Décès du meurtrier du cinéaste Pier Paolo Pasolini

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Le cinéaste Pier Paolo Pasolini lors de sa visite à Montréal en 1966.

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Agence France-Presse
Rome

Pino Pelosi, condamné pour le meurtre en 1975 du poète et cinéaste italien Pier Paolo Pasolini, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi d'un cancer, emportant ses secrets avec lui, ont annoncé les médias italiens.

Pino Pelosi, un voyou prostitué âgé à l'époque de 17 ans, que Pasolini avait conduit sur la plage d'Ostie, près de Rome, dans la nuit du 2 novembre 1975 quand il fut assassiné, a longtemps déclaré avoir agi seul pour se défendre d'une tentative de viol de la part du réalisateur de 53 ans.

Il avait été condamné à 9 ans de prison, une peine confirmée en 1979 par la Cour de cassation.

Mais pour beaucoup, le jeune homme n'aurait été que l'instrument d'un complot ourdi par des fascistes, voire par des dirigeants politiques de la Démocratie chrétienne gênés par les textes assassins de cet intellectuel marxiste atypique, éclectique et subversif.

Il y a une douzaine d'années, Pino Pelosi avait évoqué dans une interview télévisée la présence de deux autres personnes au moment des faits, expliquant n'avoir pas parlé plus tôt par peur de représailles.

«Pino Pelosi n'a jamais voulu donner la moindre contribution à la possibilité de reconstruire la vérité sur la mort de Pier Paolo Pasolini. Il a emporté malheureusement avec lui les secrets qu'il était seul à connaître», a réagi Nino Marazzita, avocat de la famille du cinéaste, cité par l'agence AGI.

«Pino Pelosi était la seule personne qui aurait pu faire la lumière sur la mort de Pier Paolo Pasolini. Avec sa mort, il ne nous reste que les résultats des examens scientifiques», a déclaré Stefano Maccioni, l'avocat d'un cousin du cinéaste, selon la même source.

Pino Pelosi avait affirmé qu'il venait de sortir de l'Alfa Romeo du réalisateur quand «au moins six personnes» sont arrivées à bord de deux voitures et une moto. Il faisait nuit, il n'a pas vu leurs visages.

«Deux personnes ont pris Pasolini et l'ont tiré hors de l'habitacle. Elles l'ont frappé à coups de bâtons» avant de lui rouler dessus avec une Alfa semblable à la sienne, avait raconté Pino Pelosi, dit «La Grenouille».

Selon la presse, ce récit pourrait être appuyé par le fait que des traces ADN appartenant à au moins trois personnes différentes ont été relevées sur les vêtements de Pasolini, même s'il n'est pas certain que les éventuels suspects puissent être identifiés.

Le mystère reste entier 42 ans plus tard: l'agence AGI rappelle que Pino Pelosi avait été condamné en première instance pour homicide «en concours avec des inconnus», avant sa condamnation définitive comme unique coupable.

«Trop de choses ne coïncidaient pas: l'agression bestiale d'un homme athlétique et entraîné comme Pasolini de la part d'un chétif "Pino la grenouille" semblait invraisemblable», ajoute l'agence.




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