Prends ça court! débarque en Haïti

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Ebby Angel Louis et Maxence Bradley accompagnés des étudiants de 1re année du Cine Institute.

Photo: fournie par Maxence Bradley

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Aujourd'hui, dans le cadre de la Semaine de la Francophonie, l'organisme montrélais Prends ça court! débarque en Haïti pour une présentation spéciale de courts métrages québécois et haïtiens réalisés par les étudiants du Ciné Institute de Jacmel.

À compter de 19h ce soir, les invités de cette projection verront des oeuvres telles Next Floor de Denis Villeneuve, Danse macabre de Pedro Pires, Trotteur de Francis Leclerc et Arnaud Brisebois, Mémorable moi de Jean-François Asselin et Chef de meute de Chloé Robichaud.

Prends ça courts (PCC) est à Jacmel par l'intermédiaire de Maxence Bradley, réalisateur et producteur qui a travaillé sur les films Next Floor et, plus récemment, Triptyque de Robert Lepage et Pedro Pires. M. Bradley, qui enseigne au Ciné Institute, présentera aussi son court métrage Nostradamos réalisé avec Elisabeth Olga Tremblay et Alexandre Lampron.

Par courriel, il a répondu à nos questions.

Q: Qu'est-ce que PCC en Haïti?

R: Comme dans le cas de nos projections au Québec, PCC Haïti présentera le meilleur du court métrage québécois, du court métrage mondial, des films surprise et les toutes dernières productions des étudiants du Ciné Institute. Le tout sur grand écran dans un environnement de style cabaret. La soirée se déroulera à l'Alliance Française, au coeur de la ville de Jacmel qui est la capitale culturelle du pays. Plusieurs étudiants seront invités à présenter leur travail. Nous inviterons aussi les comédiens et les artisans du cinéma haïtien qui ont participé aux productions étudiantes à dire quelques mots.

Q: En quoi consiste votre travail au Ciné Institute?

R: Ciné Institute est la seule école de cinéma du pays. Depuis janvier 2014, j'y enseigne la production de films dans son ensemble. L'école est en pleine expansion depuis près de six ans. Elle vise à former les prochaines générations de cinéastes, scénaristes, producteurs et techniciens d'Haïti, afin de stimuler cette industrie. C'est extrêmement motivant de savoir que parmi mes étudiants se trouvent les futurs cinéastes de demain, qui permettront au cinéma haïtien de rayonner davantage à l'international.

Q: Combien avez-vous d'étudiants?

R: Il y a 36 étudiants en première année et 35 étudiants en deuxième année. C'est beaucoup par classe pour un domaine aussi «pratique» que le cinéma. C'est pourquoi nous travaillons par spécialisations et par projets. En deuxième année, les étudiants doivent s'orienter vers un champ plus précis parmi les métiers du cinéma (production, réalisation, direction de la photographie, direction artistique ou montage). Une fois les volets théoriques couverts, nous travaillons par projets. Par exemple, au terme de la première année, les étudiants auront tourné 72 courts métrages, et plus d'une dizaine de projets finaux. En deuxième année, ils auront réalisé quatre publicités, quatre vidéoclips, douze reportages et une dizaine de projets finaux de documentaires ou de fiction. C'est beaucoup de productions à réaliser mais c'est bien ainsi!

Les étudiants de première année en plein tournage... (Photo: fournie par Maxence Bradley) - image 2.0

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Les étudiants de première année en plein tournage de leur prochain court métrage de fiction.

Photo: fournie par Maxence Bradley

Q: Quel est le profil de l'étudiant haïtien en cinéma?

R: Bien que les classes soient mixtes, on note un peu plus d'hommes que de femmes, comme dans la plupart des écoles de cinéma d'ailleurs. Il y a une saine compétition gars-fille dans la classe, ce qui ajoute à la dynamique de groupe. Le Ciné Institute offre une éducation presque gratuite et considère très important de sélectionner les futurs étudiants selon leurs intérêts pour le cinéma, leur créativité, leur volonté à s'engager dans ce programme de deux ans et leur expérience artistique. Ces critères comptent bien plus que le revenu familial. Ce processus de sélection permet de choisir des étudiants de niveaux sociaux différents, des quatre coins du pays et qui ont une réelle passion pour la culture et les arts. Il faut savoir que les métiers libéraux traditionnels (droit, médecine, comptabilité) sont beaucoup plus valorisés en Haïti que les métiers artistiques. Il s'agit donc d'un choix extrêmement important que ces jeunes dans la vingtaine font en décidant d'étudier le cinéma.

Q: De quoi vos élèves ont-ils envie de parler à travers leur art?

R: Les relations humaines sont au coeur de la plupart des scénarios soumis. Par exemple, beaucoup de projets présentent des histoires d'amour, de fidélité et d'infidélité, d'amitié et de conflits familiaux. Les problèmes sociaux sont aussi des sujets qui intéressent les jeunes. La drogue, la maladie, l'éducation, la pauvreté sont des sujets qui leur tiennent à coeur. Par contre, plusieurs étudiants m'ont surpris avec leur sens de l'humour et des propositions de type humoristique, surtout pour les projets de publicité.

Q: Quels sont les films québécois que vous allez présenter?

R: Dans le cadre de mes classes, j'ai pu leur montrer plusieurs films que j'ai produits ou réalisés. Par exemple, nous allons présenter Nostradamos, une comédie que j'ai coréalisée sur la thématique des catastrophes naturelles, qui met en scène Ulrick Chérubin, le véritable maire de la ville d'Amos, qui est lui-même d'origine haïtienne. Nous allons aussi présenter Next Floor de Denis Villeneuve, pour lequel j'ai fait la production délégué et qui a connu un grand succès international. Mais aussi et surtout, nous allons leur présenter le talent québécois, comme par exemple, l'excellent Chef de meute de Chloé Robichaud. Pour leur montrer l'hiver québécois, nous allons aussi présenter Trotteur d'Arnaud Brisebois et Françis Leclerc.

Q: Vos élèves ont profité du passage d'Arcade Fire à Jacmel pour tourner un film, n'est-ce pas?

R: Oui. Avec mon collègue professeur, le réalisateur Kaveh Nabatian, nous avons organisé le tournage d'une vidéo de type «take away», c'est-à-dire la captation d'un performance «live» du groupe Arcade Fire, en visite à Jacmel dans le cadre du Carnaval National Haïtien, afin de participer à un immense spectacle. Cette opportunité a permis à plusieurs étudiants de tourner sous notre supervision un projet de vidéoclip «live» dans de véritables conditions de tournage professionnel. J'aurais adoré avoir cette chance quand j'étais à l'université! Les étudiants ont grandement apprécié la générosité du groupe qui a interprété plusieurs chansons, directement sur le campus, afin de nous permettre d'enregistrer et de filmer le tout. Il faut rappeler qu'Arcade Fire est impliqué dans l'Audio Institute, la toute nouvelle école d'enregistrement musical qui se greffe au Ciné Institute. À terme, on vise la création d'un institut d'enseignement couvrant une multitude de formes d'art: l'Artist Institute.




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