Hollywood et les immigrants, une longue histoire d'amour

The Immigrant, avec Marion Cotillard (2013).... (Photo: fournie par The Weinstein Company)

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The Immigrant, avec Marion Cotillard (2013).

Photo: fournie par The Weinstein Company

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Michael Thurston
Agence France-Presse
Los Angeles

Arnold Schwarzenegger incarne sans conteste le «success story» hollywoodienn: arrivé de son village autrichien natal avec un accent à couper au couteau et un nom imprononçable, il est devenu l'une des plus grandes stars mondiale du cinéma.

Le titan musculeux de Terminator est loin d'être le seul immigrant parti de rien et parvenu au firmament d'Hollywood.

Avant lui, la hongroise Zsa Zsa Gabor, la belgo-néerlando-autrichienne Audrey Hepburn, l'italienne Sophia Loren et le britannique Cary Grant se sont eux aussi hissés tout en haut de l'affiche, pour ne citer que quelques étoiles de l'âge d'or du cinéma américain.

Aujourd'hui encore, beaucoup de stars hollywoodiennes sont nées loin de la Cité des Anges.

Il y a les Australiens (Nicole Kidman, Mel Gibson, Hugh Jackman...), la star de Hong Kong Jackie Chan, la sud-africaine Charlize Theron, le canadien Jim Carrey, l'ukrainienne Mila Kunis, l'espagnole Penélope Cruz...

Sans oublier les «Frenchies» Omar Sy, Mélanie Laurent, Gérard «Depardiewww» et les oscarisés Marion Cotillard, Juliette Binoche et Jean Dujardin.

Mais Hollywood ne se contente pas d'accueillir à bras ouverts les immigrants, il les célèbre.

De L'émigrant de Charlie Chaplin (1917) à Green Card (1990) en passant par La porte d'or (2007) et The Immigrant, avec Marion Cotillard (2013), les fresques sur les heurs et malheurs des immigrants aux États-Unis sont légion dans l'histoire du cinéma américain.

«Outre les immigrés juifs» ayant fui les persécutions en Europe, l'industrie hollywoodienne «a bénéficié de toutes les vagues d'immigration», remarque Tom Nunan, un producteur qui enseigne à la UCLA School of Theatre, Film and Television, interrogé par l'AFP.

Humour irlandais, opéra italien

«L'humour noir irlandais, l'opéra italien, les danses traditionnelles d'Amérique du Sud et d'Espagne... Tout cela a d'abord influencé Broadway, puis nos films», a-t-il ajouté.

Les premiers magnats d'Hollywood étaient tous des immigrés juifs d'Europe centrale ou orientale.

Le studio Universal a été fondé par l'allemand Carl Laemmle. Les Hongrois Adolph Zukor et William Fox ont créé Paramount et Fox, et le russe Louis B. Mayer la Metro-Goldwyn Mayer, tandis que les frères Warner arrivaient de Pologne.

«Des immigrés eux-mêmes, ils avaient une sensibilité particulière aux rêves et aspirations d'autres immigrants et familles ouvrières... Des groupes qui formaient une large partie du public» à l'époque, écrit Neal Gubler dans An Empire of Their Own, un livre de référence sur le sujet.

Les scénaristes, réalisateurs et acteurs fuyant le régime nazi ont suivi, à l'instar de Fritz Lang, Billy Wilder et Marlene Dietrich.

Aujourd'hui, sous l'influence de la mondialisation, Hollywood se nourrit plus que jamais de talents venus des quatre coins de la planète.

L'Oscar du meilleur réalisateur est revenu cette année au mexicain Alfonso Cuaron (Gravity), le quatrième cinéaste non américain d'affilée à remporter ce prix après le taïwanais Ang Lee (Life of Pi), le français Michel Hazanavicius (The Artist) et le britannique Tom Hooper (Le discours d'un roi).

«C'est une tendance» due en partie au fait que «les films à gros budget sont conçus ici. Si vous voulez parvenir à un certain niveau, c'est donc ici qu'il faut être», remarque Robert Thompson, professeur de culture pop à l'Université de Syracuse.

D'où les très nombreux acteurs britanniques et irlandais qui quittent la vieille Europe pour partir à la conquête d'Hollywood: Daniel Day-Lewis, Anthony Hopkins, Benedict Cumberbatch, Christian Bale, Michael Cain, Ewan McGregor, Liam Neeson, Colin Farrell...

Parmi les dernières coqueluches du cinéma américain, on compte Lupita Nyong'o, née au Mexique, qui a grandi au Kenya avant d'arriver aux États-Unis, où elle a remporté cette année l'oscar du meilleur second rôle pour 12 Years a Slave.

Et Christoph Waltz, l'Autrichien devenu l'un des comédiens fétiches de Quentin Tarantino.

Son compatriote «Schwarzie» ne s'est pas contenté de devenir une star. Il est devenu gouverneur de Californie et a épousé une Kennedy. Un conte de fée comme on n'en voit qu'à Hollywood.

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