Demolition, un film au style épuré

Jake Gyllenhaal dans une scène du film Demolition... (PHOTO LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

Jake Gyllenhaal dans une scène du film Demolition de Jean-Marc Vallée.

PHOTO LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Cassandra Szklarski
La Presse Canadienne
Toronto

Jean-Marc Vallée a encore une fois puisé dans les tréfonds de l'âme humaine pour son dernier long métrage, Demolition, qui sortira sur nos écrans vendredi.

En entrevue au Festival international du film de Toronto, en septembre dernier, le réalisateur québécois n'avait pas caché avoir eu de la difficulté à assembler toutes les pièces du puzzle pour donner vie à son dernier film.

Le long métrage repose en grande partie sur la performance de Jake Gyllenhaal, qui tient le rôle d'un banquier new-yorkais, Davis Mitchell, ravagé par la mort subite de sa femme. Incapable d'exprimer sa tristesse et son désarroi, Davis Mitchell s'enfonce dans une spirale de comportements erratiques et autodestructeurs.

Tout comme dans ses précédents films Wild, Dallas Buyers Club et Café de Flore, Jean-Marc Vallée a opté pour une production épurée: les acteurs sont à peine maquillés et la lumière est entièrement naturelle.

Cette approche a d'ailleurs valu à Matthew McConaughey et Jared Leto de remporter des Oscar pour leur rôle dans Dallas Buyers Club, tandis que Reese Witherspoon et Laura Dern ont obtenu des nominations pour leur performance dans Wild.

Selon le cinéaste, son style épuré permet de créer «des situations où les acteurs ne sentent pas la lumière des projecteurs sur eux», de sorte qu'ils sont «moins embarrassés, ils n'ont pas besoin de se positionner de telle ou telle manière. Le style n'a alors plus d'importance, tout repose sur le fil narratif, les personnages et les émotions.»

Jean-Marc Vallée avait développé ce style distinctif lors du tournage de Café de Flore, alors qu'il travaillait avec des enfants atteints du syndrome de Down.

 «J'avais demandé à toute l'équipe technique de sortir du plateau et je lui avais demandé de ne plus utiliser de lumière, de réflecteurs, et tout ça. Et on avait essayé aussi de parfois cacher la caméra, en la plaçant derrière une fenêtre», se rappelle-t-il.

«On avait repris la même méthode avec Dallas puisque nous avions un petit budget. Et ensuite, j'ai continué à travailler de cette manière.»

«Cela donne aux acteurs un espace de liberté et un sentiment de liberté et ils peuvent utiliser cet espace comme bon leur semble», estime le réalisateur.

Aux côtés de Jake Gyllenhaal - que Jean-Marc Vallée appelle à la fois son ami et son partenaire -, l'actrice Naomi Watts personnifie une mère monoparentale qui s'embourbe progressivement dans la vie déjantée de Davis Mitchell.

Naomi Watts convient d'ailleurs que tous les acteurs ont dû laisser leur orgueil de côté avant de jouer devant la caméra pour le réalisateur québécois.

«Une fois qu'on réussit à se détacher de notre orgueil, les acteurs peuvent être vraiment libres, expliquait-elle lors du Festival de Toronto. Chaque jour que nous nous rendions au travail, nous ne savions pas réellement ce qui allait se passer.»

«Les idées lui venaient naturellement. On pouvait être en train de tourner une scène et s'il n'aimait pas ce qu'il voyait, il prenait une pause», illustre-t-elle.

«Par exemple, on tournait une scène sur un banc à Coney Island et il n'était pas satisfait. Il nous a alors demandé de passer par-dessus une clôture et de courir jusqu'à la plage. Alors Jake et moi avons couru et les oiseaux se sont mis à voler autour de nous et soudainement, les idées lui sont venues puisque ça lui semblait plus poétique. On est revenu de la pause, on a refait la scène et tout s'imbriquait mieux. Il y avait quelque chose de très rafraîchissant dans son approche.»

Partager

publicité

publicité

publicité

la boite:1977421:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

publicité

Autres contenus populaires

image title
Fermer