Le nationalisme à travers Lucien Bouchard

Lucien Bouchard a donné un accès privilégié au... (PHOTO IVANOH DEMERS/LA PRESSE)

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Lucien Bouchard a donné un accès privilégié au cinéaste Carl Leblanc pour le tournage.

PHOTO IVANOH DEMERS/LA PRESSE

Le réalisateur, auteur et documentariste Carl Leblanc achève un documentaire qui revisitera le nationalisme québécois à travers le parcours de Lucien Bouchard.

Ayant comme titre de travail Nation: le passé d'un premier ministre, le documentaire est produit par la maison Orbi-XXI.

«Ce film n'est ni une hagiographie ni un hommage ou un portrait biographique, avertit Carl Leblanc en entrevue. C'est un film sur le nationalisme des Québécois sur quatre décennies et sur un homme [Lucien Bouchard] qui a vécu toute cette époque. Son parcours en dit long sur celui des Québécois au cours de cette période.»

Des entrevues avec Lucien Bouchard constituent le coeur du documentaire. À cela se greffent des éléments d'archives et certaines mises en scène visuelles que Carl Leblanc est en train de construire. Il n'y aura pas d'entrevues avec des tiers.

«Lucien Bouchard est un acteur capital de l'histoire moderne du Québec, dit M. Leblanc. Je n'ai pas voulu ratisser large en interviewant 25 personnes se divisant en pour et contre ce qu'il a fait. En fait, j'ai voulu creuser la question du nationalisme et aller au fond des choses. Il y a eu des moments difficiles, ardus, où j'ai poussé M. Bouchard à revenir sur des éléments moins réjouissants. Ailleurs, nous avons capté des moments fascinants; par exemple, lorsqu'il nous parle du discours qu'il aurait fait le soir du référendum de 1995 si le Oui l'avait emporté.»

Dans la forme cinématographique, Carl Leblanc se plaît à faire un parallèle entre son projet et le célèbre documentaire The Fog of War.

Réalisé par Errol Morris, ce film se concentre sur la carrière politique de Robert S. McNamara, secrétaire à la Défense sous les administrations des présidents américains John F. Kennedy et Lyndon B. Johnson. Avec, en perspective, cette période sulfureuse qu'a vécue l'Amérique dans les années 60.

Huis clos

L'ancien premier ministre péquiste a donné un accès privilégié à Carl Leblanc pour le tournage. Les deux hommes se sont enfermés durant plusieurs jours dans une modeste résidence de Glen Sutton, dans les Cantons-de-l'Est, pour les entretiens.

«Nous avons pris des images de la maison au téléobjectif. Elle est tellement isolée dans les montagnes que les occupants ont l'air des derniers survivants de la planète», dit le cinéaste.

Au total, ce dernier a enregistré une vingtaine d'heures d'entrevue au cours desquelles tous les grands moments de la carrière politique de M. Bouchard sont revisités, dont son départ du Parti progressiste- conservateur en 1990 et la fin de sa longue amitié avec Brian Mulroney.

Cinéaste et auteur, M. Leblanc compte quelques oeuvres très fortes dans sa carrière, dont les documentaires Le coeur d'Auschwitz et L'otage, qui porte sur James Richard Cross. L'automne dernier, il a lancé le recueil de nouvelles Fruits avec la question des hasards en toile de fond.

Avec Nation: le passé d'un premier ministre, Carl Leblanc aura signé une quinzaine de films. Notre collègue chroniqueur Yves Boisvert est producteur associé de ce documentaire dont la sortie est attendue à la fin de l'été.




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