Kingsman interdit au Cambodge

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Taron Egerton et Mark Strong dans Kingsman: The Golden Circle (2017)

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Agence France-Presse
PHNOM PENH

Le film d'action Kingsman: The Golden Circle a été interdit au Cambodge, le régime autoritaire en place ayant jugé qu'il dépeignait faussement le pays comme un «havre pour les criminels» du monde entier.

La comédie hollywoodienne suit une agence d'espionnage britannique partant à la recherche d'un trafiquant de drogue notoire qui se cache dans un temple au milieu de la jungle cambodgienne.

Le film, qui n'a pas été tourné au Cambodge, est jugé «inacceptable» par Bok Borak, en charge du cinéma au ministère de la Culture, confirmant vendredi à l'AFP «l'interdiction de ce film dans notre pays».

Non seulement le Cambodge y apparaît «comme un havre pour les criminels», mais le film «présente un de nos temples comme un lieu de production de drogue, où l'on tue des gens», s'énerve le représentant du gouvernement de Hun Sen, Premier ministre au pouvoir depuis plus de 30 ans.

Au coeur du débat: la ressemblance du temple du film avec le temple Ta Prohm, à Angkor, qui est déjà l'objet d'une scène dans Lara Croft.

Le Cambodge est connu pour être une plaque tournante du trafic de drogue, au premier rang desquelles métamphétamines et héroïne, mais aussi comme un havre pour les criminels du monde entier en cavale, comme la Thaïlande voisine.

Le régime autoritaire de Hun Sen s'est lancé dans une entreprise d'étouffement de l'opposition, arrêtant ou poussant des opposants accusés de fomenter une «révolution de couleur» lors des élections législatives de juillet 2018, avec le soutien de Washington.

Hun Sen prononce quasi quotidiennement des diatribes anti-américaines, se posant comme le protecteur de la Nation et de son identité.

Il n'en est pas à son premier coup de griffe contre des organisations qu'il considère comme nuisant à la réputation de son pays.

En août, il avait ordonné la fermeture d'une ONG américaine venant en aidant aux enfants prostitués dans son pays, après un reportage de CNN qu'il considérait comme une «insulte». Il avait finalement fait machine arrière.




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