Masterminds, l'histoire du pire casse du siècle

Zach Galifianakis et Kristen Wiigs dans une scène... (Photo fournie par Armored Car Productions, LLC)

Agrandir

Zach Galifianakis et Kristen Wiigs dans une scène de Masterminds.

Photo fournie par Armored Car Productions, LLC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Véronique Dupont
Agence France-Presse
Los Angeles

Masterminds semble sorti de l'imagination fertile d'un scénariste hollywoodien sous hallucinogènes, et pourtant, presque tout est vrai dans cette histoire rocambolesque d'un des plus gros casses du siècle.

Cette comédie survoltée qui sort vendredi en Amérique du Nord, avec deux des plus grandes stars comiques du moment, Zach Galifianakis et Kristen Wiig, s'inscrit dans la lignée des farces de bandits ridicules, comme Fargo, Reservoir Dogs ou Les fugitifs.

Masterminds raconte le vol de 17,3 millions de dollars dans un dépôt de Charlotte (en Caroline du Nord), le troisième plus gros cambriolage de cash de l'histoire des États-Unis, surnommé le «casse des péquenots» dans la presse américaine de l'époque.

«Ils ont réussi à voler tout cet argent puis se sont faits prendre parce qu'ils l'ont dépensé aussi stupidement, ils ont fait tellement d'erreurs, ça semblait du pain béni pour une comédie excentrique», raconte à l'AFP Jared Hess, le réalisateur.

Le 4 octobre 1997 David Ghantt, marié et jusqu'alors sans histoire, a amassé dans un camion les 17,3 millions de dollars en petites coupures qui étaient entreposés dans le coffre-fort d'un dépôt de la société de transport de fonds Loomis Fargo, pour laquelle il travaillait.

«Il s'ennuyait tellement dans sa vie, il était en manque d'aventures, il passait son temps à dévorer les romans d'espionnage de Tom Clancy, à regarder des James Bond à la télé», explique Jared Hess.

L'arrivée chez Loomis Fargo de Kelly Campbell a mis un peu de piment dans sa vie: «Ils discutaient de ce qu'ils feraient s'ils avaient un million de dollars. Elle a fini par le manipuler et le pousser au vol» en lui faisant miroiter une échappée amoureuse au Mexique.

L'affaire de Charlotte, à l'époque chroniquée à la télévision dans des émissions comme «America's Most Wanted», est une succession de faux pas plus énormes les uns que les autres.

David Ghantt a notamment oublié de détruire l'une des caméras dans le dépôt, et le tueur à gages envoyé à ses trousses à Playa del Carmen par l'instigateur du casse, Steve Chambers, un ami de Kelly Campbell, ne s'est pas exactement acquitté de sa mission comme prévu.

Mais ces pieds-nickelés auraient quand même pu s'en sortir sans la fatuité de Steve Chambers et sa femme Michelle.

«Le plan était à l'origine de voler l'argent et de faire profil bas pendant neuf mois, pour que l'enquête refroidisse et que le FBI passe à autre chose», explique Jared Hess.

Vains et stupides

«Mais ils n'ont pas pu s'empêcher» de se lancer dans des dépenses somptuaires, à cause des pressions de Michelle qui n'arrêtait pas de dire à son mari: «Oh, j'en ai tellement envie», remarque le cinéaste de 37 ans.

Un bolide BMW Z3 payée en petite coupure a notamment attiré l'attention des autorités. Michelle Campbell aurait aussi amené un gros paquet de liasses à la banque en demandant: «Combien je peux déposer avant que vous préveniez les flics?"

David Ghantt, condamné à 7 ans et demi de prison, a été consultant sur le film. «C'est quelqu'un d'adorable mais aussi de très intelligent qui a un profond sens de l'humour sur toutes les erreurs qu'il a faites». «Il adore l'idée qu'on en ait fait une comédie», assure Jared Hess.

«Il était très populaire en prison pour avoir volé tout cet argent», ajoute-t-il.

L'année 1997 avait été maudite pour les transporteurs de fonds en Amérique: Loomis Fargo, alors fraichement issue d'une fusion, a été victime d'un autre retentissant cambriolage par un autre employé, cette fois en Floride: en mars, Philip Johnson avait dérobé 18,8 millions - le deuxième plus gros larcin en cash de l'histoire américaine - avant de se faire prendre à la frontière mexicaine pour son comportement bizarre.

Le plus gros vol en liquide du pays a été commis la même année, le 12 septembre, à Los Angeles, dans une autre société de transports de fonds, Dunbar Armored: 18,9 millions de dollars subtilisés, une fois encore avec un employé impliqué.

«Avec les nouvelles technologies, le traçage GPS, on ne pourrait plus réussir des coups pareils, ça ne pourrait plus arriver dans l'Amérique post-11 septembre 2001», conclut Hess.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

publicité

la boite:1977421:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

publicité

Autres contenus populaires

image title
Fermer