Grande première d'un film de Nollywood à 11 000 mètres d'altitude

Le réalisateur Kunle Afolayan (au centre) et les acteurs... (PHOTO FLORIAN PLAUCHEUR, AFP)

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Le réalisateur Kunle Afolayan (au centre) et les acteurs du film The CEO, à bord du vol d'Air France reliant Lagos à Paris.

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Florian PLAUCHEUR
Agence France-Presse
À BORD DU VOL AF-149

Tapis rouge, paillettes, photographes, interviews de stars et champagne: tous les ingrédients du glamour hollywoodien sont réunis pour l'avant-première de The CEO, dernier cru de Nollywood, l'industrie cinéma du Nigeria, mais avec un détail en plus: un visionnement à 11 000 mètres dans un Airbus A340-300.

Réalisé par Kunle Afolayan, The CEO (Le PDG, en français) a été diffusé en avant-première dans la nuit de mercredi à jeudi à bord du Air France 149 reliant Lagos à Paris Charles-de-Gaulle, avant de figurer en tête de liste du festival parisien Nollywood Week (du 2 au 5 juin au cinéma de l'Arlequin).

Le hall de départ de l'aéroport fourmillant de Lagos a pris des allures de fête: tapis rouge déroulé par le cinéaste Kunle Afolayan, des DJs endiablés, cocktails et coupes de champagne à gogo, et acteurs dansant avec le personnel de bord.

«Cela n'a jamais été fait. C'est une première d'avoir l'avant-première d'un film dans un avion. Nous voulions montrer au monde que les Africains sont innovants, et que les Nigérians sont uniques», s'est félicité le réalisateur juste avant de monter dans les airs.

Pendant le vol Paris-Lagos, après la séance de cinéma sur les mini-écrans, les acteurs sont allés à la rencontre de leur public, les passagers, pour les désormais traditionnels selfies et autres dédicaces.

Des ambitions élevées

Avec un budget de plus d'un million de dollars, et grâce à ses bailleurs privés, The CEO est bien loin des productions aléatoires qui caractérisaient autrefois Nollywood, deuxième industrie de cinéma au monde en nombres de films produits chaque année (1000 environ), derrière le Bollywood.

Le scénario aussi fait dans l'originalité: finis les intrigues plates, les scénarios sans surprise. Dans The CEO, on parcourt l'Afrique pour partir à la recherche du futur PDG d'une compagnie de télécommunication à succès.

Avec le soutien d'Air France, commanditaire du film, le réalisateur a pu tourner aux quatre coins du continent, au Kenya, en Afrique du Sud, mais aussi en France. Le casting du film aussi se veut «panafricain».

La chanteuse béninoise Angelique Kidjo, récompensée de 3 Grammy Awards, est sans doute la figure la plus connue sur la scène internationale. Elle joue aux côtés d'acteurs kényans, nigérians, ivoiriens, marocains et haïtiens.

De meilleurs financements de l'industrie cinématographique africaine permettra, dans le futur, d'oublier les prises de vue tremblotantes, des prises de son maladroites, et un montage laborieux qui a longtemps fait la marque de Nollywood.

«J'ai le sentiment d'appartenir à un nouveau territoire, d'explorer un nouveau territoire (...), c'est très intéressant de rencontrer de nouveaux réalisateurs», a confié l'acteur sud-africain Nico Panagio. «La passion des réalisateurs nigérians est contagieuse. C'est un plaisir de travailler avec eux, car en plateau, tu sens que tout le monde adore son boulot.»

Entre Hollywood et Nollywood, il n'y a pas qu'une lettre de différence. Les réalisateurs nigérians doivent parfois tourner avec un budget d'à peine 8000 dollars par film, contre 67 millions de dollars en moyenne de l'autre côté de l'Atlantique, selon l'acteur sud-africain.

Aussitôt produits, la plupart des films sont piratés, transformés directement en DVD et vendus aux feux rouges, aux carrefours ou sur les étals des marchés. Au Nigeria, on préfère regarder le cinéma depuis son canapé par manque de salles obscures à travers le pays.

Aujourd'hui, grâce au développement d'internet, les distributeurs se tournent de plus en plus vers des plateformes de téléchargements légales et payantes ou vers des chaînes câblées, pour proposer des contenus de meilleure qualité et tenter de contrer le piratage.

Par manque de financement public, ou d'un quelconque soutien pour le développement de la culture au Nigeria, les producteurs se tournent vers des mécènes privés.

Pour le directeur de Air France-KLM pour le Nigaria, Jean-Raoul Tauzin, ce partenariat était «évident»: «Le Nigeria est un pays très important pour Air France... Il était de notre intérêt aussi d'apporter notre soutien à Kunle Afolayan et à son équipe pour les aider dans leurs ambitions cinématographiques».

Prochain défi de Nollywood après ce lancement 20 000 lieues au-dessus des mers: un atterrissage en douceur dans les salles parisiennes.

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