je ne suis venu ici qu'une seule fois auparavant, il y a une dizaine d'années avec un ami, mais nous n'étions pas restés assez longtemps pour vraiment l'apprécier. Cette fois, je suis ici pour le travail, mais j'ai quand même eu l'occasion d'explorer la ville un peu plus. Et je dois dire que j'adore.»

«On se sent complètement ailleurs, dans un autre pays. Quand on est américain, Toronto est dans un autre pays aussi, mais, bon, il y a moins de différences!»

Alexander Skarsgård dit être lui aussi ravi de son séjour, lui dont la seule visite dans la métropole québécoise jusqu'ici remontait à une quinzaine d'années, alors qu'il accompagnait son père, Stellan Skarsgård (Breaking the Waves, Nymphomaniac), à la faveur d'un tournage.

The Hummingbird Project ne sera pas prêt à temps pour le Festival de Cannes au printemps. On vise plutôt un lancement dans l'un des grands festivals du début de l'automne.




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