La version anglaise de Sur le seuil se déroulera à Boston

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Patrick Huard dans une scène de Sur le seuil en 2003.

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(Bruxelles) Foi d'Érik Canuel et de Nicole Robert, plusieurs éléments clés de Threshold, version anglophone du film Sur le seuil, se distingueront de ceux qu'on retrouvait dans le roman de Patrick Senécal et du film original signé Éric Tessier.

C'est ce que le réalisateur et la productrice, qui cherchaient depuis un bon moment l'occasion de travailler ensemble, ont confié à La Presse lorsque rencontrés à Bruxelles, il y a quelques jours, durant le marché de coproduction Frontières.

Première différence importante, l'histoire ne sera plus campée au Québec, mais à Boston (le tournage aura cependant lieu au Québec). Le choix de cette ville n'est pas fortuit. Bien sûr, il y a des raisons d'affaires. Lorsqu'on vise un marché international, ce qui inclut les États-Unis, avec un film anglophone, le fait de camper l'histoire dans une ville américaine représente un atout.

Mais ce choix est aussi intimement lié au scénario. L'histoire de Sur le seuil aborde, parmi d'autres thèmes, des questions de foi et de religion catholique. 

«Boston a un historique catholique très fort. C'est donc une notion très importante dans cette histoire», affirme Érik Canuel, qui réalisera Threshold.

Autre changement notoire, deux des principaux personnages, la psychiatre Jeanne Marcoux et le Dr Paul Lacasse, ne seront pas collègues, mais père et fille. «La courbe dramatique est ainsi beaucoup plus forte parce que le lien familial est tissé plus serré», ajoute M. Canuel.

Le scénario annonce également des changements très intéressants avec Thomas, le fameux écrivain retrouvé avec le bout des doigts coupés. Mais nous avons juré de garder le silence sur ceux-ci.

Aussi à l'aise de travailler en anglais qu'en français, Érik Canuel dit aimer la question de la perte de la foi se trouvant au coeur de cette histoire.

«Que le Dr Lacasse ait perdu la foi dans la science, dans sa science, et que son esprit soit totalement fermé à la possibilité qu'il existe autre chose dans l'univers m'intéresse beaucoup, dit-il. Or, sa fille Jeanne a un esprit plus ouvert. Cela fait en sorte que Paul sera obligé de changer sa façon de penser. Comme étude psychologique des personnages, c'est très intéressant dans un film de genre.»

Qualifiant cette nouvelle version du film de «thriller psychologique saupoudré de surnaturel», M. Canuel l'inscrit dans la foulée d'oeuvres telles Rosemary's Baby et The Ring. À noter que le scénario du projet a été écrit par Céleste Parr, scénariste du plus récent film de Rafaël Ouellet, Gurov et Anna.

Très sollicités

Le marché de coproduction Frontières est une initiative du festival montréalais Fantasia. Après son inauguration à Montréal en 2012, Frontières a maintenant une succursale à Bruxelles et a lieu durant le Festival international du film fantastique (BIFF), une référence, avec Fantasia et le festival espagnol Sitges, en matière de films de genre.

Présidente de GO Films et membre du conseil d'administration de Fantasia, Nicole Robert a beaucoup d'affection pour le BIFF. 

«Lorsque j'ai produit Karmina de Gabriel Pelletier, nous avions fait un tabac à ce festival [le BIFF]. Quant au marché Frontières, il est incontournable pour rencontrer des gens qui souhaitent faire des films de genre.»

En compagnie d'Érik Canuel et de Pascal Bascaron, producteur exécutif chez GO films, Nicole Robert a eu droit à un feu roulant de rencontres avec des investisseurs potentiels à Bruxelles. «Avant même que nous fassions notre présentation devant tous les participants (environ 240 d'une vingtaine de pays), nous avions 27 rencontres d'affaires à l'agenda. Et depuis, plusieurs autres se sont ajoutées», s'enthousiasme-t-elle.

Le trio de Threshold a ainsi eu des discussions avec des artisans belges, français, allemands, anglais, américains, etc.

Nicole Robert croit beaucoup au potentiel international du film doté d'un budget prévu de 7,3 millions (le budget original de 11 millions a été revu à la baisse). L'équipe espère attirer de gros noms pour endosser les rôles principaux.

«Nous arrivons avec une proposition très originale, qui n'est pas uniquement "gore" ou avec les mêmes codes des films d'horreur que nous connaissons», dit Mme Robert qui a obtenu les droits anglophones sur le projet après l'abandon de Miramax il y a environ trois ans.

Le projet sera déposé pour obtenir du financement à la production devant les institutions (SODEC, Téléfilm). Mais avec ses caractéristiques, la coproduction devient un bon moyen de financement et un autre outil pour trouver un vendeur à l'international, ajoute la productrice.

Dans un horizon idéal, le tournage de ce film s'amorcerait en 2016.

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Les frais de ce reportage ont été payés par Filmoption et Frontières.

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