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Le «faux Beethoven» japonais va rejouer sa propre escroquerie dans un documentaire

Mamoru Samuragochi... (PHOTO Toru YAMANAKA, archives AFP)

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Mamoru Samuragochi

PHOTO Toru YAMANAKA, archives AFP

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Agence France-Presse
TOKYO

Surnommé le «faux Beethoven» japonais, Mamoru Samuragochi, qui s'est fait passer pendant deux décennies pour un compositeur génial et sourd, va devenir la vedette d'un film documentaire sur son escroquerie, rapporte jeudi la presse populaire nippone.

Ce film, dont le tournage a commencé, doit sortir l'an prochain sous la direction de Tatsuya Mori, connu pour un documentaire sur la secte Aum, responsable d'une attaque meurtrière au gaz sarin il y a vingt ans dans le métro de Tokyo, selon le quotidien populaire Nikkan Sports.

Mamoru Samuragochi a incarné au Japon le stéréotype de «l'homme plus fort que le handicap», au sommet de son art, avec une bravoure communicative, comme le montra la chaîne publique NHK dans un film empreint du plus grand pathos consacré à ce créateur d'une Symphonie N°1, Hiroshima en hommage aux victimes de la bombe atomique en 1945.

Après le tsunami meurtrier de mars 2011 à Fukushima, cet opus était devenu l'hymne quasi officiel de la reconstruction, que l'on alla jusqu'à rebaptiser Symphonie de l'Espoir.

Las, quelques mois plus tard, début 2014, le masque est tombé. La silhouette massive d'un gourou barbu aux cheveux longs, caché en permanence derrière des lunettes de soleil, laissa la place à celle d'un individu ressemblant à un banal employé de bureau, bouffi, et l'air fatigué, en costume sombre, rasé et le cheveu court.

Sur un ton monocorde et avec un regard de chien battu, M. Samuragochi avait reconnu durant une conférence de presse interminable - à la surprise générale -  que sa surdité n'était que partielle et qu'il avait employé un nègre pendant 18 ans.

Le malheureux subordonné, Takashi Niigaki, un professeur de musique de Tokyo, avait convoqué les journalistes quelques semaines plus tôt pour dénoncer la supercherie.

«Je n'ai pas l'impression d'avoir utilisé quelqu'un pour devenir célèbre», assurait pourtant avec aplomb M. Samuragochi, avouant néanmoins «avoir eu peur de se faire attraper un jour».

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