Décès de l'actrice Michèle Morgan

  • Michèle Morgan et Jean Gabin playing dans <em>Quai des brumes</em> de Marcel Carné. (PHOTO ARCHIVES AFP)

    Plein écran

    Michèle Morgan et Jean Gabin playing dans Quai des brumes de Marcel Carné.

    PHOTO ARCHIVES AFP

  • 1 / 6
  • Le réalisateur Gérard Oury et sa femme Michèle Morgan au Festival de Cannes en mai 2001. (Photo archives Reuters)

    Plein écran

    Le réalisateur Gérard Oury et sa femme Michèle Morgan au Festival de Cannes en mai 2001.

    Photo archives Reuters

  • 2 / 6
  • Michèle Morgan et Pierre Blanchar dans <em>La symphonie pastorale</em> (1946) de Jean Delannoy. (Photo archives AFP)

    Plein écran

    Michèle Morgan et Pierre Blanchar dans La symphonie pastorale (1946) de Jean Delannoy.

    Photo archives AFP

  • 3 / 6
  • Michèle Morgan et son mari, l'acteur Henri Vidal, en 1951. (Photo archives AFP)

    Plein écran

    Michèle Morgan et son mari, l'acteur Henri Vidal, en 1951.

    Photo archives AFP

  • 4 / 6
  • Michèle Morgan en mai 1938. (Photo archives AFP)

    Plein écran

    Michèle Morgan en mai 1938.

    Photo archives AFP

  • 5 / 6
  • Michèle Morgan et son mari, le réalisateur Gérard Oury, à la première du film <em>Un autre homme, une autre chance</em> de Claude Lelouch en septembre 1977. (PHOTO ARCHIVES AFP)

    Plein écran

    Michèle Morgan et son mari, le réalisateur Gérard Oury, à la première du film Un autre homme, une autre chance de Claude Lelouch en septembre 1977.

    PHOTO ARCHIVES AFP

  • 6 / 6

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Associated Press
Paris

«Les plus beaux yeux» du cinéma français sont disparus. L'actrice Michèle Morgan est décédée mardi, a annoncé sa famille dans un communiqué repris par les médias français.

«Dans sa 97e année, les plus beaux yeux du cinéma se sont fermés définitivement ce matin, le mardi 20 décembre», ont indiqué ses proches.

Le nom de Michèle Morgan appartient à la légende dorée du grand écran. Parvenue au firmament avant la guerre, elle restera l'immortelle Nelly de Quai des brumes, aimée pour sa photogénie et son talent. C'est dans ce film que Jean Gabin lui avoue amoureusement: «T'as d'beaux yeux, tu sais», devenue une réplique culte du cinéma.

Simone Roussel, de son vrai nom, naît le 29 février 1920 à Neuilly-sur-Seine. Très jeune, elle se destine à la carrière d'artiste dramatique et entre, dès sa sortie du collège de Dieppe, au cours René Simon, où le réalisateur Marc Allégret la déniche en 1936. Après un bout d'essai dans La mioche (1936) de Léonide Moguy, elle fait ses grands débuts dans Gribouille (1937), où Allégret l'oppose à Raimu, puis elle donne la réplique à Charles Boyer dans Orage (1937).

Mais sa légende date de Quai des brumes (1938), film mythique de Marcel Carné, où son regard fait sensation. Les amours de Nelly et de Jean (Gabin) feront le tour du monde et la propulseront au rang de star. Jusqu'à la guerre, elle enchaîne film sur film, de L'entraîneuse (1938) d'Albert Valentin, aux Musiciens du ciel (1939) de George Lacombe, en passant par Le récif de corail (1938) de George Gleize.

En 1939, elle tourne également La loi du Nord de Jacques Feyder. Présenté en 1942, ce film remportera un grand succès, tout comme Remorques (1939-1941), son troisième film au côté de Gabin, devenu par ailleurs son compagnon dans la vie.

Contrat oblige, l'actrice s'exile alors à Hollywood, où elle passera le reste de la guerre. De ses films américains, seuls Higher and Higher» (Amour et swing, 1943), comédie musicale avec Frank Sinatra, et surtout Passage to Marseille (1944) de Michael Curtis, avec Humphrey Bogart, méritent d'être mentionnés.

En 1946, sa composition d'aveugle dans La pastorale de Jean Delannoy lui vaut le prix d'interprétation féminine du tout premier Festival de Cannes. Suivra une longue série de films où ses partenaires seront les jeunes premiers de l'époque.

Henri Vidal, tout d'abord, rencontré dans Fabiola (1949) de Blasetti, et pour lequel elle divorce de Bill Marshall. Ensemble, ils joueront dans La belle que voilà de Jean-Paul Le Chanois, puis dans L'étrange madame X (1950) de Grémillon et, après leur séparation, dans Pourquoi viens-tu si tard (1959) de Henri Decoin.

Avec Jean Marais, elle tourne Aux yeux du souvenir (1948) de Delannoy, puis Le château de verre (1950), avant de retrouver Gabin dans La minute de vérité (1952) de Delannoy encore. Elle rencontre ensuite Gérard Philipe lors des Orgueilleux (1953) d'Yves Allégret. Leur couple sera idéalement employé dans Les grandes manoeuvres (1955) de René Clair, où Michèle Morgan incarne une belle modiste qu'un dragon fait le pari de conquérir. De loin le meilleur rôle de sa carrière.

La même année, elle est Marguerite de la nuit de Claude Autant-Lara et Marie-Antoinette de Delannoy. Mais après l'étonnant Miroir à deux faces (1958) d'André Cayatte et Maxime (1958) d'Henri Verneuil, sa carrière connaît un flottement: la Nouvelle vague commence à déferler.

Les cinéastes changent, ses partenaires aussi. L'un d'eux, Gérard Oury, deviendra son compagnon dans l'existence. C'est l'époque des Lions sont lâchés (1961) de Verneuil et du Landru (1962) de Claude Chabrol, deux films où elle est associée à son ex-rivale Danielle Darrieux.

Entre-aperçue dans Les centurions (1966) de Mark Robson, elle effectue son retour en 1967 avec Benjamin, de Michel Deville, jolie comédie où elle rivalise de charme avec Catherine Deneuve. Ce succès restera pourtant sans suite. On ne la reverra que huit ans plus tard, dans Le chat et la souris, de Claude Lelouch, mais ses rôles se réduisent dès lors à de fugaces apparitions.

Sa revanche viendra du théâtre: malgré ses débuts tardifs, elle triomphe à nouveau avec Chéri (1982) de Colette, Une femme sans histoire (1988), Les monstres sacrés, au côté de Jean Marais, en 1993...

On l'a vue aussi à la télé dans une minisérie très populaire, Le tiroir secret, créée par Danièle Thompson. C'est Diane Dufresne qui en interprétait la chanson thème, Un souvenir heureux, sur une musique de Vladimir Cosma.

Son mari Gérard Oury décède le 19 juillet 2006: Michèle Morgan, qui avait perdu son fils Mike un an plus tôt, en juin 2005, passe une nouvelle fois par le deuil. Dix ans après la disparition de celui qu'elle a aimé pendant 50 ans, Michèle Morgan est partie le rejoindre. Elle laisse derrière elle une impressionnante filmographie où ses «beaux yeux» seront archivés à tout jamais.




publicité

publicité

Les plus populaires : Cinéma

Tous les plus populaires de la section Cinéma
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer