Fermeture d'Excentris: des offres de relance émergent

Des artisans du cinéma se manifestent dans l'espoir de relancer les activités... (PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

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Des artisans du cinéma se manifestent dans l'espoir de relancer les activités du cinéma l'Excentris, dont la fermeture a été annoncée mardi matin.

C'est ce qu'a affirmé hier après-midi Christian Yaccarini, président du conseil d'administration de Cinéma Parallèle, organisme gérant les destinées du complexe cinématographique du boulevard Saint-Laurent.

«Nous sommes ouverts aux propositions et on commence à recevoir des offres, soutient M. Yaccarini. Des artisans du milieu du cinéma qui ont fait des sous dans le passé nous ont contactés pour nous faire part de leur intérêt.»

Des noms? Sans surprise, M. Yaccarini refuse pour l'instant d'en faire l'étalage.

«Nous n'en sommes pas là. Pour le moment, nous gérons encore la fermeture des lieux, dit-il. Mais la loi nous permet un délai de 30 jours pour présenter un plan de restructuration à nos créanciers, période à laquelle on peut ajouter un autre délai de 45 jours. Des rencontres sont déjà prévues avec le ministère de la Culture afin de discuter de la suite des choses.»

Des idées sont aussi lancées par des artisans de la relève. C'est ainsi qu'hier matin, le cinéaste Charles-Olivier Michaud (Snow and Ashes, Anna) a lancé un appel à tous sur sa page Facebook en proposant de créer une coopérative vouée à la relance de l'Excentris. Michaud avait à peine terminé d'écrire son intervention que les commentaires favorables, les partages et les «j'aime» s'additionnaient sur son mur.

«Je propose aux collègues cinéastes, artisans, producteurs, acteurs, festivals, de créer un collectif pour relancer le cinéma l'Excentris et d'en faire un lieu de diffusion, de création, de partage, de fête, de discussion, de cinéma québécois et d'ailleurs, et qu'on administre comme une coop, lançait-il. Ce serait un lieu de rencontre, une galerie d'art, un endroit pour montrer nos oeuvres. Ce n'est pas si utopique que ça si on y pense bien. Si on s'allie et qu'on s'y met, ça peut fonctionner. Qui embarque? Je suis très sérieux.»

Charles-Olivier Michaud a été agréablement étonné de la promptitude des retours (positifs). Mais de là à dire que l'idée va se concrétiser, il y a évidemment un pas que personne, pas même lui, ne veut franchir pour le moment.

«La prochaine étape est de s'asseoir et d'en parler avec des gens intéressés de façon concrète. Il faut voir si une telle idée est possible et, surtout, comment on doit y arriver. Je suis très sérieux avec mon idée, mais la question est de savoir si c'est viable.»

Le cinéaste Rafaël Ouellet (Camion, Gurov et Anna) fait partie de ceux qui ont spontanément manifesté leur intérêt. «C'est sûr que s'il y a une rencontre, je vais y aller, m'asseoir et écouter, dit-il. Mais il faut en même temps revoir la distribution des films, qui est cacophonique. Cet automne, on a vu sortir sept films québécois aux budgets similaires.»

M. Ouellet parle aussi avec prudence. Il sait, pour l'avoir vécu, combien il est parfois difficile pour un créateur de faire coïncider son horaire avec celui d'un gestionnaire. «Je faisais partie du comité artistique de l'Excentris qui se penchait sur des façons de bonifier sa programmation, mais j'avais toujours des conflits d'horaire au moment des réunions.»

Le cinéaste, producteur et maintenant distributeur François Delisle, dont la rétrospective de ses propres films a dû être déplacée de l'Excentris vers le Centre Phi, ne peut que saluer aussi l'initiative de Charles-Olivier Michaud.

«Tout mouvement pour sauver l'Excentris est positif. Je suis content de voir que ça vient de la jeune génération», dit-il tout en se montrant très inquiet quant à l'avenir de cette salle.

Ouvert par Daniel Langlois en 1999, l'Excentris a toujours vécu sur une mer houleuse en matière de rentabilité. Le cinéma a annoncé sa «fermeture temporaire» mardi, laissant de nombreux films à l'horaire sur la touche.

En entrevue avec différents médias, la directrice générale Hélène Blanchet a alors indiqué que l'Excentris tirait 80 % de ses revenus de films indépendants à plus grande portée, mais que de tels titres étaient de plus en plus difficiles à obtenir au moment opportun en raison de la forte pression exercée par les gros distributeurs et propriétaires de grands complexes de cinéma.

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