Films d'horreur: la revanche des femmes réalisatrices

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Jennifer Kent a réalisé le film Mister Babadook en 2014.

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Frankie Taggart
Agence France-Presse
Los Angeles

Les fans de films d'horreur ont déjà le sang qui se glace en découvrant la bande-annonce de The Bye Bye Man, qui promet d'assouvir leur appétence pour la chair de poule, et suscite un certain intérêt pour avoir été réalisé par une femme.

Si les spectatrices surpassent les spectateurs pour les films qui font peur, les réalisatrices sont rares.

L'industrie a produit des milliers de films d'horreur depuis le tout premier, Le manoir du diable du Français Georges Méliès en 1896. Mais seulement une centaine avec une femme derrière la caméra, selon l'Internet Movie Database.

Ces dernières années, une mini-vague exaltante de succès réalisés par des femmes a néanmoins déjoué les statistiques. Mister Babadook (2014) de Jennifer Kent et A Girl Walks Home Alone at Night (2015) d'Ana Lily Amirpou, en particulier, ont hissé le film d'épouvante dans une nouvelle dimension.

«Il y a une génération gâchée de femmes très talentueuses qui ne travaillent pas parce que malheureusement, ou heureusement pour les hommes, c'est une industrie sexiste», a affirmé à l'AFP Stacy Title, réalisatrice de The Bye Bye Man.

Son film, qui sort vendredi aux États-Unis, suit la recette traditionnelle du genre avec lacérations, éclaboussures, bonds d'effroi, adolescents terrifiés et un sadique créateur de chaos.

Situé dans le Wisconsin des années 1990, le long métrage suit les aventures de trois étudiants après leur emménagement dans une vieille maison hors du campus, où ils sont rapidement tourmentés par le Bye Bye Man. Cette entité surnaturelle a déjà terrorisé d'innocentes victimes quelques décennies plus tôt.

Le scénario est inspiré du livre The President's Vampire: Strange-but-true Tales of the United States of America, publié en 2005 par l'historien de l'occulte Robert Damon Schneck.

L'écrivain a assuré que cette histoire portait sur l'expérience réelle d'un ami du Wisconsin qui, après une partie de Ouija, lui a dit avoir rencontré un être surnaturel maléfique.

Comédie d'horreur

À l'affiche du film figurent des stars bien établies comme Faye Dunaway et Carrie-Anne Moss, ainsi que Douglas Smith dans le rôle de l'adolescent mal dans sa peau qui enquête sur la légende du Bye Bye Man.

«Je n'ai pas été attiré par ce film parce que c'était une réalisatrice mais ça a été un angle intéressant une fois que j'étais intéressé et pendant le processus des auditions», a dit l'acteur canadien à l'AFP.

«Elle a vraiment été respectueuse artistiquement. Elle voulait répéter et avoir de longues conversations pour avoir notre avis», a-t-il ajouté.

Stacy Title, 47 ans, a commencé sa carrière comme journaliste, et a été la femme la plus jeune en lice pour l'Oscar du meilleur court métrage de fiction avec Down on the Waterfront (1993).

Elle a ensuite dirigé Cameron Diaz et Courtney B. Vance dans la comédie L'ultime souper (1996), puis a fait quelques pas dans l'effrayant avec Hood of Horror (2007), une comédie d'horreur adaptée d'une bande-dessinée avec le rappeur Snoop Dogg en vedette.

«Je n'aime pas dire ça mais si vous fermez vos yeux et que vous imaginez le président, c'est un homme. Peu importe ce que vous pensez d'Hillary Clinton, vous savez qu'elle a été davantage attaquée que ne l'aurait été un homme», a estimé la réalisatrice.

«C'est vrai aussi pour la réalisation. C'est difficile pour les gens d'imaginer une femme faire ce boulot. Par ambition, certains hommes préfèrent être le mentor d'hommes. C'est une façon de s'identifier avec quelqu'un de plus jeune, peut-être même de revivre leur jeunesse. Les femmes ne remplissent pas ce rôle», a-t-elle relevé.

Elle a été embauchée par le producteur Trevor Macy, impliqué dans plus d'une dizaine de films dont Sécurité rapprochée (2012) avec Denzel Washington et Ryan Reynolds, ou encore The Mirror, du spécialiste de l'épouvante Mike Flanagan.

«En général, un film d'horreur à succès a une audience d'environ 60/40 entre femmes (et hommes). Et c'est idiot de ne pas avoir davantage de voix féminines derrière la caméra», a estimé M. Macy.




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