Portrait de François Séguin

François Séguin a rapidement compris qu'il était plus... (François Girard)

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François Séguin a rapidement compris qu'il était plus à l'aise dans les coulisses que sur scène.

François Girard

Sonia Sarfati
La Presse

Quand il avait 15 ans, François Séguin a découvert que le cinéma, ce pouvait être autre chose que Ben-Hur. Ce pouvait être Godard, Antonioni. Et il a voulu faire du cinéma. «Je ne savais pas trop pourquoi, c'était de l'ordre du passionnel et non du rationnel», indique-t-il en entrevue téléphonique de Hong Kong - où il fait du repérage pour Push de Paul McGuigan, le réalisateur d'origine écossaise avec lequel il a travaillé sur Lucky Number Slevin.

 

Faire du cinéma, donc. Mais pas devant les caméras. Ça, il l'a su assez rapidement et, cette fois-là, le sentiment était de l'ordre du viscéral. «Mon ami Louis Saïa m'a dit: «Je vais dans une école de théâtre, tu ne peux pas me laisser seul, viens avec moi.» Je l'ai suivi. J'ai donc fait un peu de théâtre. Pour découvrir que j'étais paniqué sur scène.»

 

Il s'est retrouvé dans les coulisses. Où il a trouvé sa place... grâce à son talent manuel. Coulisses de théâtre dans un premier temps. De télévision par la suite. Et puis, tout s'est bousculé. Le menant au cinéma. Il faut dire que plusieurs de ceux avec lesquels il a travaillé au théâtre - il mentionne Claude Jutra («Une pièce au Théâtre d'Aujourd'hui dont je ne me souviens pas du titre») et Denys Arcand («C'était Lettre de la religieuse portugaise, au Théâtre de Quat' Sous») - ont par la suite fait leurs marques au grand écran.

 

Lui aussi, car il y a là affaire d'affinité. Et de fidélité. De part et d'autre. Depuis presque 30 ans. «Les films sur lesquels je travaille, je ne les «vois» pas vraiment. Ce qui compte pour moi, ce sont les gens.» Et pour cause: «Mon travail est de rentrer dans le monde qu'imagine le réalisateur, d'en trouver la logique et de le traduire de manière visuelle.» Sur papier d'abord. Puis, en compagnie de ses équipes, de le concrétiser.

 

Comme il l'a fait pour le village «au bout du monde» de Soie. Une expérience. Même pour lui qui a travaillé en Chine au temps du Violon rouge et où il se trouve en ce moment pour Push. «Les codes y sont plus souples qu'au Japon, où ils sont innombrables, élaborés et stricts.»

 

Un exemple, très concret pour lui? Les scènes japonaises de Soie sont des scènes hivernales. Il fallait de la neige. Señor Météo était plutôt avare de ce côté-là. Avait besoin d'un p'tit coup de pouce. «Nous avons donc engagé des gens pour fabriquer de la neige. Ils sont arrivés sur le plateau... et nous avons découvert peu après que, eux, faisaient la neige en train de tomber. Pour la neige tombée, celle qui recouvrait le sol et dont nous avions aussi besoin, il fallait faire appel à d'autres personnes.»

 

Une structure, une hiérarchie différentes, donc. «Mais, aussi, une extrême compétence», résume François Séguin, qui a assez vite appris à naviguer dans ces autres eaux. Un talent. Le sien. Celui d'un gars qui se dit introverti, trop pour s'imaginer jouer les acteurs ou les réalisateurs. «De toutes manières, pouffe-t-il, je préfère m'adresser à des menuisiers qu'à des comédiens.»




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