Simon Beaulieu / Miron: un homme revenu d'en dehors du monde: Un film avec Miron

Comme Gaston Miron, Simon Beaulieu vient de Sainte-Agathe-des-Monts.... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Comme Gaston Miron, Simon Beaulieu vient de Sainte-Agathe-des-Monts.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

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Pour mettre un point final à leur 32e édition, les Rendez-vous du cinéma québécois optent pour un documentaire singulier. Miron: un homme revenu d'en dehors du monde est en effet un film «avec Miron» et non «sur Miron», pour reprendre les propos du réalisateur Simon Beaulieu.

Au lieu de créer un film classique, le réalisateur propose plutôt un collage de documentaires de l'Office national du film (ONF) auxquels il a associé des extraits de poèmes du grand homme de lettres. Audacieux, le résultat fait découvrir le Québec des dernières décennies sous un autre angle.

La Presse s'est entretenue avec M. Beaulieu.

Q: Après des documentaires sur Serge Lemoyne et sur Gérald Godin, voici Miron. Quel est le lien?

R: Fait à ma sortie de l'université, le film sur Lemoyne était davantage un défi qu'autre chose. Avec Godin, je me suis penché sur le parcours de ce poète passé à la vie politique et son rapport à l'histoire du Québec. Mais j'avais l'impression de ne pas être allé au bout de cette idée. De là, ce film sur Miron dont l'ouvrage L'homme rapaillé est le livre que j'ai le plus lu. S'il faut voir un lien entre mes films, il se trouve dans le fait que ce sont trois artistes qui ont pris la parole dans la société. Ils ont lié leur destin professionnel à un destin collectif.

Q: Pourquoi ce traitement singulier?

R: De mon film sur Godin, j'aimais moins ce traitement journalistique, plus propre, du sujet. Je ne voulais pas faire un film nostalgique avec des anecdotes ou des témoignages sur Miron. J'ai choisi d'actualiser son discours en associant sa voix à des images de documentaires de l'ONF.  En fait, mon film n'est pas un film sur Miron, mais avec Miron, sur le sort de la culture québécoise. Ça lui ressemble (et me ressemble) davantage. C'est comme dans la poésie. Il n'y a pas d'explication à avoir. Ce n'est pas un exercice didactique.

Q: Quel est votre propre rapport à Miron?

R: J'ai découvert son oeuvre à la mi-vingtaine. En sortant de l'université, je savais peu de choses sur l'histoire du Québec. Comme avec mon film précédent, celui-ci m'a permis d'en apprendre beaucoup sur notre parcours. Cela dit, une des premières phrases que j'ai retenues de Miron est celle-ci: «Or je vois nos êtres en détresse dans le siècle/je vois notre infériorité et j'ai mal en chacun de nous» [Recours didactique]. J'ai trouvé cela très beau. Cela mis à part, nous sommes tous deux originaires de Sainte-Agathe-des-Monts.

Q: Quel est le plus grand héritage de Miron? Littéraire? Politique? Démocratique?

R: C'est tout cela. Ce que j'aime chez lui est son côté homme total. Il fait partie de ces êtres qui ont tout mis dans une idée. Son legs aura été d'être un artiste en symbiose avec sa société et qui a pris la parole pour les autres.

Présenté ce soir, à 19h, au Quartier latin, Miron: un homme revenu d'en dehors du monde prendra l'affiche le 14 mars.




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