Salma Hayek lance Le prophète au Liban

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Salma Hayek à la projection du film Le prophète à Beyrouth.

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Rana Moussaoui
Agence France-Presse
Beyrouth

La star d'Hollywood Salma Hayek a présenté lundi dans le pays de ses ancêtres, le Liban, la première mondiale de son film d'animation Le prophète, adaptation de l'une des oeuvres les plus célèbres au monde, écrite par le Libanais Gibran Khalil Gibran.

C'est une «lettre d'amour à mon héritage», a-t-elle déclaré à la presse à l'occasion de sa première visite sur la terre où est né son grand-père.

L'actrice et réalisatrice mexicaine, qui a coproduit le film, a concrétisé son «ancien rêve», se trouver dans le pays de Gibran, le plus connu des écrivains du Liban, et dont le livre Le prophète serait le livre le plus lu après la Bible - il en est à sa 163e édition.

À travers ce film, «je voudrais dire au monde qu'il y a eu un écrivain arabe qui a écrit de la philosophie et de la poésie, qui a rassemblé les religions et le monde entier, et a vendu plus de 100 millions de copies sur plusieurs générations», a indiqué la star, au Liban depuis vendredi.

Le film, qui doit être présenté lundi soir dans un cinéma de Beyrouth, est le fruit d'une équipe «cinq étoiles» qui rassemble Salma Hayek, les acteurs Liam Neeson, Alfred Molina et Frank Langella, qui donnent leurs voix aux personnages, Roger Allers, célèbre directeur du Roi Lion, au scénario, et la musique du franco-libanais Gabriel Yared.

Recueil de poèmes en prose écrit en anglais, publié en 1923 et traduit en plus de 40 langues, Le prophète est l'histoire d'Almoustapha (l'élu, en arabe) qui, avant de revenir à son pays natal, parle aux habitants de la ville imaginaire d'Orphalese. Il évoque différents aspects de la vie - le mariage, le travail, l'amitié, ou la mort - avec des citations devenues légendaires comme «Vos enfants ne sont pas vos enfants (...) ils viennent à travers vous et non de vous» ou encore «Quand l'amour vous fait signe, suivez-le, Bien que ses voies soient dures et rudes».

Divisé en 26 textes, le livre a connu une telle popularité qu'il est souvent cité dans les mariages et les enterrements aux États-Unis, où Gibran a conçu la majeure partie de son oeuvre, écrite en anglais comme en arabe et où il menait la New York Pen League, première société littéraire arabo-américaine.

«Nous voulons (lui) rendre justice», a affirmé l'actrice, Gibran ayant été, malgré sa popularité, froidement reçu par la critique américaine, qui jugeait son style simpliste ou moralisateur.

Le film de 84 minutes, présenté en 2014 au Festival international du film de Toronto, est l'oeuvre de six réalisateurs et neuf producteurs originaires du Canada, de France, du Liban, du Qatar et des États-Unis, où le film sortira en été.

«Un film personnel»

Pour Salma Hayek, il s'agit «film personnel» car son grand-père libanais «adorait ce livre».

«J'étais très jeune quand il est mort et j'ai découvert mon grand-père à travers ce livre (...) qui m'a enseigné la vie», a affirmé la star de mère espagnole, naturalisée américaine, et mariée à l'entrepreneur français Francois-Henri Pinault.

Elle a jugé qu'un film d'animation transmettrait mieux le message du Prophète aux jeunes générations.

En hommage à l'écrivain, mort de tuberculose à l'âge de 48 ans en 1931, la star a visité dimanche le musée Gibran, dans son village natal de Bécharré (nord) où il est enterré.

Profondément inspiré par le poète anglais William Blake, Gibran était également artiste et avait peint des grands, comme Rodin.

Auteur d'autres chefs-d'oeuvre comme Les ailes brisées et Les esprits révoltés, l'écrivain était considéré comme un rebelle critique de l'autoritarisme aussi bien politique que religieux, au temps où son Mont-Liban natal faisait partie de l'Empire ottoman.

Dans le film, le Prophète est emprisonné car ses poèmes sont considérés comme un «appel à la rébellion». «Mes mots sont mes ailes», déclare alors le personnage.

Salma Hayek a profité de sa visite pour se rendre auprès d'enfants syriens réfugiés au Liban, qui abrite 1,2 réfugié du pays voisin en guerre, pour soutenir une campagne de collecte de fonds avec l'Unicef.

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